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Diversification de l'économie algérienne : L'Allemagne peut apporter une contribution



La Chancelière allemande, Angela Merkel, a achevé lundi en fin d'après-midi, une visite officielle en Algérie, à l'invitation du président de la République, Abdelaziz Bouteflika.La Chancelière allemande a été saluée à son départ à l'aéroport international Houari-Boumediene par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, accompagné de membres du gouvernement.
Lors de cette visite, MMe Merkel a été reçue par le président Bouteflika, et s'est entretenue avec M. Ouyahia avec lequel elle a animé une conférence de presse conjointe pour aborder les principaux dossiers de la coopération bilatérale et les questions régionales et internationales d'intérêt commun.
Cette visite, qui s'inscrit dans le cadre de la concertation bilatérale de haut niveau, "vient renforcer les relations d'amitié et de coopération qui existent entre l'Algérie et la République fédérale d'Allemagne, et qui connaissent un développement appréciable dans tous les domaines, illustrées notamment par les nombreuses visites échangées entre les hauts responsables de part et d'autre", avait indiqué la présidence de la République.
Cette rencontre au sommet a constitué "une opportunité nouvelle" pour les deux parties de poursuivre au plus haut niveau des deux Etats, la concertation et la réflexion engagée de longue date sur la promotion et l'affinement du dialogue politique bilatéral, ainsi que la mise en perspective d'un partenariat bilatéral économique et commercial important, appelé à s'élargir et s'approfondir au cours de la période à venir.
Les deux parties ont procédé, également, à un échange de vues autour des grandes questions d'intérêt commun, en particulier la crise en Libye, la question du Sahara occidental, la situation au Mali et dans la région du Sahel, ainsi qu'au Proche-Orient, et à une concertation sur les questions globales comme la migration et le terrorisme transfrontalier.

Les efforts de l'Algérie en faveur de la paix et de la sécurité salués
De son côté, la chancelière allemande a salué le rôle de l'Algérie en faveur de la paix et de la sécurité dans la région, notamment au Mali et en Libye.
"L'Algérie qui est le plus grand pays d'Afrique de par sa superficie, partage plus de 6.000 km de frontières avec les pays du voisinage qui connaissent des problèmes d'ordre sécuritaire", a-t-elle indiqué, mettant l'accent sur ses efforts dans le processus de réconciliation au Mali et dans le règlement de la crise en Libye.
Mme Merkel a affirmé que son pays partageait la position algérienne concernant le règlement de la crise libyenne par les Libyens eux-mêmes sans aucune ingérence étrangère.
"Il est dans l'intérêt de l'Algérie et de l'Allemagne que le conflit libyen soit résolu, car il s'agit de recouvrer la paix et la sécurité dans ce pays voisin de l'Algérie et proche de l'Europe", a-t-elle ajouté.
La chancelière allemande a en outre exprimé sa satisfaction quant au travail accompli par l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, l'Allemand Horst Kohler, et qui est jugé de "façon très positive".
Par ailleurs, elle a qualifié de "très constructifs" ses entretiens avec M. Ouyahia, soulignant à ce propos que l'Algérie et l'Allemagne entretiennent un "partenariat étroit" dans divers domaines.
Dans le domaine de la défense, la chancelière allemande a indiqué que les deux pays avaient établi une "coopération étroite et structurée" qu'ils veulent poursuivre, notamment dans la lutte contre le terrorisme.

Opportunités d'investissements
Les opportunités d'investissements dans les secteurs de l'industrie mécanique, de sous-traitance et de l'agriculture ont été présentées lundi à Alger lors d'un forum d'affaires algéro-allemand, tenu dans le cadre de la visite officielle à Alger de la Chancelière allemande, Angela Merkel.
Lors de son intervention, le directeur du développement industriel et technologique auprès du ministère de l'Industrie et des Mines, Mustapha Abdelkrim, a expliqué d'abord la nouvelle politique économique de l'Algérie visant à promouvoir l'investissement productif.
L'industrie est appelée à jouer un rôle important au titre de cette nouvelle vision économique "qui s'appuie, entre autres, sur le partenariat étranger", a-t-il affirmé en relevant que la filière automobile constitue une des filières sur lesquelles repose la politique de diversification de l'économie nationale.
Cependant, a-t-il indiqué à la délégation allemande composée d'une quinzaine d'hommes d'affaires, l'Algérie ne vise pas le montage et l'assemblage des véhicules mais aspire à "asseoir une véritable industrie automobile".
Certes, a-t-il poursuivi, "le montage est un jalon nécessaire d'apprentissage mais la participation active au processus de fabrication avec un taux d'intégration progressif est l'objectif recherché". Selon lui, c'est la condition sine qua non du succès du "développement pérenne" de l'industrie automobile nationale.
A ce propos, il a soutenu que l'Etat était déterminé à mettre sur pied une véritable industrie automobile, d'autant que le parc automobile national, qui s'élève à plus de six (6) millions de véhicules, est appelé à se renouveler en mettant sur le marché le produit local et non pas celui importé.
M. Abdelkrim a, à ce propos rappelé que l'Algérie avait importé pour plus de 7,5 milliards de dollars de véhicules en 2012, se positionnant ainsi à la troisième classe à l'échelle africaine derrière l'Afrique du Sud et le Nigéria. A travers cette rencontre, le représentant du ministère de l'Industrie a invité les hommes d'affaires allemands à saisir les opportunités d'investissement offertes par ces filières industrielles à l'effet de développer un partenariat "mutuellement bénéfique", et ce, en conjuguant les atouts des deux pays dans l'optique de relever ensemble les défis économiques qui se posent actuellement.

Le secteur agricole, l'autre opportunité à saisir
Pour sa part, le Directeur des statistiques agricoles auprès du ministère de l'Agriculture et du Développement rural et de la Pêche, M'Hamed Tifouri, a mis en exergue les opportunités de partenariat et d'investissement dans ce secteur d'activité.
Soulignant que le secteur agricole algérien enregistre, ces dernières années, des avancées notables, M. Tifouri a précisé que la valeur de production nationale agricole s'était chiffrée à 27,94 milliards de dollars (mds usd) en 2017 dont 10,91 mds usd dans les plaines et le littoral, 6,32 mds usd dans les Hauts-Plateaux et 6,03 mds usd dans le sud du pays.
Evoquant devant la délégation allemande la stratégie du secteur agricole, il a indiqué qu'elle s'appuyait sur cinq axes dont le maintien des efforts de renforcement et d'élargissement de la base productive de la sécurité alimentaire, la poursuite de l'intensification intégrée des filières agricole et halieutique, le renforcement de la protection et de la préservation des ressources naturelles sans omettre l'adaptation des mécanismes d'appui et d'encadrement de la production nationale.
A travers cette stratégie, il est prévu, à l'horizon 2022, d'augmenter fortement la croissance moyenne de la production, de la surface agricole et de la superficie irriguée.
Il est également prévu de doubler les exportations des produits agricoles.
Selon lui, cette stratégie devrait permettre d'atteindre à l'horizon 2022 une production de 161 millions de quintaux (q) de légumes secs, de 67 millions de q de pomme de terre, de 6,3 millions de q de viandes rouges, de 4,3 milliards de litres de lait cru ainsi que la mobilisation de 300.000 m3/an de bois. Ainsi, vu tous ces enjeux, "les entreprises allemandes devraient en profiter et contribuer au développement agricole algérien", a souligné M. Tifouri.
Il a, à ce titre, fait part de plusieurs opportunités d'affaires en amont agricole dont la mise en valeur des terres agricoles, le développement des fermes intégrées, de la mécanisation agricole et des systèmes économiseurs d'eau.
L'aval agricole offre, quant à lui, diverses opportunités telle la valorisation des productions dans les filières des viandes rouges, blanches, de produits maraichers, lait et fruits.
Il y a également la valorisation des produits de terroir (datte, olive de table, figue...) ainsi que le développement des capacités de stockage sous-froid.
Présent à cette rencontre, le vice-président de la Chambre algérienne de commerce et d'industrie (Caci), Riad Amour, a invité les entreprises allemandes à s'engager davantage en Algérie pour l'émergence d'une ère de coopération gagnant-gagnant devant offrir de nouvelles opportunités de coopération et corriger le déséquilibre commercial existant entre l'Algérie et l'Allemagne qui s'est élevé à 2,9 milliards de dollars en 2017, en défaveur de l'Algérie.

L'Allemagne peut apporter une contribution"
L'Allemagne peut apporter une "contribution" à la diversification de l'économie algérienne, hors hydrocarbures, a indiqué la Chancelière allemande.
S'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, Mme Merkel a fait savoir que l'Algérie, dont les revenus dépendent essentiellement des hydrocarbures, a dû parcourir un "chemin difficile", au cours des dernières années, sous l'effet de la baisse des prix du pétrole, avançant que son pays pouvait apporter une "contribution" dans la diversification de l'économie algérienne.
Mme Merkel a, dans ce sens, souligné que les deux pays avaient créé un partenariat dans le domaine de l'énergie, affirmant que l'Algérie et l'Allemagne pouvaient "encore faire davantage de progrès".
Selon elle, le partenariat algéro-allemand nécessite une "société civile ouverte" pour que la jeunesse des deux pays "puisse apporter sa créativité".
La chancelière allemande, Angela Merkel, a entamé lundi une visite officielle d'une journée en Algérie, à l'invitation du président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Cette visite, qui s'inscrit dans le cadre de la concertation bilatérale de haut niveau, "vient renforcer les relations d'amitié et de coopération qui existent entre l'Algérie et la République fédérale d'Allemagne, et qui connaissent un développement appréciable dans tous les domaines, illustrées notamment par les nombreuses visites échangées entre les hauts responsables de part et d'autre", avait indiqué la présidence de la République dans un communiqué.

Une vingtaine de dossiers de partenariat en discussion
Une vingtaine de dossiers de partenariat, dans le domaine économique, sont "en cours de discussions" entre l'Algérie et l'Allemagne, a annoncé M. Ouyahia.
M. Ouyahia a fait savoir que les deux pays sont déterminés à concrétiser un grand nombre de ces dossiers de partenariat, objet de discussions.
Dans sa réponse à une question sur le "faible" apport de l'Allemagne sur le marché algérien, qui connaît un "certain monopole", le Premier ministre a indiqué que ce pays européen est au contraire "très présent" en Algérie, réfutant l'existence de tout genre de monopole de la part d'autres pays. L'Allemagne, a-t-il poursuivi, est le troisième partenaire de l'Algérie.
Les échanges commerciaux entre les deux pays avoisinent les 4 milliards de dollars annuellement.
Sur le plan investissement, M. Ouyahia a relevé que l'Allemagne avait contribué dans la relance de l'industrie mécanique en Algérie, rappelant que la dernière décennie avait vu la participation de grandes firmes allemandes dans la concrétisation de projets de construction de véhicules légers et lourds, dans différentes régions du pays.
Il avait indiqué, au début de la conférence de presse, que sa séance de travail avec la chancelière avait permis, aux deux parties, de "manifester une forte volonté à aller de l'avant, notamment en matière de coopération économique", précisant qu'"il existe déjà plus de vingt partenariats qui fonctionnent et nous en ferons d'autres".
Les gouvernements des deux pays sont "déterminés" à accompagner la dynamique marquant leur coopération économique, a-t-il souligné.
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