Le foncier à M'doukal, commune de la daïra de Barika, est devenu, en l'espace de quelques années, la poule aux 'ufs d'or. De nombreuses personnes de la localité se sont rapidement enrichies, acquérant des biens immobiliers imposants. Du coup, le blanchiment d'argent bat son plein dans cette paisible contrée de l'Algérie.
M'doukal est une belle oasis qu'un projet du département de l'agriculture tente, semble-t-il, de réhabiliter pour sauver la palmeraie locale en dépérissement. Mais M'doukal serait aussi le fiefs de La Kahina où des vestiges datant de son époque auraient été dénaturés par la mafia foncière locale en raison de leur appétit monstrueux de terrains. L'un des vestiges le plus important de la localité est Ksar El-Moulouk et Hammam El-Kahina que la mafia locale a effacé de la carte avec la complicité avérée de membres de la précédente APC. Aux dernières nouvelles, l'Unesco tente toujours de classer le site archéologique de M'doukal en site mondial intouchable, c'est-à-dire reconnu et protégé. Ce processus aurait du mal à se concrétiser. Un classement retardé par des lenteurs administratives du côté algérien. Pourtant, le berceau de La Kahina de M'doukal mérite un meilleur sort. L'on se demande où est la mission de protection des sites archéologiques et vestiges historiques par rapport aux gourmandises sans limites de la mafia du foncier sévissant à M'doukal. Les citoyens de cette localité regrettent d'ailleurs l'absence de l'Etat dans ce patelin qui a vu naître l'acteur Othmane Ariouat (Carnaval Fi dachra) et l'ex-sociétaire de l'équipe nationale de football, Mustapha Kouici. C'est cette absence de l'Etat dans cette contrée semi-désertique de la région de Barika, connue par des trafics impossibles, qui a favorisé voire encouragé le pillage du patrimoine. L'on évoque à M'doukal la «bande» des 40 voleurs dont certains responsables de la précédente Assemblée communale. Il y a dans ce chef-lieu de commune des terrains agricoles qui ont été délibérément maintenus en jachère pour des buts inavoués de mainmise foncière. M'doukal, une preuve du dépérissement de l'Etat La famille Aris Tewfik, parce qu'elle vit à Alger, a été victime d'un détournement de ses terres privées par le moyen de falsification de pièces administratives «officielles» par les mafia du foncier. Cette dernière s'est même fait aider ' comble de l'absurde ' par un homme muet et malentendant comme témoin à charge dans une affaire foncière judiciaire. Aris Tewfik, qui lutte avec courage depuis des années pour récupérer le patrimoine foncier de la famille qui a été détourné et en tentant de protéger ce qu'il en reste , a échappé à un traquenard qui aurait pu lui coûter la vie. Son véhicule personnel a été incendié par des mafieux à travers leurs hommes de main parce qu'ils lui en voulaient. Cet acte avait pour but de détruire par le feu tout document officiel authentique se trouvant à l'intérieur du véhicule. Le miracle, c'est le fait qu'il a eu la vie sauve. Il a sollicité le président Bouteflika pour l'envoi d'une commission d'enquête et d'investigations. Mais il semble que la République fait la sourde oreille. A M'doukal, le cimetière de Coudiat, sous terre, a vu son entrée camouflée par de grosses pierres et de la terre dans le but d'effacer les traces de son existence. Une construction illicite y a été érigée par la suite sur le terrain avec en sus l'installation d'un relais téléphonique, et ce, à l'intérieur même de cet ancien cimetière. Un autre cimetière, très ancien, a été lui aussi effacé. Les restes des morts ont été transférés vers un lieu inconnu. Le terrain a été reconverti en souk pour quelque temps puisque l'activité a été par la suite supprimée. Quant au cimetière Er-Rabt, qui revêt un caractère historique, selon les citoyens, il est devenu une route reliant la commune de M'doukal à celle de Béni Srour. Encore un autre cimetière qui a trinqué à son tour, c'est celui du saint Sidi El-Hadj, lequel a été remplacé par une mosquée, une route et des conduites d'égouts. Aucun respect pour les morts, aucune pitié pour les vivants. Ces dépassements et bien d'autres aussi ont meublé la vie des gens à M'doukal où la dérive mentale guette le citoyen lambda, les pauvres gens livrés à eux-mêmes dans une faune d'insatiables et de cyniques. Mais les scandales fonciers commis ont l'air d'être soigneusement étouffés par ceux qui, comme par enchantement, sont devenus archi- milliardaires sans que l'Etat central ne s'en émeuve ou lève le petit doigt. Ainsi, un patrimoine public d'une valeur historique et archéologique, en l'occurrence le Ksar El-Moulouk, et le hammam de La Kahina a été complètement dénaturé et dévié de sa vocation. Des biens fonciers appartenant à la famille de Aris Tewfik ont été détournés par des procédés criminels. A M'doukal, c'est l'image désolante du dépérissement de l'Etat. «Pleure ô pays bien aimé», écrivait le Sud-Africain Alan Paton.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Benbelgacem
Source : www.lnr-dz.com