Alger - A la une

des projets plein le sac Gnawa Diffusion en concert au théâtre de verdure à Alger



En prévision des deux concerts qui seront donnés les 30 et 31 juillet prochains, au théâtre de verdure Laâdi Flici à Alger, le leader du groupe, Amazigh Kateb , a animé, dimanche après-midi, un point de presse à l'hôtel Sofitel.Cette rencontre amicale avec la presse nationale a permis au leader du groupe Gnawa Diffusion, Amazigh Kateb, de revenir sur certains sujets d'actualité qui lui tenaient à c'ur. Le chanteur et musicien a, d'emblée, indiqué qu'il était heureux de se produire dans son pays et que les deux dates de concerts organisés dans le cadre la sixième édition de Khaimetkoum, permettront de mieux ventiler le public. Amazigh Kateb reviendra sur la polémique qui a alimenté les médias marocains, concernant son soi-disant refus de porter le drapeau marocain, lors du Festival des Mawazzine, en mai dernier au Maroc. Il expliquera à ce propos qu'à la fin du concert, une jeune fille du staff et non un spectateur lui a offert des fleurs.
«Elle avait sur elle un drapeau marocain, certes, mais elle ne m'a tendu que les fleurs, que j'ai aussitôt offertes au public. A aucun moment elle ne m'a tendu le drapeau, à aucun moment je ne lui ai parlé. Vous pouvez vérifier par vous- mêmes, les images sont disponibles sur le web et en excellente qualité. Voilà comment la majorité des médias traitent et colportent l'information, sans vérification, sans authentification, sans scrupule, sans éthique et sans conscience. Il s'agit d'une aérophagie médiatique», explique-t-il sereinement.
Le conférencier révélera qu'un second incident est survenu après ce concert. Certains ont accusé Amazigh Kateb d'avoir plagié un texte qu'il avait déclamé en plein concert. Il s'agit d'un texte signé par un opposant marocain, Abdellah El Ourdane, du temps de Hassen II. Amazigh avoue qu'il a hérité de ce texte de son défunt père, mais qu'il ignorait son origine. Le leader du groupe est également revenu sur la séparation et la reprise du groupe Gnawa Diffusion. Le groupe avait besoin de se séparer pour mieux se retrouver. «Après avoir mené une vie en solo durant cinq années, je suis revenu au bercail. L'expérience de Gnawa Diffusion était mon laboratoire de musique. J'ai beaucoup appris, mais j'ai également beaucoup subi. Nous avons mis en commun nos expériences et nous avons vu que cela marchait comme au bon vieux temps.»
Concernant la décennie noire qu'a vécue le peuple algérien, l'orateur soutiendra que beaucoup de dégâts ont été faits et que depuis l'Algérien a du mal à faire confiance à autrui. Toute société, selon lui, a besoin de liens et d'homogéneité. Un autre sujet taraude l'esprit de l'artiste, celui des révoltions arabes. Il leur a d'ailleurs consacré une chanson, L'eau et le feu, dans son dernier album. Il soutiendra que le monde est en colère et qu'il existe une sincérité populaire. C'est parce que la révolution est permanente qu'il appelle à une révolution pacifiste.
«Je suis déçu par la confiscation de ces révolutions. C'est un véritable étau contre-révolutionnaire qui se referme un peu partout dans le Monde arabe, à l'image de la Turquie et du Mali. Nous ne serons pas maîtres des changements tant que nous ne nous impliquerons pas.» Amazigh Kateb soutient, qu'actuellement, on a l'impression de définir la musique gnawa comme une musique spirituelle et mystique, alors qu'elle a toujours été porteuse d'un message politique, abstraction faite du corps.
«C'est dangereux. Cela fait le jeu de l'intégrisme. Ce n'est pas parce qu'on porte un message politique qu'on n'est pas festif. La culture gnawa ne se réduit pas au mysticisme et à la transe. Les nombreux spectateurs qui viennent nous voir ne cherchent pas une mosquée. Cette mise en avant de l'aspect religieux du gnawa fait le jeu du Qatar et de l'impérialisme. Il est important de souligner que dans le gnawa, le public retrouve l'africanité et la mémoire de l'esclavage», argue-t-il.
En guise de conclusion, Amazigh Kateb annonce qu'il travaille sur un projet qui sera présenté l'année prochaine en Algérie. Ce projet portera sur la musique, le théâtre et la danse.
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