Promouvoir le concept de l'Intelligence économique au sein des
entreprises nationales et des institutions de l'Etat est le nouveau cheval de
bataille sur lequel compte le ministère de l'Industrie, de la PME et de la
Promotion de l'investissement pour garantir à ces entreprises et institutions
publiques la compétitivité qui leur est nécessaire pour faire face aux
mutations que connaissent les marchés national et international.
Selon Mohamed Bacha, directeur
général de l'Intelligence économique, des études et de la prospective au
ministère de l'Industrie, cité par l'APS, l'Algérie accuse un «retard
important» en la matière en comparaison avec d'autres pays du Maghreb arabe. M.
Bacha, qui s'exprimait en marge d'un atelier de formation sur la « sécurisation
du patrimoine immatériel des entreprises », a estimé à cet égard que si les
entreprises algériennes continuent à être déconnectées de ce qui se passe
autour d'elles et dans le monde, elles ne parviendront pas à développer leur
compétitivité et à se mettre au diapason des mutations que connaissent les
marchés.
Afin de rattraper le retard
enregistré dans le domaine de l'Intelligence économique, le ministère, a-t-il
dit, a décidé d'accompagner les entreprises nationales et les institutions de
l'Etat à se doter des dispositifs nécessaires à la mise en place de ce concept,
à l'image des «cellules de veille».
A cet effet, a annoncé M. Bacha,
des accords seront signés prochainement entre le ministère et onze entreprises
industrielles publiques dans le but de les aider à se doter de « cellules de
veille » devant leur permettre une collecte et une exploitation efficiente de
l'information économique. Les entreprises concernées activent, selon lui, dans
des secteurs tels que le machinisme agricole, l'électronique, l'industrie
pharmaceutique, l'informatique et la mécanique. M.Bacha a souligné par ailleurs
que des accords seront signés au cours de l'année prochaine avec une dizaine
d'autres entreprises nationales publiques dans le but de les aider à développer
leur système de collecte et d'exploitation d'informations relatives aux
tendances des marchés national et international, et particulièrement aux
activités des entreprises concurrentes.
Le même responsable a annoncé,
par ailleurs, le lancement par la tutelle, en 2011, d'une enquête sur le niveau
de l'utilisation et la maîtrise des nouvelles technologies de l'information et
de la communication (TIC). Cette enquête, a-t-il expliqué, s'inscrit dans le
cadre des efforts consentis par le ministère pour identifier les lacunes des
entreprises nationales (privées et publiques) dans le domaine des TIC en vue de
les endiguer. Le ministère envisage également, a-t-il ajouté, de lancer
d'autres études dont les résultats contribueront au développement de la compétitivité
des entreprises algériennes. Confiées à l'entreprise de gestion des systèmes
d'information qui relève du ministère de l'Industrie (Ecofi), ces enquêtes
porteront notamment sur les méthodes utilisées par les firmes algériennes pour
la collecte, l'analyse et l'exploitation des informations nécessaires à la
prise de décision. « Nous voulons dépasser les données actuelles qui indiquent
que 20% seulement des entreprises disposent d'outil informatique efficient, 15%
possèdent un site Internet propre à elles et 50% sont dépourvues d'un système
comptable adéquat », a-t-il expliqué. Concernant les activités de sa direction
dont la création remonte à 2008, M. Bacha a indiqué que les nombreux séminaires
et formations organisés au cours des deux dernières années ont permis une prise
de conscience de la part des chefs d'entreprises et cadres algériens quant à
l'importance de l'intelligence économique (la collecte, l'analyse et
l'exploitation des informations) qui permet surtout de réduire les coûts et
d'anticiper les risques. La direction de l'Intelligence économique, des études
et de la prospective au ministère de l'Industrie continue, selon son premier
responsable, à organiser des formations mensuelles gratuites dans le but de
vulgariser l'intelligence économique.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Houari Barti
Source : www.lequotidien-oran.com