Quinze jours après l'annonce par la tutelle de la reprise des activités culturelles, la plupart des espaces étatiques demeurent dans leur léthargie, tandis que la seule programmation proposée aux Algérois provient de l'Institut français (IFA).Le 17 janvier dernier, la ministre annonçait officiellement la fin des restrictions pour les espaces culturels, une fermeture qui avait perduré depuis le début de la crise sanitaire en Algérie. Or, la reprise des activités semble au point mort jusqu'à aujourd'hui : hormis quelques expositions, les espaces étatiques, qui représentent une majorité écrasante dans l'offre culturelle, affichent toujours portes closes.
Pendant ce temps, l'Institut français d'Alger est le seul à avoir réagi immédiatement après l'annonce en proposant un programme déjà prêt.
Films, expos, conférences... tout semble avoir repris son cours à l'IFA malgré les contraintes liées à la pandémie et à la fermeture des frontières. Ainsi, les rendez-vous cinéma ont été relancés dès le 20 janvier avec un bouquet de films récents dont ADN de Maïwenn et La fille au bracelet de Stéphane Demoustier. Hier a eu lieu l'ouverture des Journées du film européen qui durent jusqu'au 6 février avec, au programme, le documentaire suisse Citoyen Nobel de Stéphane Goël qui brosse un portrait passionnant du prix Nobel de chimie 2017 Jacques Dubochet ; le long métrage franco-iranien Yalda de Massoud Bakshi qui met en fiction l'hallucinante émission de téléréalité iranienne dont l'enjeu est l'exécution ou la grâce d'une condamnée à mort ; Cold War du Polonais Pawel Pawlikowski primé au Festival de Cannes qui raconte une histoire d'amour passionnée et douloureuse entre un musicien et une chanteuse au c?ur de la guerre froide ; Visages et villages, un documentaire en road-movie d'Agnès Varda et JR qui vont à la rencontre de paysans et villageois français.
Un autre temps fort attend les cinéphiles avec la projection en avant-première ce 20 février du long métrage De nos frères blessés, adapté du roman éponyme de Joseph Andras et réalisé par Hélier Cisterne, qui revient sur le destin hors-normes du militant communiste français Fernand Iveton, guillotiné pour son soutien à la guerre de Libération algérienne.
Par ailleurs, l'IFA relance également son cycle de conférences avec l'inauguration des Rencontres d'Ibn Khaldoun qui débutera le 8 février avec une table ronde en langue arabe autour de l'héritage universel du père de la sociologie, animée par l'anthropologue Abdesselam Cheddadi, l'historien médiéviste Khaled Kchir, l'universitaire Amara Allaoua et le chercheur Mohamed Hamdaoui.
Le 15 février, l'IFA abritera un hommage au philosophe et islamologue Mohammed Arkoun, animé par sa fille Sylvie Arkoun et le professeur en sociologie Aïssa Kadri.
Sarah H.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sarah Haidar
Source : www.lesoirdalgerie.com