
Des centaines de policiers protestataires se sont rassemblés très tôt dans la matinée de mercredi devant le siège de la Présidence de la République. Ils refusent de discuter avec des émissaires et demandent à être reçus par de hauts responsables de l'Etat.Le mouvement de protestation sans précédent lancé par les policiers des unités républicaines de sécurité (URS), s'est déplacé ce du Palais du gouvernement vers le siège de la Présidence de la République. Plus d'un millier de policiers ont observé un rassemblement devant le palais d'El Mouradia en scandant les mêmes slogans exigeants le départ du général Abdelghani Hamel, patron de le Direction générale de la sureté nationale (DGSN).Les policiers avaient passé la nuit de mardi à mercredi devant le Palais du gouvernement, en attente d'être reçus par le ministre de l'Intérieur Taied Belaiz, lui-même en déplacement à Ghardaïa d'où est partie la vague de colère des hommes en bleu.Selon des journalistes présents devant le siège d'El Mouradia, les policiers ont refusé de discuter avec des émissaires envoyés venus de la Présidence, exigeant d'être reçus par de hauts responsables de l'Etat.La sécurité du match Algérie-Malawi assurée par les gendarmesDes policiers protestataires ont affirmé que leurs collègues des URS déployées aux alentours du stade Tchaker de Blida pour sécuriser le match retour de qualification à la CAN entre l'Algérie et le Malawi, ont décidé de se joindre à la protestation. La sécurité sera assurée par des escadrons de la gendarmerie nationale dépêchés sur place.Les policiers semblaient déterminés à obtenir la tête de leur premier responsable, le général Hamel, dont la gestion jugée « militariste » de la sureté nationale était contestée en sourdine dans les rangs de la corporation. Depuis sa nomination à la tête de la DGSN par le Président Bouteflika, le général-major Abdelghani Hamel dirige l'institution d'une main, une façon de marquer son autorité sur la Police nationale. Des policiers interrogés par Maghreb Emergent se sont plaints de la forte pression exercée « aussi bien par la hiérarchie que les missions de maintien de l'ordre où les policiers des URS sont de plus en plus sollicités ». Ils citent l'exemple des contrôles médicaux pour les congés de plus de 15 jours, « où les policiers doivent se déplacer à Alger pour qu'ils soient validés, même si leur lieu d'affectation est à Tamanrasset. »Lame de fondMais derrière ce mouvement qui sonne comme une mutinerie contre un régime dont la force reposant essentiellement sur son appareil répressif, les policiers entendent exprimer des revendications socioprofessionnelles basiques. « Ce sont les URS qui font le sale boulot quant il s'agit d'aller à la matraque mais ce sont aussi les moins payés de la Police, » confie notre source. « Je ne sais pas s'il y a manipulation ou pas mais ce que je peux dire, c'est que ces policiers ont ras le bol de voire des responsables beaucoup mieux payés qu'eux et qui ne sortent même pas de leur bureau. »Les policiers manifestants exigent aussi le droit de constituer un syndicat pour porter leurs revendications, une vieille revendication balayée par le défunt DGSN, Ali Tounsi et que le général Hamel ne semble pas disposer à accepter.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Maghreb Emergent
Source : www.maghrebemergent.info