Alger - A la une

Des rencontres budgétivores sans résultat ASSISES NATIONALES, COLLOQUES, SEMINAIRES...



Concertations, réflexions, recommandations sont autant d'outils dégagés, mais le résultat se fait désirer sur le terrain. Ni développement, ni stratégie, les secteurs sont toujours au point mort.
On échoue puis on recommence. Le gouvernement n'a pas, apparemment, tiré les leçons du passé. Les ministres adaptent pratiquement les mêmes méthodes et réflexes déjà expérimentés. Le «rituel» des assises nationales est devenu une constante. La dernière «nouvelle» émane du ministre du Tourisme et de l'Artisanat, Mohamed Benmeradi, qui a annoncé dimanche dernier à Alger, la tenue d'Assises nationales les 14 et 15 avril prochain, pour examiner les moyens à même de promouvoir le tourisme national à l'horizon 2025. M.Benmeradi a précisé que les Assises nationales du tourisme seront consacrées à l'examen de la possibilité de soutenir l'investissement touristique, notamment local et les moyens d'améliorer la qualité des prestations et le développement du tourisme local ainsi que la destination Algérie. Or, ce n'est pas la première fois que le secteur organise une telle manifestation. En 2008, des Assises nationales et internationales ont été organisées sur le schéma directeur d'aménagement touristique. Plus de 3000 participants (opérateurs, organismes et institutions publiques et privées, investisseurs, experts, chercheurs et universitaires, formateurs, bureaux d'études, mouvement associatif et élus locaux...) ont pris part aux travaux. Des ateliers thématiques avec des professionnels en la matière ont été tenus sur entre autres, la valorisation de la destination Algérie, mais en vain. Rien n'a changé sur le terrain.
Ces assises n'ont apporté aucun plus au secteur. Preuve en est que l'Algérie est loin d'être une destination touristique qui concurrence le Maroc et la Tunisie. Pire encore, ni le produit, ni les prestations de service et encore moins la culture et la promotion touristiques n'ont été valorisées pour donner un nouveau souffle à un secteur aussi stratégique. Bien au contraire, la situation se dégrade d'année en année. A quoi servent alors ces assises' Depuis 2007, tous les secteurs ont tenu des assises nationales.
De l'agriculture, à l'industrie en passant par l'habitat, l'emploi, la santé aucun secteur n'a fait l'exception à la règle. Même la société civile a fait l'objet d'assises. Plus de 1000 représentants de la société civile, députés locaux et responsables de l'exécutif de l'ensemble des wilayas (départements) se sont réunis au Palais des nations à Alger dans le cadre des Assises nationales sur le développement local, dont les recommandations dégagées seront introduites dans le programme national des réformes pour application. Les exemples des rencontres se multiplient. Concertations, réflexion, recommandations sont autant d'outils dégagés, mais le résultat se fait désirer sur le terrain. Malgré les budgets consistants déboursés dans ces rencontres, les secteurs continuent à naviguer à vue. L'exemple phare qui illustre parfaitement l'échec de cette politique budgétivore est celui de l'industrie. Faisant l'objet de débat pendant plusieurs années, l'industrie souffre d'absence de stratégie. Son apport dans l'économie nationale est très faible pour ne pas dire insignifiant. «Avec une moyenne de croissance économique qui est de 0,8% et une participation industrielle qui ne dépasse pas les 5%, nous devons relancer notre industrie», a déclaré le ministre Chérif Rahmani qui estime que la relance de l'industrie est une urgence.
Ce que l'on constate est que chaque nouveau responsable qui vient ne ramène pas un nouveau souffle au secteur. Les réalisations demeurent toujours au stade de déclarations. Au lieu de s'atteler aux rencontres des salons, il serait mieux d'aller directement sur le terrain pour connaître la réalité des choses et surtout opérer un suivi régulier des projets.
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