
Encore une diversionLe juge antiterroriste français, Marc Trévidic, devait débarquer aujourd'hui à Alger pour reprendre son enquête sur l'assassinat des 7 moines de Tibhirine. Mais il n'a pas reçu l'invitation officielle des autorités algériennes, ce qui l'oblige à reporter à plus tard ses investigations. S'il reçoit les autorisations nécessaires. Enlevés en 1996 dans leur monastère par le GIA, dirigé à l'époque par Djamel Zitouni, les moines ont été ensuite assassinés et leurs têtes ont été retrouvées dans un sac accroché à un arbre. Trois moines, qui avaient pu échapper à la vigilance des terroristes, et les paysans de la région ont reconnu que l'enlèvement a été organisé par les islamistes de Zitouni.Mais c'est un militaire algérien déserteur, Abdelkader Tigha, qui a jeté le doute en prétendant, en 2011, que les services algériens ont organisé le coup pour «faire du chantage auprès de la France et jeter le discrédit sur les mouvements islamistes». Pour rappel, cet individu a déserté l'ANP quand celle-ci a découvert qu'il se livrait à des braquages et a rançonné des citoyens, lorsque, fait gravissime, il portait l'uniforme. Le côté aventurier de cet homme n'a jamais été mis en évidence. Et c'est un ancien attaché militaire à l'ambassade de France à Alger qui relancera l'affaire que «le frère d'un officier algérien lui a raconté que les moines ont été tués par erreur par un hélicoptère de l'armée algérienne».Or, toutes les enquêtes menées jusqu'à ce jour, notamment par El Watan, ne laissent aucun doute sur les assassins.Et c'est à se demander pourquoi on empêche, pour la seconde fois, le juge Trévidic de faire son travail. Si l'Algérie n'a rien à se reprocher, la logique aurait voulu qu'on lui ouvre toutes les portes pour clore définitivement le dossier. Or, cette manière d'agir permet d'entretenir la suspicion et donne toute latitude aux forces hostiles à l'Algérie de chercher à tout prix à vouloir salir les services algériens, comme vient de le faire Amar Saadani, dont la place est ailleurs que là où il est confortablement assis.L'Algérie est dans une très forte zone de turbulences qui menace sa sécurité et sa stabilité. L'armée algérienne a autre chose à faire que de s'occuper d'accusations malveillantes ayant pour objectif de jouer sur son moral et l'affaiblir. La fin de non-recevoir faite au juge français ne contribue guère à instaurer un climat de sérénité. Peut-on faire peur à l'ANP par les moyens les plus mesquins '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tayeb Belghiche
Source : www.elwatan.com