
La réouverture du tronçon autoroutier reliant Zéralda à Ben aknoun, au lendemain de l'affaissement de terrain survenu vendredi à Ben aknoun est brandie comme un trophée par les autorités.Le directeur des travaux publics de la wilaya d'Alger s'est même réjoui de la célérité avec laquelle l'énorme «cratère» qui a englouti 5 voitures a été bouché. «Nous avons pu achever les travaux de réhabilitation en un temps record», s'est enorgueilli le même responsable, comme s'il s'agissait d'un exploit digne de figurer sur le Guinness book des records. Des chaînes de télévision sont aussi venues à la rescousse, passant en boucle le retour «normal» à la circulation, bien que les automobilistes restaient prudents, évitant de passer sur le bitume encore fumant. Dans cette histoire, bien des questions restent posées. Le ministre des travaux publics ordonnait, au lendemain de la catastrophe, de boucher le trou pour? «permettre aux supporters de se rendre au stade 5-juillet», alors qu'il fallait surtout repenser les plans de circulation qui n'existent que dans les discours et les slogans «creux», le laxisme, parfois complice des services de sécurité, l'incivisme caractérisé de bien des automobilistes ou encore l'état de nos routes qui demeure piteux, et ce, en dépit des efforts consentis pour fluidifier la circulation. Un ex-ministre des travaux publics, qui a repris aujourd'hui son activité partisane que nous avions interrogé à l'époque sur le problème des inondations qui touchent nos routes à chaque fois que le ciel nous arrose de quelques gouttes de pluie, était on ne peut plus explicite dans sa réponse-aveu sur la façon dont nos responsables gèrent leurs secteurs respectifs : «Moi, je ne m'occupe que du bitume», nous avait-il répondu, feignant d'ignorer qu'on ne livre un projet qu'une fois ses «structures d'accompagnement» achevées. Le débat sur la sécurité routière est certes revenu hier sur le devant de la scène à l'occasion d'un séminaire sur ?'les technologies de l'information et de la communication au service de la sécurité routière'', en marge duquel le ministre de l'Intérieur a parlé de sécurité routière, assurant que l'Etat est déterminé à faire de l'année 2017 «celle de la paix et de la sécurité routières». Sans douter de la sincérité de M. Bedoui, il est difficile de croire qu'un fatras de problèmes endémiques liés à la mauvaise gestion, au laisser- aller, au manque de formation, à la violence sociale en général sommes nous tentés de dire, puisse être endigué en une année. Il va falloir certes, comme le précise d'ailleurs Bedoui, mobiliser «tous les acteurs, notamment la société civile, car c'est une question qui concerne tout le monde», mais il faudrait des années, voire des décennies, pour qu'on puisse voir le bout du tunnel. Le mal qui ronge l'Algérie est trop profond. La plaie est beaucoup trop béante pour être une simple affaire de trou à boucher.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S M
Source : www.letempsdz.com