Virulent à l'égard du pouvoir comme il ne l'a jamais été jusqu'à l'issue du dernier scrutin législatif qui n'a pas souri à son nouveau parti, le FAN (Front de l'Algérie Nouvelle), Djamal Benabdeslam est allé un cran de plus dans son réquisitoire.
M. Kebci- Alger (Le Soir) - C'était à l'occasion de la 2e session du conseil national du Front, tenue ce samedi au centre culturel Azeddine-Medjoubi, à Alger. Une session qui a été l'occasion pour l'ancien bras droit de Djaballah, du temps où celui-ci officiait à la tête du Mouvement Nahdha, d'accuser ce même pouvoir de pousser le peuple au soulèvement populaire. Sur quelle base l'orateur fonde-t-il son analyse quand on sait que c'est plutôt l'opposition qui est montrée du doigt pour nourrir des velléités d'intervention étrangère ' Et à l'ancien secrétaire général d'El Islah d'en vouloir pour preuve la manière «sophistiquée» avec laquelle les élections législatives du 10 mai dernier ont été gérées. «Je reconnais que toutes les élections postoctobre 1988 ont été émaillées d'irrégularités, de dépassements, mais celles du 10 mai dernier ont dépassé toutes les limites», affirmera- t-il, lâchant que la fraude de cette-fois qui dépasse, selon lui, tout entendement, a un seul et unique commanditaire : le président de la République. Celui-ci, dira-t-il, a, à travers son fameux discours de Sétif, deux jours avant le scrutin et au surlendemain de la clôture de la campagne électorale, «ordonné la fraude». Un ordre loin de tomber dans les oreilles de sourds puisque systématiquement exécuté non sans zèle et une sorte de défi à l'endroit du peuple. «C'est comme si on nous disait : nous avons fraudé et dezzou maâhoum», a-t-il ajouté. Ce qui peut ouvrir grandement les portes, notamment, à un soulèvement de rue, «quoi que cela semble être pour le moment improbable du fait que le peuple donne l'impression de s'être résigné à cet état de fait». Et à Benabdeslam de regretter que dans ce «souk dlala, Oued Knis, Laâkiba», entre autres épithètes dont il affublera ce scrutin, «le Conseil constitutionnel ne soit pas resté en marge». Bien au contraire, il estimera que cette institution censée veiller au respect des lois de la République «a achevé cette mauvaise œuvre en continuant de marchander les quotas au gré de la disponibilité des uns et des autres». Et de relever avoir été approché pour «déposer des recours même infondés avec assurance de les voir aboutir». Combine dans laquelle le leader du FAN soutiendra n'avoir pas marché, tout en exprimant un autre regret, celui de voir des partis respectables comme le FFS, se faire rouler dans la farine en acceptant des strapontins. Et de citer l'exemple «frappant» de Bordj- Bou-Arréridj où, dira-t-il, son parti a eu le triple des voix que le parti d'Aït Ahmed avec au bout, deux sièges tardivement attribués au FFS par le Conseil constitutionnel et aucun siège pour le sien. Le même manège se serait reproduit à travers nombre de wilayas du pays où le FAN, à se fier toujours à son premier responsable, aurait été spolié de sièges, «une bonne vingtaine», dira-t-il. Mais le drame, estimera encore Benabdeslam, c'est que le pouvoir, dans «sa logique suicidaire, s'est retrouvé otage de sa propre recette avec les tractations qui n'en finissent pas en vue de constituer un nouveau gouvernement». Aussi, il relèvera les difficultés trouvées dans l'installation des structures de la nouvelle APN avec, notamment, le refus du PT et du FFS de siéger dans le bureau et de présider des commissions. Une véritable crise politique qui ne dit pas son nom et dont la dépassement résiderait, selon le patron du FAN, dans l'intervention plus que souhaitable et salutaire du président de la République en vue d'annuler les résultats de ces législatives et de dissoudre cette Assemblée illégitime et de s'engager dans une période de transition à même de déblayer le terrain pour une véritable perspective démocratique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M K
Source : www.lesoirdalgerie.com