
Jeudi soir, le cinquième round du dialogue intermalien inclusif à Alger sous la médiation de l'Algérie mandatée par les parties concernées et la communauté internationale a donné lieu à une encourageante avancée qui a été la signature d'un accord de cessez-le-feu par tous les participants. Cet accord est la traduction que ses contractants se sont rendus à l'exhortation qui leur a été faite à l'issue de leur précédente rencontre qu'il leur fallait mettre un terme aux confrontations opposant sur le terrain leurs partisans respectifs. Il ne pouvait en effet être espéré que le dialogue d'Alger s'achemine sur un accord global de réconciliation et de paix si la situation au Nord-Mali demeurait marquée par des tensions et des violences dont les protagonistes se rejettent la responsabilité.La question maintenant est de savoir si l'accord de cessez-le-feu signé à Alger sera pleinement respecté sur le terrain. Elle se pose d'autant que si les deux camps qui négocient à Alger la paix pour le Mali ont manifestement la volonté d'aboutir à cette solution de la crise nationale malienne, il leur faut néanmoins compter avec leurs extrémistes respectifs qui remettent en cause les fondamentaux constitutifs du cadre du dialogue tels qu'énoncés par la communauté internationale et acceptés par les deux parties maliennes représentées à Alger.L'opposition au dialogue ou du moins à ce qu'il vise à réaliser, s'exprime dans le camp des groupes politico-militaires du Nord-Mali par des scissions en leur sein conduites par des acteurs mus par la crainte qu'un accord de paix entraînerait la fin de leur influence sur les populations du Nord-Mali et des dividendes qu'ils en tirent. Dans celui du gouvernement de Bamako, elle est le fait de milices locales dont il a encouragé la création et qui sous couvert de la défense de la souveraineté de l'Etat malien sur le nord de son pays, cherchent en réalité à assouvir les mêmes ambitions glauques que celles qu'ils attribuent à ceux qu'ils combattent. Un accord précédent de cessez-le-feu visant à arrêter la confrontation armée entre les protagonistes maliens de la crise a, rappelons-le, été signé par eux le 24 mai dernier sous la houlette du président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz en sa qualité de président en exercice de l'Union africaine. Il n'a pas résisté aux surenchères et aux man?uvres des extrémistes des deux camps.Il appartient aux parties dont les représentants négocient à Alger à faire la démonstration qu'elles ont l'autorité de faire respecter l'engagement auquel elles ont souscrit. Cela est impératif car les extrémistes de leur bord respectif travaillent pour la réalisation d'un agenda politique à la crise malienne qui n'a rien à voir avec celui que se sont fixé les initiateurs du dialogue intermalien inclusif d'Alger et les forces qui y participent. L'accord de cessez-le-feu signé jeudi est un bon signe. Ceux qui ont convenu de l'endosser doivent maintenant aller plus loin et plus vite vers l'adoption d'un accord global de paix et surtout s'entendre sur comment travailler ensemble à le faire respecter.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com