
Habib EssidL'Algérie a, depuis l'indépendance, choisi de seconder la Tunisie, en toutes circonstances, multipliant les aides sous toutes les formes, appuyant les créations d'entreprises mixtes frontalières, consentant des appuis financiers périodiques et fermant pudiquement les yeux sur une contrebande multiforme...Le chef du gouvernement tunisien, Habib Essid, effectue une visite de travail de deux jours en Algérie en vue de coprésider les travaux de la 20e session de la Grande commission mixte algéro-tunisienne.La rencontre Sellal-Essid doit être sanctionnée par la signature de plusieurs accords de coopération et permettre de «procéder à une évaluation des relations bilatérales dans les domaines politique, sécuritaire, économique et social», selon les termes du communiqué des services du Premier ministre.Mais elle sera également mise à profit pour aborder «un certain nombre de questions d'intérêt commun liées à l'évolution de la situation sous-régionale».Jusque-là, rien de nouveau dans la thématique d'une rencontre somme toute ordinaire entre deux pays qui ont une longue tradition de solidarité et de coopération quand bien même mutuellement déséquilibrée.Car l'Algérie a, depuis l'indépendance, choisi de seconder la Tunisie, en toutes circonstances, multipliant les aides sous toutes les formes, appuyant les créations d'entreprises mixtes frontalières, consentant des appuis financiers périodiques et fermant pudiquement les yeux sur une contrebande multiforme au profit du peuple frère, une contrebande qui touche aussi bien les hydrocarbures que les produits subventionnés dits de première nécessité que les trabendistes transportent par semi-remorques entières à travers les mailles volontairement ignorées du filet sécuritaire.Et c'est précisément en ce domaine que l'Algérie a apporté son plus grand soutien, offrant non seulement sa coopération, mais aussi et surtout sans lésiner sur les moyens nécessaires pour prévenir la menace terroriste qui risque d'affecter les deux pays.Le problème est que la réponse des autorités tunisiennes, depuis les trois dernières années, n'est guère à la hauteur de la sincérité qui guide les autorités algériennes.Il y a de cela quatre mois, le Premier ministre tunisien était à Alger, discourant sur les relations fraternelles qui unissent les deux Etats mais ne soufflant mot sur les intentions du nouveau président, Beji Caïd Essebsi qui s'envola peu après pour les Etats-Unis.Peu après, ce sera le premier coup porté à une longue tradition de concertation et de confiance bilatérales, avec l'annonce d'une possible base militaire américaine en Tunisie, même si celle-ci devait ensuite rester lettre morte pour céder place à l'installation de drones d'attaque «destinés à surveiller le Sahel».Aussi surprenante que l'annonce de la rupture des relations diplomatiques avec la Syrie commise par l'ancien président Merzougui, cette démarche de BCE avait de quoi laisser perplexes les responsables algériens.Surtout que, peu de temps après, l'ancien président français Nicolas Sarkozy profitait de l'invitation du parti Nidaa Tounès pour proférer des commentaires de mauvais augure sur l'Algérie, sans que cela ne froisse qui que ce soit dans le sérail tunisois.Et pour cause, dans les semaines qui suivent, le ministre de l'Intérieur pointera du doigt la menace terroriste qui viendrait de l'Algérie voisine, mettant en péril une terre tunisienne où «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil».Un comble quand on sait que des milliers de jeunes Tunisiens et Tunisiennes payent le tribut du sang au sein des groupes de l'Etat islamique, d'Al Qaîda et d'autres, leurs familles recevant des salaires en guise de compensations.Que dire en outre des nombreuses promesses que Tunis a reçues de la part des Etats-Unis, où le Sénat a rejeté les propositions financières du président Obama, ainsi que de l'Union européenne dont les offres généreuses sont demeurées au stade des voeux pieux...Le choix de l'Algérie, faut-il le rappeler, transcende les hommes et les gouvernements car il existe un lien historique entre les deux peuples qui, sans être dupes, n'obéissent ni aux contingences ni aux visées à court terme, comme ils l'ont montré déjà en maintes circonstances.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com