
Rencontré en marge de la cérémonie d'inauguration de la foire de la production algérienne et du salon national d'exportation, organisés du 18 au 21 octobre, au Palais des Expositions d'Alger, M Djilali Tariket, président-directeur général de la Compagnie algérienne d'assurance et de garantie des exportations (CAGEX), a bien voulu accorder un entretien à notre quotidien. Ainsi il a insisté en substance sur certaines questions épineuses comme, notamment la croissance économique et le développement des exportations algériennes hors hydrocarbures ainsi que les conditions nécessaires pour vraiment promouvoir l'acte d'exporter en Algérie. Et son v'u le plus cher est de voir, les exportations hors hydrocarbures considérées comme étant un secteur à part à développer, indépendamment d'autres produits et de tout ce qu'on peut dire sur le développement. La CAGEX a réalisé une croissance économique de 10% en 2011 et un chiffre d'affaires de 12 milliards de DA à l'exportation et 50 milliards de DA sur le marché domestique. Les encouragements ne doivent pas s'arrêter, dit-il, à la simple exonération fiscale ou au simple remboursement des frais de transport au profit des exportateurs. Mais il faut aller, recommande-t-il, au-delà de tout cela et créer un environnement adéquat pour que le produit algérien soit de plus en plus prisé à l'étranger et pour qu'il arrive dans les délais voulus aux consommateurs à l'étranger'.
Le Maghreb
Voulez-vous nous présenter la CAGEX en termes de bilan, résultats et perspectives '
M Djilali Tariket
Le bilan de la CAGEX clos au 31 décembre 2011 est largement positif et un autre bilan 2012 en cours de clôture qui est également positif, et ce, en dépit de la crise financière et économique internationale qui a produit des effets sur le comportement des consommateurs et producteurs dans le monde en général mais en Algérie en particulier. Globalement nos résultats sont donc positifs puisque nous avons enregistré une augmentation du nombre de contrats que nous avons souscrits. Et nous avons pu ainsi augmenter notre chiffre d'affaires. Mais hélas ! Les sinistres ont également augmenté depuis 2011 et se poursuivent en 2012. Il y a de différentes raisons à cela. La première se rapporte au fait que les entreprises de production, de services ou de commercialisation connaissent des difficultés de trésorerie pour de différentes raisons.
La première raison est bien entendu la crise économique qui a un impact sur ces entreprises ; mais il y a également, le système de paiement de l'administration en direction des entreprises qui est très lourd. Et dans la plupart des cas, il y a un écart important à répondre à la demande des entreprises qui réalisent notamment des travaux pour le compte, soit des wilayas ou d'autres institutions de l'Etat qui mettent beaucoup de temps à être payées. Toutes ces situations se répercutent sur nos activités et vis-à-vis de nos clients qui se voient une partie de leur trésorerie non récupérée auprès de leurs propres clients. Bien entendu je parle spécialement du marché domestique, national. En ce qui concerne le marché international en termes d'exportations, vous savez très bien que nous avons des exportations marginales ; et de ce point de vue que ce soit le nombre d'exportateurs ou de contrats que nous avons souscrits très limité. Et ce du seul fait qu'il y a très peu d'entreprises versées dans le domaine des exportations mais, aussi de grandes entreprises nationales comme Sonatrach ou Fertial qui exportent en grande masse et qui ne sont plus malheureusement des clients de la Compagnie. Donc si les exportations hors hydrocarbures sont marginales au niveau de paramètres indicateurs nationaux , il y va de même pour l'assurance crédit à l'exportation qui demeure aussi marginale au niveau de la CAGEX.
Peut-on connaître le chiffre d'affaires de la CAGEX en 2011 '
Nous avons couvert en 2011 en termes de chiffre d'affaires garantie bon et mal an à l'exportation dans les 12 milliards de DA. Sur le marché domestique nous avons couvert un portefeuille de vente qui tourne autour de 50 milliards de DA. Tout ceci nous a donné une prime d'assurance qui tourne autour de 350 millions de DA.
Y a-t-il une croissance par rapport à 2010 '
Oui ! Nous avons enregistré une croissance de l'ordre de 10 %. Ce qui est quand même honorable pour une compagnie comme la CAGEX qui évolue dans un marché très restreint et très limité dans son étendue.
Qu'en est-il des perspectives '
Nous avons espoir que les prochaines années nous donnent l'occasion de gagner en nombre clients et notamment en ce qui concerne les exportateurs de produits pétrochimiques comme Sonatrach ou de nouvelles sociétés créées avec la participation de Sonatrach. Il s'agit d'un enjeu auquel nous faisons face. Mais nous essayons également de travailler avec d'autres exportateurs d'importance. Mais tout en soulignant, il ne faut pas le cacher, que 70 à 80 % des exportations hors hydrocarbures sont générés par des exportations de produits pétrochimiques ou de produits miniers dans lesquels il est difficile de travailler pour différentes raisons.
Quels sont les risques encourus par des exportateurs qui s'aventurent dans les marchés internationaux sans garantie '
Nos exportateurs, dans la plupart des cas, mis à part les grandes entreprises, manquent d'expérience dans le domaine des exportations. Et souvent les marchés traditionnels sont des marchés saturés, hormis pour quelques produits dont les produits miniers. Mais s'aventurer dans les autres marchés africains ou même du Moyen-Orient , il s'agit d'entreprises périlleuses si ces exportations ne sont pas garanties par la CAGEX qui met à la disposition des exportateurs tous ses moyens pour s'informer sur les acheteurs et leur solvabilité. Il faut donc éviter à payer les conséquences de sinistres inutiles au profit de nos exportateurs. Donc l'acte d'exporter est un acte très complexe qui nécessite une formation, une mise à niveau et une mise en équation par rapport au marché international. Mais également d'autres contraintes que tout le monde connaît dont notamment la mise en conformité de notre droit vis-à-vis du droit international du commerce et de l'industrie.
La CAGEX joue-t-elle un rôle de promotion des exportations hors hydrocarbures '
Oui ! Disons que c'est la conséquence de la garantie. La CAGEX, qui garantit les exportations, donne plus de possibilités aux exportateurs pour s'affirmer sur le marché international grâce aux informations et la sécurité qu'on leur offre. Mais également et souvent le cas dans notamment le secteur de l'agriculture et en particulier la datte où des financements sont accordés un peu grâce à la garantie de la CAGEX. Donc le financement est nécessaire pour les exportateurs. Cela permet d'encourager les achats et les exportations sur le marché international qui est également une garantie pour investir. Il s'agit donc de gages de s'investir dans les marchés un peu mal connus ou de marchés qui présentent des risques. Autant d'atouts qui garantissent le développement des exportations hors hydrocarbures en Algérie.
Pourquoi, selon vous, les exportations hors hydrocarbures sont encore au-dessous des attentes des pouvoirs publics '
Tout simplement, peut-être que les pouvoirs publics n'ont pas bien compris toute la complexité des exportations. On croit mettre en place les dispositifs qui paraissent de prime abord comme étant propulseurs ou qui vont dans le sens de booster les exportations. Mais la réalité est sur le terrain. On a bien défiscalisé l'acte d'exporter et encouragé le flux de marchandises à destination de l'extérieur par notamment le couloir vert. Mais sur le terrain il y a d'autres contraintes très importantes et que l'Etat doit faire en sorte qu'il soit vulgariser et utiliser d'une façon systématique, comme notamment les centres de conditionnement, toute la logistique et la chaîne de transport, la disponibilité de transport et peut-être le soutien des prix dans le transport ainsi que l'encouragement des sociétés pour aller faire des études de marché à l'étranger et faire de la prospection. Ce sont autant de dispositions que l'Etat doit créer dans le cadre de l'environnement propice pour développer les exportations. Les encouragements ne doivent pas s'arrêter à la simple exonération fiscale ou au simple remboursement des frais de transport au profit des exportateurs. Il faut aller au-delà de tout cela et créer toutes les conditions nécessaires pour que le produit algérien soit prisé à l'étranger; mais qui doit aussi arriver dans les délais voulus aux consommateurs à l'étranger. Et quand qu'on voit dans d'autres pays et particulièrement en Europe par rapport à ce qui se passe chez nous, il y a beaucoup d'infrastructures qui nous manquent des devenir vraiment un pays exportateur. Dans tout ce qui est hors hydrocarbures, il y a tout un travail, j'allais dire, des travaux d'Hercule à faire en Algérie pour atteindre l'optimum.
Dernier mot '
A l'occasion de l'Aid el Adha, je souhaite à tous les Algériens bonne fête. Et l'Algérie est sur la bonne voie ; mais il faut continuer à entreprendre beaucoup plus de réformes et ne négliger aucun secteur d'activité. Mon v'u le plus cher c'est de considérer les exportations hors hydrocarbures comme étant un secteur à part à développer, indépendamment des produits et de tout ce qu'on peut dire sur le développement. L'exportation est un acte qui doit être privilégié et prioritaire. Il faut lui donner sa part dans l'économie algérienne.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Meziane Atmani
Source : www.lemaghrebdz.com