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Droit à l'enseignement ou à la grève'



Droit à l'enseignement ou à la grève'
Cyclique et perpétuel. Depuis une décennie nos écoles servent aux luttes politico-syndicales plus qu'elles ne servent à transmettre le savoir. Sauf décision contraire, les élèves n'auront pas cours mardi et mercredi prochains. A cause de ces luttes dont ils font les frais. Le sens des responsabilités chez les protagonistes est moins élevé que leurs susceptibilités. Parce que la ministre de l'Education nationale a rappelé que les jours de grève ne seront pas payés, le lendemain, la réponse, d'un des syndicats réunis en «coordination» qui avaient prévu les deux jours de grève en question, a fusé. Il réitère son appel à la grève et annonce «des perspectives futures du mouvement de protestation». Histoire d'en rajouter une couche. Comme ça. Pour faire peur à la ministre. Elle, qui n'a cessé d'appeler au dialogue, en gardant grandes ouvertes les portes de son ministère. Une disponibilité visiblement mal interprétée. Malheureusement, ce n'est pas la première grève. Il n'y a plus d'années scolaires sans grèves depuis plus d'une décennie. De quoi douter sérieusement du bien-fondé des revendications syndicales. Les salaires des enseignants de tous les paliers ont été revalorisés, comme tous les autres secteurs de la Fonction publique. Cette fois, la contestation est digne d'un niveau de maturité jamais atteint. Il s'agit du statut particulier des enseignants, qui aurait plus profité aux enseignants du secondaire qu'à leurs collègues du moyen. Ceux qui auraient pu penser logiquement que plus le palier est supérieur plus la qualification des enseignants l'est également et que les salaires augmentent naturellement, sont, comme disent nos enfants, «des esprits périmés». La hausse aujourd'hui, c'est comme le receveur de bus qui oblige à «avancez vers l'arrière!». Et si toutes ces «revendications» matérielles et autres avantages réclamés par ces syndicats étaient placés face aux appréciations du rapporteur onusien sur le droit à l'éducation qui était en visite dans notre pays, la semaine dernière, c'est encore plus affligeant. L'Algérie avait-il dit «doit répondre de toute urgence à l'impératif de la qualité de l'enseignement». Il a recommandé, pour atteindre cet objectif, «l'amélioration de la formation des enseignants». Les syndicats qui appellent à la grève ne l'entendent pas de cette oreille. Ils ne l'entendent pas du tout. Jamais ils n'ont fait référence à la qualité de l'enseignement. Leur souci est ailleurs. Il est toujours le même depuis plus d'une décennie. Evidemment, qu'il se trouvera toujours des enseignants pour suivre leur mot d'ordre, dès lors qu'il s'agit de se remplir les poches. Et nos écoliers dans tout cela' Leur avenir' Qui s'en soucie' Ils sont l'Algérie de demain. Qui a le droit d'hypothéquer le développement du pays' Intervenant, jeudi dernier, à la réunion de l'OIT qui s'est tenue à Alger, Mme Benghebrit a rappelé que «si le droit syndical et le droit de grève est reconnu par la loi fondamentale du pays, le droit à l'enseignement est garanti par notre Constitution». De quel côté se trouve la primauté' Voilà un point qu'il faudra résoudre dans la future Constitution. Dans ce jeu de «poker menteur», il y a une grande absence. Celle des parents d'élèves. Comment expliquer qu'ils puissent assister en spectateurs passifs à ce jeu, alors que ce sont leurs enfants qui en font les frais' Ils peuvent au moins susciter la mise en place de solutions alternatives. Comme par exemple appeler les retraités de l'éducation (qui ont eux-mêmes des enfants ou petits- enfants victimes de ces grèves) à s'organiser en association qui viendrait remplacer les grévistes et assurer la continuité des cours. Il est plus que certain que beaucoup de retraités se porteraient volontaires bénévolement. Ce n'est qu'une des solutions mais il faut, aux parents d'élèves, un peu plus d'engagement pour faire stopper les abus. Et les faux problèmes!


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