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Eclectisme algérien en Afrique du Sud



Eclectisme algérien en Afrique du Sud
Du nord au sud et vice-versa, le design algérien se fait voir aujourd'hui à Johannesburg pour une session extraordinaire qui va durer jusqu'au 4 mai prochain.Le Moad (Museum of African Design) met d'ores et déjà à l'honneur une kyrielle d'artistes algériens qui comptent dans notre paysage culturel. Treize designers pour une exposition qui se voulait d'abord maghrébine et qui, pour des raisons pratiques, sera résumée à la participation d'une exposition essentiellement algérienne avec les remerciements au sens du lobbying du sieur Hellal Zoubir, designer et plasticien de renommée internationale qui sera le fer de lance de cette grande exposition. Il en est d'ailleurs le commissaire principal, assisté en cela par le commissaire-adjoint et designer graphique Mourad Krinah. L'exposition s'est réalisé avec le partenaire en titre de toutes les aventures artistiques extérieures en l'occurrence l'AARC qui n'a pas ménagé ses moyens financiers et techniques, mis à disposition pour le succès de cette monstration qui sort de l'ordinaire par l'aspect éclectique de sa présentation. Au menu, simplicité, épure, sens pratique, beauté absolue et formes parfaites pour certains. Quelques visages sont connus, d'autre le sont moins mais activent depuis belle lurette en assurant le succès du design algérien un peu partout entre Dubaï et Paris, en attendant vaillamment les éditeurs, financiers, mécènes et grands clients pour en assurer la diffusion et la mise en production de ces échantillons, prototypes qui fatiguent leurs créateurs et amateurs de se voir ainsi limité souvent à des exemplaires uniques. Le choix des plasticiens présents à Johannesburg a été réalisé dans un souci d'efficacité, de représentativité mais aussi de témoignage éloquent, pertinent de l'existence effective d'un design pluriel en Algérie, avec des notes ironiques, humoristiques ou satiriques qui sortent de l'ordinaire, à travers les ?uvres installées de Walid Bouchouchi qui entre Arts plastiques et création graphique entonne les écritures les plus diverses. Mourad Krinah, laisse ses récurrences graphiques prendre les chemins discursifs de paroles éminemment politiques, il s'affirme d'un pop art moderne, novateur, mais la société de consommation a dans ce cas bien changée dans le regard de cette nouvelle génération d'artistes aux expressions d'une pertinence graphique et thématiques redoutable. Avec aussi des notes de présentation originales sachant que les caisses et les indications « taguées » sur les éléments de transports ont fait office de cubes de présentation et de cartels sortant de l'ordinaire pour s'accommoder ainsi des lieux qui ne sont pas à la pointe de la technologie avec des néons, des sols en béton brut et l'absence quasi-totale de normes standards pour les expositions en Afrique du Sud. Cela dit, l'ingéniosité reste l'apanage des designers, cette fois aussi, elle a bien joué son rôle et l'exposition « D'zaïr and craft » (prononcer Dizayer and Craft) reste un bel évènement malgré cette loi absurde qui empêche par exemple la vente ou la diffusion sous le motif fallacieux de protection patrimoniale, une loi qui déclenche le fou-rire quand on voit les éminence artistiques japonaises par exemple comment elles sont considérées, puisque justement élues patrimoine national...C'est ainsi que les ?uvres d'Amine Belkebir, Hamida Benmansour, Walid Bouchouchi, Samir Hamiane, Saïd Issadi, Leïla Mammeri, Mourad Krinah, Jamel Matari, Idir Messaoud, Neila Rahil, Yamo et Radia Zitouni, laissent la part belle à du design textile, des notes traditionnalistes déclinées sous des formats immenses, des formes organiques avec matériaux high tech. Un retour aux sources pour le lumineux Yamo qui apprivoise la lumière et la transforme en magie cuivrée. L'élément marin transcrit dans la forme d'une queue de Baleine, décliné sur des chaises, nommée suavement « Hout », formes fluides et épurées du brillant Jamel Matari qui use de matériaux divers pour nous inscrire aussi dans le 21ème Siècle, Radia Zitouni et son monde vite oublié de l'enfance, gardant juste les traces diffuses graphiquement interprêtées sur le monde des « buchettes », Leïla Mammeri se gardant de trop dessiner, gardant l'essentiel des formes, laissant au pratique l'essentiel de son talent. Samir Hafiane, élégance au pouvoir, design de la noblesse de l'expression. Deuxième hommage aux sources « Sedjra » de Hamida Benmansour, design décomplexé, formes aussi souples que complexe, un confort à l'algérienne dont la sincérité d'expression peut nous faire dire sans honte du concept, nous avons un design algérien, typique, atypique, paradoxal, mais qui existe en la forme, nous avons adoré cette exposition qui nous change des habituels noms du design ultérieur, il montre ici une génération différente, diversifiée même si elle fait grincer des dents d'autres designers non choisis, cela montre en fait l'existence de nombreux artistes, et c'est tant-mieux. Pour des assises sur le design algérien dans toute sa splendeur, dans l'attente d'un réel réveil des allants industriels qui ont la manne le veux pieux se transformera peut-être en réalité visible dans les endroits adéquats. Pour cette grand-messe de «D'zaïr and craft », le retour sur Alger et peut-être ailleurs en Algérie nous édifiera sur la qualité vraiment intense de cette équipe de talents divers qui sont allés vers le sud montrer une part de nous-mêmes à l'esthétique faite de lignes sobres, bien conçues et à la qualité affirmée, une bien bonne exposition, à regarder...avec les mains. Exposition « D'zaïr and craft », au Museum of African Design Johanesburg, (Moad), Afique du Sud, exposition de designers algériens, jusqu'au 4 mai 2016


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