L?Europe veut fermer les portes du marché énergétique à Sonatrach.La Commission européenne cherche à durcir les conditions d?accès à son marché énergétique pour les groupes étrangers. Sonatrach et le russe Gazprom sont particulièrement visés. Bruxelles a proposé hier une réforme controversée du secteur énergétique, prévoyant de démanteler les positions dominantes de grands groupes européens de gaz et d?électricité, mais aussi de limiter l?accès de puissants groupes étrangers, comme le russe Gazprom et la Sonatrach. Cette réforme complique la tâche déjà difficile de Sonatrach qui veut devenir à terme un acteur sur le marché européen de la distribution du gaz.La mesure phare du plan de la Commission prévoit de contraindre à séparer la production d?énergie et les réseaux de transport (gazoducs ou lignes à haute tension allant jusqu?à l?entrée des villes). Un coup dur pour les gros groupes intégrés tels les français EDF ou GDF, l?allemand EON ou l?italien ENI. Les plans de la Commission ont d?ailleurs été maintes fois critiqués, notamment en France et en Allemagne, depuis qu?ils ont filtré en janvier. A défaut d?un éclatement qui aurait « sa préférence », la Commission propose une alternative, qui consisterait à « louer » le réseau contre une rente régulière à un opérateur indépendant. Pour éviter que cela profite aux grands groupes non-européens, qui eux resteraient intégrés, la Commission veut leur « imposer des conditions sévères », a précisé son président José Manuel Barroso lors d?une conférence de presse. La Commission refuse de parler de «clause Gazprom», mais le géant semi-public russe, qui cherche ces derniers temps à renforcer ses positions en Europe occidentale, ou encore Sonatrach, sont directement visés. Les acteurs étrangers ne pourraient pas prendre le contrôle de réseaux de transport européens sans un accord bilatéral entre l?Union et leur pays. Autrement dit, l?Europe fait de l?énergie un secteur hautement stratégique. Pour racheter une société européenne activant dans l?aval, Sonatrach doit avoir au préalable le feu vert de la Commission européenne.Révélé par la presse espagnole, son projet d?acquérir la compagnie espagnole Cepsa a du coup peu de chances d?aboutir. Tout comme son projet d?augmenter sa part dans le capital du portugais EDP.En plus, les groupes énergétiques étrangers, dont Sonatrach, devraient en outre certifier que, comme les concurrents européens, ils n?agissent pas également comme fournisseur d?énergie. « Pour protéger notre marché intérieur, pour protéger les bénéfices de la séparation (des activités de transport et de production), nous devons nous assurer que tous jouent selon les mêmes règles », a commenté M. Barroso, se défendant de vouloir faire du protectionnisme. Le principe de séparation s?appliquerait aussi aux sociétés publiques. Production et transport pourraient rester propriété de l?Etat, à condition de dépendre par exemple de deux ministères différents, et de prouver que les décisions sont prises de manière indépendante. Selon la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes, cette séparation serait la solution la plus efficace pour faire baisser les tarifs facturés aux consommateurs. Et de souligner qu?en Grande-Bretagne, qui a déjà opté pour cette séparation, les tarifs de l?électricité sont bien plus bas qu?en Allemagne où règnent de gros groupes intégrés. « L?UE ne peut pas se permettre d?attendre plus longtemps », a-t-elle affirmé. L?objectif est d?obtenir «un approvisionnement en énergie plus sûr à des prix plus abordables», a résumé le commissaire à l?Energie, Andris Piebalgs. M. Barroso a reconnu s?attendre à de «longues et âpres négociations» sur ces propositions, qui ont de fortes chances d?être amendées par les Etats membres et par le Parlement européen.La Sonatrach n?a pas encore réagi aux nouvelles mesures de la Commission européenne, mais la compagnie nationale ne devra pas tarder à le faire. Sans doute, elle prendra le temps nécessaire pour étudier les conséquences de cette réforme sur ses projets de vente de gaz en Europe. La réforme proposée par Bruxelles intervient dans un contexte de tensions énergétiques entre l?Algérie et l?Espagne et après le refus de Sonatrach d?une alliance avec Gaz de France.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Hamid Guemache
Source : www.lequotidien-oran.com