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Douéra, manque d'eau, d'électricité et de gaz Les habitants ont manifesté



Colère - «Notre problème ne date pas d'hier, nous n'avons pas d'électricité depuis 12 ans.»
Une centaine d'hommes et de jeunes lycéens, habitants la rue Salem-Madani de Douera, ont tenté, au début de la matinée d'hier, de bloquer les routes menant vers plusieurs destinations notamment Alger, Ben Aknoun et Blida à l'aide de pneus enflammés et de troncs d'arbre. Il s'agit de 1 200 familles résidant dans ce quartier et qui sont privées d'eau, d'électricité et de gaz depuis 2001.
«Notre problème ne date pas d'hier, nous n'avons pas d'électricité depuis 12 ans», clame un contestataire qui a affiché violemment sa colère. «Nous sommes un pays exportateur de pétrole et de gaz et nous sommes à quelques kilomètres d'Alger centre mais nous continuons d'allumer des bougies la nuit, trouvez-vous ça normal '», lance un autre manifestant au visage couvert. «Quel sera le devenir de nos enfants qui vont à l'école '», s'interroge un autre.
A notre arrivée sur les lieux, nous avons remarqué la présence inhabituelle des éléments de la gendarmerie nationale qui se sont mobilisés tôt sur l'axe Alger - Douera plus exactement à l'entrée de Douera pour superviser de près le trafic routier qui était complètement perturbé. Certains usagers du transport privé ont subi les affres de cette émeute. Ils ont été obligés de descendre des bus et de poursuivre le trajet à pied tout au long de la route boueuse pour arriver à l'arrêt principal du transport de voyageurs de Douera. Selon les contestataires, plusieurs émeutes ont été enclenchées auparavant par les mêmes habitants de ce quartier.
En vain. «Que des promesses non tenues depuis plus d'une dizaine d'années. En décembre 2006 nous avons exposé notre problème à l'ex-wali de Draria mais sans résultat. Aujourd'hui nous sommes ballottés de nouveau entre la Sonelgaz et l'actuel wali de Draria qui se rejettent la balle», affirme le porte-parole des manifestants, Mohamed Aitar à InfoSoir. M. Aitar a essayé de garder son sang-froid et a appelé au calme les contestataires. «Nous allons décider aujourd'hui de passer la nuit à la belle étoile, nous allons camper ici sous des tentes jusqu'à ce que les autorités locales nous prennent en charge», ajoute-t-il.
Notre interlocuteur n'a pas omis de nous rappeler : «Nous avons adressé plusieurs correspondances notamment au ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, au président de la République, au président de l'APC mais sans suite».
Pourtant enchaîne-t-il «nous possédons tous des décisions et nous avons des permis de construction visés et autorisés par l'APC». Il s'avère qu'à quelques mètres de la résidence des concernés par cette manifestation, les habitants des quartiers voisins sont alimentés en électricité.
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