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Des recettes chinoises pour soigner l'économie algérienne



Des recettes chinoises pour soigner l'économie algérienne
Le modèle économique chinois fait cas d'école vu ses performances exceptionnelles. Il y a des leçons à en tirer pour les algériens peuvent en tirer des leçons, estime l'économiste Xavier Richet notamment pour le partenariat public/privé, le financement de l'économie et la politique des IDE.
Pour Xavier Richet, professeur d'économie à l'université Sorbonne nouvelle, les Algériens peuvent s'inspirer de l'expérience chinoise en matière de politique économique. Il est question, en premier lieu, de « connecter » le secteur administré avec les PME privées. Il s'agit de mettre les entités de ces deux secteurs en concurrence, comme il est le cas dans l'empire du milieu. En revanche, l'Etat algérien a le seul souci de protéger ses entreprises au détriment des sociétés privées. Il estime que l'Etat doit aussi faire preuve de plus de compréhension vis-à-vis de ses managers en les « autorisant à faire faillite ». L'autre élément à copier des Chinois à trait au financement de l'économie. Les banquiers algériens « n'ont pas la notion du risque » alors qu'en Chine, les « mauvaises dettes » représentent un tiers des avoirs des entreprises. Concernant la politique des IDE, l'Algérie fera mieux de revoir sa batterie de conditions d'accès au marché. Les investisseurs étrangers vont en Chine parce que les barrières à l'entrée au marché sont « basses », a indiqué l'économiste au think-tank «Défendre Liberté » organisé par le journal Liberté et l'Ecole national supérieure de management (ENSM).
Renault pas pressé et mise sur une relance de l'UMA
Xavier Richet a estimé par ailleurs que l'option du rachat des entreprises ne va pas forcément garantir un bon niveau de transfert du savoir-faire. Quand le chinois Geely a acheté Volvo, il s'est assuré de la disponibilité d'ingénieurs et de techniciens qualifiés dans le domaine de l'industrie automobile. Geely compte d'ailleurs mettre en place trois usines de fabrication de voitures Volvo haut de gamme dans différentes provinces. Ce qui n'est pas le cas pour les Algériens si un jour ils envisageraient de s'offrir une firme spécialisée dans l'industrie automobile, fait-il remarquer. Il a estimé, sur un autre plan, que Renault n'est pas pressé d'installer une usine en Algérie car il mise sur une redynamisation de l'UMA et la création d'un marché commun au Maghreb. Sans barrières douanières, le constructeur français n'aurait pas de raison d'ouvrir une seconde usine dans la région après celle inaugurée récemment à Tanger au Maroc. Renault adopte une stratégie régionale. L'usine de Pologne livre pour les pays de l'Europe de l'Est et même pour le sud de la France tandis que l'usine implantée en Angleterre couvre aussi le marché espagnol. Les constructeurs chinois de l'automobile peuvent venir s'y installer en Algérie car leur profitabilité en Chine est de moins en moins importante. Mais pour y arriver, il faudra que l'Algérie repense sa politique d'attractivité, souligne l'économiste.
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