Le solaire
photovoltaïque, le Sud convoité cependant, le projet Desertec un mythe ou une
réalité ?
Ce projet
utopique s'intègre au Plan Solaire Méditerranéen est un de ces projets-phares
concrets et chers à la France. Il vise à accroître l'utilisation des énergies
renouvelables et à renforcer l'efficacité énergétique dans la région. Il
permettra ainsi de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de réduire
la vulnérabilité du système énergétique de chaque pays et de la région dans son
ensemble.
Les principaux
objectifs du Plan Solaire Méditerranéen sont :
· la construction
de capacités additionnelles de production d'électricité bas carbone, et
notamment solaire, dans les pays du pourtour méditerranéen, d'une puissance
totale de 20 gigawatts à l'horizon 2020 ;
· la consommation
d'une partie de l'électricité produite par le marché local et l'exportation
d'une partie de la production vers l'Union européenne, afin de garantir la
rentabilité des projets ;
· la réalisation
d'efforts significatifs pour maîtriser la demande d'énergie et augmenter
l'efficacité énergétique et les économies d'énergie dans tous les pays de la
région.
Les promoteurs du
vaste projet Desertec qui consiste en la connexion de centrales solaires dans
le désert du Sahara cherchent à ce jour la technologie la plus adaptée et
tentent avec le concours d'investisseurs étrangers et nationaux de convaincre
les partenaires d'Afrique du Nord.
Suite à l'échec
politique à l'échelle planétaire, Copenhague aura été un coup marketing
inespéré pour le soleil du Sahara. En assurant la promotion de la réduction des
émissions de gaz carbonique (CO2), le sommet sur le climat a désigné comme
porteurs d'avenir les projets de centrales solaires thermiques tel celui de
Desertec. Certes, tout n'est pas gagné pour le consortium de douze groupes
industriels et financiers, surtout allemands, qui a l'ambitieux dessein de
couvrir, à partir de l'Afrique du Nord, 15% des besoins en électricité de
l'Europe d'ici à 2050
Or, depuis la
création, à la fin d'octobre, de la Desertec Industrial Initiative (DII),
société chargée de l'étude de faisabilité, et la nomination à sa tête du
Néerlandais Paul Van Son, silence complet pour ce projet estimé à 400 milliards
d'euros d'investissement.
Les choix restent
incertains en matière de technologies. Les partenaires s'interrogent sur le
type de centrale solaire thermique à retenir négligeant d'emblée le solaire
photovoltaïque. Les membres du consortium n'ont d'expérience grandeur nature
qu'avec des centrales solaires à paraboles. Ce sont ces vastes champs où
s'alignent à perte de vue des rangées de miroirs (paraboles) qui reflètent la
chaleur du soleil et chauffent un liquide (huile ou eau) dont la vapeur
produite fera tourner des turbines. Cette technique est éprouvée et
commercialisée depuis près de vingt ans déjà dans le désert californien, dans
le Nevada ou encore en Espagne.
La DII s'est fixé un délai de trois ans pour
déterminer les sites les plus propices et définir la technologie afin de lancer
les appels d'offres. Trois ans aussi pour emporter l'adhésion de pays d'Afrique
du Nord. A ce jour rien ne semble gagné seuls les Tunisiens et les Marocains
sont enthousiastes. Paradoxalement, notre pays est le seul pays d'Afrique à
compter une entreprise privée - Cevital - dans le consortium et son PDG Issad
Rebrab continue à plaider la cause de Desertec, et selon lui ce projet
constitue une grande opportunité pour notre pays et que par ce projet nous
pouvons être demain à l'avant-garde dans la production d'énergie renouvelable.
L'on déplore que les chercheurs les
scientifiques ainsi que les nombreuses structures chargées du développement des
énergies renouvelables se contentent des propos mercantiles du consortium et
autres opérateurs et n'ont fait aucun commentaire à ce sujet
Mais les
autorités sont plutôt sceptiques quand à ce projet. C'est avec des propos peu
engageants mais nationalistes que le précédent ministre de l'Energie et des
Mines algérien a accueilli le projet : « Nous ne voulons pas que les étrangers
viennent installer leurs centrales chez nous et nous demandent d'acheter de
l'électricité à leur prix. ».
L'opérateur
public énergétique Sonelgaz vient d'ailleurs de dégager 100 millions de dollars
pour la construction d'une usine de panneaux solaires d'ici à 2012. Une façon
pour l'Algérie de garantir son indépendance.
Du choix
technologique dépendra l'efficacité des centrales, donc la rentabilité du
projet, et Desertec semble opter pour une centrale solaire thermique qui va
assécher nos réserves en eau avec une production de 50 mégawatts avec un coût
du kilowatt produit (20 centimes d'euro) et qui est trois fois plus élevé que
l'équivalent en énergies conventionnelles. De plus Desertec fait miroiter au
pays du Maghreb que ce projet va lutter contre le réchauffement climatique tout
en préservant les hydrocarbures énergies fossiles, or ce projet quand on
l'analyse de par le processus de production de l'électricité en produisant de
la vapeur d'eau qui font tourner des turbines, au regard des quantités d'eau
consommées, ce projet ne va pas tarder à tarir la nappe albienne et à ce jour
la littérature annonce que cette nappe est à renouvellement aléatoire. Aussi
voulant préserver des énergies fossiles nous détruirons une autre énergie
fossile, l'eau. Aussi monsieur Rebrab doit savoir qu'il est en train de
défendre un crime écologique théorie qu'a voulu expliquer l'ex-ministre de
l'Energie et des Mines.
Auparavant l'ONU
par la voix de son Secrétaire général avait qualifié ce projet d'irrationnel,
produire pour vendre dans des zones où la population n'a accès ni à l'énergie,
ni à l'eau potable. Certes les énergies renouvelables doivent être développées
au niveau du Maghreb, le Maroc et la Tunisie en matière d'éolien et l'Algérie
en solaire photovoltaïque par le biais de parcs solaires et pourquoi pas à
moyen terme la création d'une OPEP du renouvelable qui centralisera la
production commune des trois pays, assurera l'autosatisfaction des besoins en
énergie de la population et commercialisera l'excédent en Europe via Gibraltar.
* Ingénieur
consultant Chef de département Energies renouvelables Cabinet « La Grande Bleue
»Tlemcen
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Fouad Zatla*
Source : www.lequotidien-oran.com