Alger - Revue de Presse

Disparus: des accusations et des réponses



Le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) et «SOS Disparus» ont dénoncé, hier, dans une déclaration commune, des «pressions exercées par les autorités... sur les familles de disparus» pour les contraindre à effectuer des «démarches allant à l?encontre de leur droit à la vérité et à la justice».Selon les deux associations, les familles qui refusent de faire des démarches pour leur indemnisation sont régulièrement harcelées par les éléments des forces de sécurité et les tribunaux.«Les familles qui n?ont, conformément à leurs droits les plus fondamentaux, pas voulu effectuer ces démarches, ont reçu la visite de gendarmes à leur domicile ou ont été convoquées soit par la gendarmerie, soit par la police, soit par les tribunaux», précise le CFDA qui dénonce le recours à ces convocations et visites comme moyens de pression pour les contraindre à établir des constats de disparition. Il ajoute que les autorités sont allées même jusqu?à adresser des mises en demeure émanant du wali et notifiées par huissier de justice aux familles. Pour le CFDA, ces «manoeuvres innommables», visent à intimider les familles dans le but de «boucler», expéditivement, le dossier des disparus.«Il est, certes, plus aisé d?intimider des familles que de mener de véritables enquêtes visant à la localisation des disparus et à faire la vérité sur tous les cas de disparition», signale le Collectif qui ajoute que la réconciliation n?est qu?un «leurre instrumentalisé» par les autorités pour «brimer la population algérienne et la laisser dans l?ignorance de ses droits et libertés». Le CFDA affirme que «les familles de disparus déterminées à faire la vérité sur le sort de leurs proches refusent de céder à la pression... de déclarer leurs disparus morts». «Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants!», lance le Collectif, tout en exhortant les autorités à «cesser toutes manoeuvres à l?encontre des familles et de mettre tout en oeuvre pour que les Vérité et Justice soient faites au nom de toutes les victimes».Avant de conclure, le Collectif a appelé le gouvernement à créer une commission Vérité pour aboutir vraiment à la réconciliation et à une paix durable.Contacté, à ce propos, M. Azzi Merouane, président de la cellule d?assistance judiciaire de mise en oeuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, a démenti l?existence de pressions ou d?intimidations des familles de disparus.«Il n?y a pas de pression, au contraire nous avons des familles qui se présentent actuellement au niveau de notre cellule pour demander notre assistance pour avoir des constats de disparition», affirme notre interlocuteur. Il précise que les familles qui refusent d?accepter les indemnisations, ont été effectivement contactées par les autorités, mais seulement pour les informer de l?approche de la fin des délais de l?application des démarches pour l?indemnisation. «Les délais d?application des procédures d?indemnisation, fixés à février 2007, ont été largement dépassés et c?est pourquoi ces familles ont été contactées pour bénéficier de leurs droits et fermer définitivement le dossier des indemnisations des disparus. Ces familles ont deux choix: soit elles acceptent d?être indemnisées soit elles n?auront rien», souligne notre source tout en affirmant que l?Etat ne demande pas à ces familles d?oublier leurs enfants, mais veut seulement leur donner leurs droits à l?indemnisation.Concernant le dossier des indemnisations, notre interlocuteur signale que sur une première liste de 6.400 disparus près de 5.600 familles ont été indemnisées, alors que les 800 autres sont en train de mener les procédures nécessaires. «Certaines de ces familles ne disposent pas de constats de disparition, alors que d?autres n?ont toujours pas réussi à avoir des décisions de justice», explique notre source.
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