Alger

Echtah, Echtah ya Loulou'..



Echtah, Echtah ya Loulou'..
Par Iskander DEBACHE, Paris le 10 Janvier 2012.
Qui ne se souvient de cette chanson célèbre autrefois déclamée par un non moins illustre chansonnier Algérois du nom de Rachid Ksentini' C'était encore l'époque coloniale mais pas tout à fait la nuit puisque les langues se déliaient'. Parfois avec des mots à peine couverts certes, ou par allusions comme c'était déjà la cas dans les chansons et autres sketches de Rachid ksentini mais l'expression était là tout de même'. Sans fioritures ni excès tant l'évidence des choses était en soi déjà très éloquente'
Maintes fois arrêté, persécuté et harcelé par la police coloniale, le nom que portait Rachid Ksentini était devenu sinonyme de Nationalisme, Patriotisme, Révolte contre l'oppression, refus de la soumission et mise en dérision du fait colonial'. Rien ne l'arrêtait, pas même les intimidations assorties de menaces quant à une très probable relégation vers le bagne de Cayenne, l'île du diable ou la Nouvelle Calédonie, rien n'y fit, ni ne suffit à baillonner notre chansonnier dont le seul nom aurait pu baptiser plus d'un établissement scolaire ou Lycée si la moindre reconnaissance officielle était aujourd'hui de mise.
Quelques générations plus tard et à cinquante ans d'une indépendance chèrement acquise, les évidences sont toujours là et les injustices aussi mais le nom a changé de personnage'
Le Ksentini que nous connaissons aujourd'hui, n'a hélas rien à voir avec celui des années trente et quarante et il suffirait pour s'en rendre compte de parcourir le dernier article publié chez notre confrère « Le Temps d'Algérie » du 5 Juillet 2011 où Monsieur Farouk Ksentini empêtré dans son arrogance habituelle: ' Réagissant à chaud sur l'information concernant la condamnation de l'Algérie par le Comité contre la torture des Nations unies pour le décès sous la torture de Djilali Hanafi, un commerçant de 32 ans, père de deux enfants, arrêté le 1er novembre 1998 à Mechraa Sfa, le président de la commission de consultation nationale consultative de promotion et de protection des Droits de l'Homme, maître Farouk Ksentini, a affirmé dans une déclaration faite hier à notre journal «ignorer le cas de ce jeune commerçant algérien victime de la torture». [Le Temps d'Algérie].
Cependant, les temps ont changé, Farouk n'est pas Rachid puisqu'au fil du temps, des générations et mon profond respect pour les descendants du chansonnier, Farouk Ksentini est devenu aujourd'hui synonyme de mauvaise foi et de déni évident d'une vérité criarde voire, transposé à l'époque coloniale, le personnage de la CCNPPDH aurait pu faire les beaux jours et la splendeur de la gent Béniouiouie tant il excelle dans l'art et le maniement de la brosse à reluire' Entend il jouer un rôle historique voire, à ses yeux si resplendissant dans le blanchiment d'une action clandestine de terrorisme d'état' Qu'aurait il à gagner en endossant délibérément les crimes et les perversions du système jusqu'à s'empêtrer lui même dans la gêne dûe à une soumission aveugle et apparemment inconditionnelle envers des tortionnaires de plus en plus internationalement décriés et autres criminels de guerre' J'avoue franchement ne rien comprendre à une démarche allant à l'opposé du simple bon sens.
Tout à coup, selon le Quotidien d'Oran du 10 Juillet 2011, « Me Farouk Ksentini, monte une nouvelle fois au créneau pour dénoncer le recours «abusif et systématique» de la détention préventive en Algérie ».
Le fait que Malik Medjenoun et Chenoui Abdelhakim soient détenus depuis douze ans à la maison d'arrêt de Tizi Ouzou ne l'a nullement dérangé! Pire, on ne l'a jamais entendu se prononcer sur cette affaire ne serait-ce que pour décrier des délais de préventive aussi longs et se dire que cette situation pouvait paraitre anormale! Non rien de tout cela et maintenant que la date de jugement a été fixée et du moment que les apparences sont encore à peu près sauves, Monsieur Ksentini peut enfin revenir à ses fondamentaux pour se consacrer entièrement et en toute bonne foi à son sacerdoce'
L'Algérie pendant plus de dix ans a été le théâtre d'une guerre effroyable et de violations massives des droits humains : des milliers de personnes ont été enlevées et sont portées disparues ; la torture est pratiquée de manière systématique par les forces de sécurité ; des massacres à grande échelle officiellement attribués aux groupes armés islamistes sont perpétrés à l'encontre de populations civiles. Cette guerre aurait déjà fait 200 000 morts et on compterait selon les sources 10 000 à 20 000 disparus. Près d'un demi-million de personnes ont fui le pays et, à l'intérieur, l'exode massif provoqué par l'insécurité et les déplacements forcés de population, sont encore plus importants. De nombreux témoignages ont permis d'établir qu'une grande partie de ces violations était le fait des forces de sécurité. Par ailleurs, les populations civiles ne sont pas protégées, les responsables de ces crimes ne sont pas poursuivis et aucune enquête judiciaire sérieuse n'a jamais été diligentée.
A vouloir nous faire avaler pareille couleuvre, il aurait peut être fini par me faire croire que je n´étais pas à Alger à l´époque dont il parle. J´y exerçais dans l´un des services chargés de l´information, opérant au sein même de l´institution militaire et autant que je sache, les G.I.A. ont publié leur faire part de naissance à grands fracas au moyen de ce qu´il aurait été convenu de considérer comme une action d´éclat à savoir l´enlèvement des fonctionnaires du consulat de France et en l´occurence, le couple J.C. et Michèle Thévenot et Alain Fressier le 24 Octobre à Alger. Cette opération jointe à celles de l´Airbus d´air France, des moines de Thibérine et des attentats successifs dans les stations St Michel et port Royal a eu pour effet presque immédiat de faire basculer l´opinion de la presse et de la classe politique Françaises, jusque là hostile à l´interruption du processus électoral, au profit des putchistes d´Alger.
S´agissant des massacres de civils, l´état major général de l´armée n´a rien inventé. Rompu aux techniques d´infiltration et de mimétisme sur le terrain, le capitaine léger a légué à ses supplétifs d´hier et disciples d´aujourd´hui, un capital de connaissances qu´ils ont su mettre à profit dans leur guerre anti-subversive. Le village martyr de Mellouza en sait quelque chose. Ceux de Raís et Bentalha aussi'. Aujourd´hui, l´impunité consacrée aux généraux Algériens, tourne au cas d´école. Des Chiapas à Bornéo, de la Colombie au Guatémala, le schémas est désormais classique: pour lutter contre la pratique du poisson dans l´eau, il suffisait de retirer l´eau pour asphyxier le poisson. Alors pourquoi s´en priver!
Mais là où le bât blesse, c´est lorsque Monsieur Ksentini pousse la mauvaise foi en justifiant l´inertie d´une armée formée à la soviétique et qui aurait oublié d´être lourde la nuit du putch de Janvier 92, par son extrême lourdeur sur le terrain et c´est certainement cette même lourdeur naguère contractée chez les soviétiques qui a sans doute produit les massacres de civils en Tchéchénie avec l´impunité assurée et la bonne conscience de la désafghanisation en prime'
C´est au nom de cette même lourdeur feinte ou délibérée que la nuit du 5 Septembre 1997 à partir de 20 heures, aucune unité de la police de l´armée ou de la gendarmerie ne se trouvait dehors pendant que se déroulait un horrible carnage à Beni-Messous oublié le lendemain même par la télévision Algerienne qui a préféré montrer en direct et pendant toute la journée les images sur' l´enterrement de Lady Diana.!!!!
La même nuit, lors d´une tentative de diversion opérée par des éléments de la D.R.S. au quartier El-Idrissi à El Biar, en entendant les cris de femmes et d´enfants dégringolant les flancs de colline de Bouzareah jusqu´au ¨frais vallon¨ j´ai personnellement appelé le commissariat du 13º arr. Et la brigade de gendarmerie d´El Biar où je m´étais vu opposer une fin de non recevoir délibérée en des termes qui ne seraient pas agréable à entendre.
J´aimerai alors rappeler à Mr Ksentini qu´en Algérie, les lois et règlements civils ou militaires font obligation aux corps constitués d´intervenir en cas de danger frappant des civils.
Cette nuit là de mon domicile à la cité Baranès à Châteauneuf d´où je dominais l´autoroute du ¨Frais Vallon¨ je ne distinguais plus que les va-et-vient d´un camion jaune à chassis long que les agents de la D.R.S. connaissent bien et qui ne sort que précédé et suivi par des voitures militaires hérissées de projecteurs. Ceux là même qui venaient de décrocher d´El-Idrissi sous l´intervention et le feu nourri des commandos de l´A.I.S. pullulant dans le coin.
En somme Mr Ksentini accuse tout le monde pêle mêle: les civils, les tribus rivales, les Harkis, les miliciens, des éléments des forces spéciales, contre l´avis bien sûr de leur hiérarchie frappée de léthargie à la soviétique, les bandits, les proxénètes et même les banquiers. Tous! Sauf les généraux!
Tous les cas de figure sont représentés. L´autopsie d´un massacre ressemble étrangement au recueil de directives frileuses que fournissait la D.R.S. à la presse dite indépendante pour justifier ou tenter d´expliquer des crimes inqualifiables.
Quoique insolite mais en tous les cas caractéristique d'une ambiance de fin de règne, l'explication n'a pas vraiment de quoi surprendre puisque se sachant aujourd'hui comme pour Moubarek et autres dommages collatéraux du Printemps Arabe de plus en plus lâchés par leurs protecteurs Américain et Français, conscients d'être à la merci du moindre soulèvement militaire des rats qui ne manqueront pas tôt ou tard de d'abandonner le navire de la junte, traqués par les organisations internationales pour la défense des droits humains dont la dernière condamnation de l'O.N.U. sur les disparitions forcées a non seulement a battu en brèche leur soi disant loi sur la réconciliation à l'abri de laquelle ils se croyaient assurés de l'impunité mais qui en plus a définitivement mis un terme à un semblant de légitimité établie a force de crimes, de mensonges et de manipulations sous l'hypothétique et désormais contesté prétexte de lutte antiterroriste, enfermés dans leur « Lager » du Club des pins, les généraux de la junte militaire et criminelle d'Alger ainsi que leur représentation plus ou moins civile Bouteflika qui n'arrête pas de remanier les membres de l'état major général de l'armée, ont aujourd'hui parfaitement conscience d'être aux abois:
Quand la cécité est mère de tous les égarements, l´intransigeance est celle des fossoyeurs. On ne va pas à contre courant de la volonté populaire. Mohamed Lamari et ses compagnons de gloire, oublient qu´en Algérie depuis kheireddine Baba arroudj aucune dictature fût elle militaire n´est sortie indemne d´une insurrection populaire. Aujourd'hui, l'acharnement de la junte militaire et criminelle d'Alger à vouloir se tailler en vain des oripeaux dans les vieilles hardes du nationalisme n'a plus cours et dès lors, Alors attendons, leur chute est imminente: elle ne saurait tarder et nous reprendrons le débat plus tard sur des bases beaucoup plus saines.
alors Echtah, Echtah ya Loulou ki dji Beba enqouloulou'.
Iskander DEBACHE.
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