La Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) vient de lancer une alerte. Elle dénonce le refoulement par les autorités de plusieurs demandeurs d'asile de nationalités syrienne, palestinienne et yéménite, qui ont été abandonnés dans le désert du Niger.«La LADDH apprend que plus d'une cinquantaine de personnes, en majorité des Syriens, auraient été refoulées vers le Niger les 25 et 26 décembre 2018. Ce refoulement vers la frontière aurait été effectué par bus avec l'implication des éléments du Croissant-Rouge algérien», dénonce l'organisation que préside Noureddine Benissad, dans un communiqué rendu public hier.
Précisant que le groupe est composé aussi de Palestiniens et de Yéménites, la LADDH affirme que parmi les personnes expulsées, il y a aussi des femmes et des enfants, dont une femme enceinte à son neuvième mois, qui étaient en rétention dans le centre de Tamanrasset depuis plus de deux mois.
«D'après le témoignage d'un ressortissant syrien, avec lequel nous avons pu entrer en contact brièvement, le groupe se trouve livré à lui-même et souffre du froid et de la faim. Un homme adulte a poursuivi le chemin seul et son sort reste inconnu», explique la LADDH, précisant que «ces réfugiés se disent être en danger de mort».
Selon le même communiqué, les ressortissants syriens sont rentrés en Algérie, durant le mois de septembre dernier via la frontière algéro-malienne. «Ils se sont présentés aux services de sécurité algériens dans le but de trouver protection. Ils ont été placés dans le centre de rétention après avoir été condamnés par un tribunal à trois mois de prison avec sursis pour entrée illégale sur le territoire national.
Durant leur rétention, ils auraient eu la visite d'un représentant du Haut-Commissariat aux réfugiés, dont le siège est à Alger», rappelle l'organisation, dénonçant le refoulement des demandeurs d'asile, venus en Algérie pour chercher protection.
«Cet acte est une violation délibérée de la Convention de Genève sur les réfugiés ratifiée par l'Algérie. Le refoulement de femmes enceintes et d'enfants dans de telles conditions constitue une violation multiple des différentes conventions internationales ratifiées par l'Algérie et peut être qualifié de crime au regard du droit international», souligne la LADDH.
Ce faisant, la Ligue interpelle les différentes parties concernées, à savoir les autorités algériennes, l'Etat du Niger, le HCR et l'OIM, «pour intervenir et apporter assistance à ces personnes se trouvant en détresse absolue, quelque part entre l'Algérie et le Niger».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Madjid Makedhi
Source : www.elwatan.com