
Regard - Fatima Dridi est réalisatrice du documentaire Habit angoulek (Je voudrais te dire) dans le cadre de la formation de l'atelier de création de films documentaires Bejaïa DOC, atelier mis en place par Kaîna Cinéma et Cinéma et Mémoire.Dans ce film, Fatima Dridi raconte une réalité avec pour toile de fond des jeunes femmes en hidjab ou sans, libres de leurs mouvements, heureuses de vivre, sur la plage ou au volant de leur voiture.Ainsi, la réalisatrice a filmé des jeunes femmes voilées ou non qui donnent une image positive de la femme algérienne loin des clichés que l'on veut bien donner d'elles sous d'autres cieux.«J'ai choisi de filmer ces deux femmes qui sont mes amies car elles disent ce que c'est qu'être une femme en Algérie, loin des stéréotypes. Je voulais qu'on sente quelles personnes elles sont au-delà de ce qui peut apparaître comme des contradictions. Elles sont vives, intelligentes et chacune d'elles affronte le quotidien à sa manière. Elles montrent ce qu'implique d'évoluer dans l'espace public avec puissance et légèreté à la fois quand on est une femme. Leur point commun c'est l'humour. Au final, nous avons Nacéra qui nous parle d'amour très naturellement, et Rasha qui rit d'une situation qui n'est pas forcément risible à la base. Face au danger, elle n'est pas allée chercher ses frères, elle a utilisé son intelligence. Ce qui démontre que notre destin est entre nos mains, à nous de faire nos propres choix. Néanmoins, il est des points sur lesquels nous divergeons et je le montre aussi à travers la scène de la plage...» L'on peut voir dans le film un jeune homme sur le siège arrière de la voiture en train de jouer de la guitare et une jeune fille au volant. D'où la question : quelle est la symbolique de cette scène '«D'un point de vue général, c'est une forme de réconciliation avec la ville et les hommes. Je laisse Amine, le chanteur, grimper à l'intérieur de ce qui, à la fois, me transporte, me protège et qui est (malheureusement peut-être...) mon bouclier/espace intime au milieu de la foule. Un hommage aux hommes loin des clichés terribles qui sont véhiculés systématiquement sur eux. Même si je montre dans la séquence précédente qu'un conducteur de véhicule 4x4 est quelque peu agressif envers moi, peut-être parce que je suis une femme ... Tout cela, pour dire que s'il arrive que les rapports avec certains hommes sont parfois tendus, tous ne sont pas des salauds... Il n'y a qu'à voir et entendre Amine pour s'en convaincre. Et d'un point de vue plus particulier cela me permet d'évoquer ma vie intime en toute liberté, sans me censurer ni faire dans le voyeurisme.» Fatima Dridi a fait des études de traduction et a exercé dans le domaine.«Mais j'ai vite compris que j'avais besoin d'un métier où je pourrais rencontrer des personnes de tous bords et de création», raconte-t-elle, et de poursuivre : «La découverte de ces ateliers Bejaïa DOC par le biais d'un ami qui lui-même avait participé au stage m'a vraiment donné envie de tenter cette aventure et de raconter l'histoire de mon rapport vis-à-vis de cette ville qu'est Alger»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Leila N
Source : www.infosoir.com