Les praticiens de la santé, généralistes et spécialistes menacent de
descendre dans la rue, après la tenue d'une série de rassemblements nationaux
et régionaux, qui sont prévus à partir de mercredi prochain. «Nous envisageons
d'occuper la rue, avec nos blouses blanches et on ne reculera devant rien, même
si on est tabassés», a affirmé le secrétaire général du syndicat national des
praticiens de la santé publique (SNPSP), Lyès Merabet, lors d'un point de
presse animé conjointement, hier, avec le SG du syndicat national des
praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), à Alger.
Les deux syndicats en débrayage
«ouvert» depuis 3 et 4 semaines ont décidé à l'issue d'un conseil consultatif
avec leurs bases de poursuivre leur mouvement de grève et de durcir davantage
la protestation. Ils se sont mis d'accord pour organiser des rassemblements
nationaux et régionaux à travers le pays. Le premier rassemblement national se
tiendra mercredi prochain à l'hôpital Mustapha, à Alger. Parallèlement des
sit-in sont prévus le même jour à travers les grandes villes du pays, avec des
rassemblements régionaux. Le SG du SNPSP a affirmé que d'autres rassemblements
nationaux sont programmés, dans les prochaines semaines, l'un devant le palais
du gouvernement et l'autre devant la présidence de la République. Les
syndicalistes menacent de sortir dans la rue, si les pouvoirs publics
continuent à les ignorer.
Le Dr Yousfi du SNPSSP a confirmé
le soutien de quelques députés au mouvement de protestation. Des députés du
FLN, PT, MSP et du RCD seront parmi nous, lors du rassemblement à l'hôpital
Mustapha», a-t-il affirmé. Lyès Merabet enchaîne «jusque-là nous n'avons vu que
du mépris, provocation, négligence, pression, intimidation de la part de notre
tutelle». Il a fait également état des ponctions sur salaires décidées par le
ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière. «Des ponctions d'une
semaine ont été pratiquées sur les salaires des praticiens de la santé en grève
à Alger, à Dergana et à Médéa», a-t-il indiqué en ajoutant «il ne suffit pas
d'affamer les spécialistes de la santé pour mettre un terme à ce mouvement».
Selon lui, «rien ne pourra nous décourager, on est déterminés plus que jamais à
aller au bout de nos revendications».
S'agissant de la possibilité de
revoir «le service minimum» comme une forme de protestation, les deux syndicats
ont déclaré avoir opté pour son maintien pour les cas d'urgence et pour l'acte
de vaccination seulement. Lyès Merabet a expliqué qu'«en dehors de l'acte
vaccinal, on n'acceptera pas les consultations ou par exemple le traitement des
malades qui présentent des syndromes grippaux ou autres. On limitera notre
service minimum aux cas les plus urgents seulement».
Tout en dénonçant les réactions
et les déclarations de la tutelle sur le mouvement de protestation, Lyès
Merabet a lancé «vous dites qu'on est manipulés. Certes, on est manipulés par
des salaires de misérables et par l'absence de moyens qui nous garantissent de
vivre avec dignité». Le Dr Yousfi a regretté le fait que la tutelle ait opté
pour le pourrissement de la situation au lieu de prendre en charge sérieusement
les préoccupations majeures des véritables acteurs de la santé.
«Ailleurs, les praticiens
généralistes et spécialistes s'occupent de la santé, et nous on s'occupe des
conflits», a-t-il conclu.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Aziza
Source : www.lequotidien-oran.com