
Le procès commence à s'essouflerSuivre de sombres accusés mène à l'ennui, surtout que rien ne se dit...Mercredi 8ème jour du procès. Antar commence à 9heures précises. Il appelle Amghar dont l'avocat est en pleine circulation routière du côté de Khazrouna. Maître Nabil Benouaret, le supplée pour faire légal. Le fils de Akbou résidant à Bir Mourad Rais, Amghar, affirme avoir bossé 30 ans à la BNA. Après il a sillonné en qualité de cadre itinérant. «En 1998, j'ai eu une alléchante proposition de Khalifa, j'ai sauté sur l'occase. J'ai connu le tonton paternel de Khalifa qui m'a poussé à y aller. Sur place, j'ai retrouvé Kaci Ali avec qui j'ai travaillé à la BNA. J'ai trouvé normal de bosser avec un ancien. «Vous avez discuté avec Kaci'» «On m'a proposé 80.000 DA/an» outre les privilèges connus dans le secteur bancaire mondial demande Antar qui apprend que Amghar plus tard a vu son salaire augmenté de 20.000 DA.Maître Razika Dekouka entre. Ses talons résonnent sur la marche de la salle d'audience. «A la création de la filiale location de véhicules» on m'a chargé de la gérance et son siège se trouvait à Chéraga «fifty-fifty» selon les lois en vigueur «Et Brandesa'» demande le juge. Amghar dit que c'était le premier affecté à la Sarl à Paris où il y avait la représentation d'El Khalifa. Amghar l'ignore. Fidèle à sa ligne de conduite du premier jour, Antar est en pleine instruction minutieuse et donc il y a un trop-plein de questions souvent fastidieuses. Comme celle de: «Vous aviez exercé de quelle date à quand'» L'avocat de l'accusé, Maître Mahmoudi arrive, s'excuse et maudit l'embouteillage. Entre-temps Amghar se perd dans les questions du juge qui se reprend et s'étonne que son «arabe» ne soit pas compris par l'accusé à qui il dit sèchement: «Vous étiez responsable mais il y en avait un autre'» et comme pour faire l'équilibre. «Vous êtes un cadre formé, on avait besoin de vos compétences. Ce qui explique le prêt de 15 millions de dinars. Le juge semble agacé car il ne veut pas comprendre les démarches de la banque qui avait ses propres mécanismes. Ce qui a créé une foule de créditeurs et de débiteurs.Les vertes et les pas mûresL'accusé rappelle «qu'à l'installation de Djellab, le liquidateur m'avait dit que celui qui a des économies est le bienvenu dans la banque.» L'accusé tient tête à propos des prêts qu'il estime légaux. «Je suis un employé, je suis une garantie.»Antar s'énerve et parle tout seul: «J'ai l'impression de causer avec un étranger aux banques.»Le juge ne veut rien savoir: «Chaque prêt est obligatoirement accompagné d'un dossier solide. Amghar qui ne répond qu'en langue française tente de se faire comprendre et d'en finir.«A la fin d'année, il y a un bilan dans les prêts et mon nom y figure avec une autorisation écrite me permettant d'obtenir le milliard et demi de centimes» rumine l'accusé qui réaffirme «que la garantie est le salaire du demandeur et je certifie que le prêt m'a été accordé verbalement. Je ne peux pas m'établir l'échéancier, c'est l'affaire de l'administration du groupe. Le prêt m'a servi à acquérir un appartement à Khelifa Boukhalfa à Alger pour un milliard. Plus tard, Djellab a approuvé la démarche du remboursement.»Antar voulait arriver à ce que l'accusé avoue que si le liquidateur ne l'avait pas touché, il n'aurait jamais remboursé: Amghar serre la vis. Il se répète et cela devient agaçant comme interrogatoire au cours duquel nous apprenons que Si Amghar avait un logement de fonction de la BNA et un appartement à Hydra. Nous étions à la quarantième minute du procès...Dans le box, les accusés n'ont pas changé de place. Méziane Ighil Ali est toujours assis devant Rafik Abdelmoumen El Khalifa qui suit les vertes et les pas mûres subies par son groupe. Il faut dire que depuis le début du procès le 4 mai, Menaouar Antar le juge s'est rudement attelé à établir l'association de malfaiteurs. Maître Mériem Benouis, elle, circule de la salle d'audience au sous-sol où est abrité le bâtonnat. Antar abandonne l'arabe académique pour le dialectal. Il est mieux compris mais il s'entête à revenir à la «classique». Il rappelle à l'accusé que lui, Amghar avait laissé entendre que pour le prêt, il avait le O.K oral de Khalifa «Manque de pot il manquait l'écrit!» jette, rassuré le président. Il dit que rencontrer Khalifa était difficile, même pour le saluer. Il n'a pas de siège fixe. Il recevait les gens dans le premier bureau vide du siège. Amghar «partout il était chez lui!» coupe l'accusé qui devait répondre au juge à propos de qui s'occupait du secrétariat. Le juge demande à l'accusé de cesser de jouer au cachottier... Il ne saura pas dire qui était secrétaire particulière: «Elle servait tout le service et les cadres installés sur place!» martèle-t-il.«Dans ma fonction, je n'ai pas besoin de voir Khalifa qui n'est même pas de ma génération.» Le magistrat sursaute. L'accusé malmène cet immense juge qui a pourtant presque juré que c'était un interrogatoire pas un attrape-nigauds Il explique une énième fois qu'il ne saurait fixer le nombre exact d'employés ayant contracté un prêt et le montant! «Ça, entrait dans la catégorie de «prêts au personnel''» ajoute-t-il en précisant que «le taux est fixé par l'emprunteur mais dans notre cas, il n'y avait point d'intérêts».Voulant jeter l'accusé principal Rafik dans la gueule de l'accusation «usage de corruption», Antar demande à trois reprises si le P-DG Khalifa était au courant des prêts «Il y a une liste sur le bilan qui apparaît au grand jour!» répond Amghar qui est toujours debout à 10h en étant le premier accusé de la journée qui s'annonce longue, plus longue que celle du mardi jour de foot. Le Bayern attendait le Barça! Ah, même hier il y a eu le Real et la Juve et Antar est un fervent de Ronaldo! C'est autour de Maître Ali Meziane, l'avocat de la partie civile», de Mohammed Zerguerras, le procureur général et de son avocate Maître Mahmoudi de questionner Amghar, de plus en plus mal à l'aise, surtout lorsqu'on lui repose les mêmes questions autour des fameux prêts, ou bien l'origine des appellations El Khalifa Bank, K. Airways K.R.C. etc...Zerguerras, le parquetier serre les vis en déclarant haut et fort que K.L.V. i-e Khalifa Location Véhicules a été créée en vue de graisser les pattes des P-DG des entreprises publiques et privées les poussant à déposer leurs fonds au siège de Khalifa Bank.Le pauvre Amghar en était à ses deux heures d'interrogatoire serré, sévère sans concession. Flanquée de Siammour de l'Endimed avec un délit «sauvage» Maître Amina Issad, la lumineuse avocate de Boufarik, arrive sur la pointe des pieds par respect à l'audience et sourit à Maître Imen Oukebdane, la fille de la sublime Maître Fadhila et du remarquable Maître Mostefa Oukebdane trésorier du Conseil de l'Ordre de Blida et son bâtonnat.Nouredine Dahmani de Zéralda passe à la barre avec les mêmes chefs d'accusation que les précédents coaccusés.Bibliothécaire de formation, l'accusé raconte comment il est entré dans le groupe El Khalifa. Stewart à un moment de sa carrière, parlant trois langues à l'occasion, Dahmani a bossé 20 ans avec enfin chef de cabine et chef de secteur d'Air Algérie. Durant son interrogatoire, notre profonde conviction que la perte d'intérêt a eu lieu après les auditions de Rafik El Khalifa et Amor Rahal qui n'ont rien reconnu ni impliqué une quelconque haute personnalité «attendue» dans ce procès, qualifié «bêtement du siècle», si l'on considère que dans moins d'un mois, Sonatrach I va porter la casquette de procès «chaud», mais point révélateur de quoi que ce soit, considérant encore une fois, comme l'a répété à Souk Ahras, Aïn Defla, Sétif, Tipasa, qu'une personne citée n'est pas forcément inculpée car l'arrêt de renvoi balise le tout.Dahmani assure qu'il n'a jamais connu El Khalifa jusqu'au jour de son recrutement de directeur des fonctionnaires et employés. Puis, l'interrogatoire va s'enliser dans un paquet de questions dont les réponses devraient enfoncer El Khalifa, sa secrétaire entre autres. Auparavant, il explique longuement les modalités de recrutement du personnel.Antar est ébahi en apprenant que le casier judiciaire n'était pas exigé dans le dossier à fournir. «De 1999 à 2002, j'ai fait mon boulot dans les règles!», dit-il sans paniquer comme Amghar, malmené. Le président arrive lentement vers le but visé: faire parler l'accusé d'El Khalifa. On parle salaire à Air Algérie et ailleurs. Il a connu Mohand Arezki Amghar, Sid Ahmed Mir, Baïchi, Chikhaoui.Maître Mohamed Bouaïchaoui de Chéraga s'installe aux côtés de Maître Rabah Benguitoun, Maître Chabi Benouaret, alors que Maître Lezzar relit son gros dossier derrière Maître Feddag du Conseil de l'Ordre d'Alger, mal en point après une sale hémorragie nasale.A une question piège du magistrat, Dahmani dément avoir tenu des propos malveillants à l'encontre de ses collègues...La salle paraît avoir fait le plein avec le renfort des avocats venus bosser dans les salles d'audience voisines ou encore au tribunal mitoyen à la cour. Curiosité, quand tu nous tiens! Pendant les nombreux va-et-vient des gendarmes et policiers, vigilants comme au premier jour, Dahmani est lessivé par la (peut-être) 50e question tournant autour des demandes de prêts aux employés et à... lui-même évidemment, en précisant le montant du prêt réclamé et qui allait servir à la famille. «J'ai remis la demande dans l'avion Dubaï-Alger car c'était une occasion unique de l'avoir en chair et en os en m'invitant de m'adresser à l'agence d'El Harrach (Alger), c'était la catastrophe des inondations de Bab El Oued. Je pense qu'en me demandant de revenir dans deux jours, j'ai compris que le chef d'agence voulait être sûr que le patron était d'accord», articule le chef de cabine. Directeur des fonctionnaires qui a eu le temps de devancer le juge en signalant qu'à Air Algérie il avait obtenu 60.000 DA en présentant une simple demande manuscrite au sous-directeur. Effectivement, Antar avait encore parlé d'un dossier à fournir dans des cas pareils. Le magistrat va très lentement. Il semble penser terminer le procès le... 6 juin 2015, la veille de l'ouverture du procès Sonatrach I à Alger devant Mohamed Regad qui fait partie d'une autre race de juges du siège, à l'opposé de Menaouar Antar!Dahmani, lui, en est à l'ouverture d'un compte qui servira à recevoir le prêt demandé... «Sauf que ce prêt venait des caisses des entreprises d'Etat.» L'accusé est incapable de dire s'il peut se servir au sein de la propre caisse de Khalifa Airways, mais il affirme que «c'était un problème interne au groupe!». L'assistance attendra longtemps que Dahmani éblouisse le tribunal criminel par une tonitruante déclaration...Lakhdar Mimi, né en 1947, est poursuivi pour non-dénonciation de crime économique auprès du parquet. Comptable de formation puis expert en comptabilité, il est questionné pour son parcours jusqu'à son recrutement chez Khalifa.Maître Tayeb Bouitaouine, son conseil, se place à sa gauche au moment où il décrit son boulot quotidien, voire occasionnel, selon les moments actifs dans l'économie de la banque. Il est plutôt calme, même s'il a tendance à lancer de nombreux «heu, heu, heu...».Maître Benaïssa Amzert, l'avocat de Bordj El Kiffan, entre dans la cour, suppléant Maître Abdelhafidh Benkhider, l'avocat de l'ex-divisionnaire directeur de l'Ecole de police de Aïn Benian, qui vient d'apprendre que son avocat a sa fille fatiguée, et donc a besoin de soins immédiats. Adda Foudad, l'accusé, est tout de même rassuré, surtout qu'il a ramené des documents non présentés en 2007 face à Fatiha Brahimi qui a appliqué la loi dans toute sa rigueur. «J'espère que ce magistrat saura écouter mon client», soupire Maître Belkhider qui ne pourra pas plaider ce mercredi.Mimi répond du tac au tac souvent en niant ses relations avec Chachoua, chargé de la sécurité: «J'ai refusé de collaborer avec des gens qui n'ont rien à voir avec mes responsabilités. J'ai même émis des réserves sur les conditions de la création de Khalifa Airways», ajoute-t-il, la voix neutre mais portante sans micro. «Je ne pouvais pas informer le procureur de la République car je n'avais rien de concret!», articule-t-il avant que Antar ne lui assène: «Mais beaucoup de choses étaient visibles!» «Non, il faut découvrir un trou d'abord...», réplique l'accusé avant que le président ne lise l'article de la loi punissant ceux qui taisent un crime économique...Zaïm est sur le siège...Le président s'étonne qu'il soit resté trois ans sans réagir, et l'accusé reste sur sa position d'absence de preuves.Zahia Messeguem met son grain de sel en soufflant à l'oreille de Antar une autre question. Dahmani: «J'ai été de bonne foi, le jour de ma demande!» L'accusé passera plus de vingt minutes entre les avocats et le procureur général. Laïd Boukhobza se met de la partie et souffle une question que reprend le magistrat du siège en direction de Mimi qui explique qu'il a toujours présenté dans les délais les bilans épisodiques. La curiosité du jour est le nombre impressionnant d'avocats en robe qui n'ont rien à faire que de remplir les bancs, et certains se permettent même des va-et-vient inutiles et agaçants - pour les jeunes conseils venus suivre et apprendre.Encore une fois, le service d'ordre est en superforme. La vigilance est de mise autour du box où El Khalifa est cherché des yeux. Tout le monde l'a vu et entendu durant deux journées et demie. Antar n'a pas de mal à remettre de l'ordre entre l'accusé, Maître Meziane et Maître Nasredine Lezzar qui bute à chaque fois sur l'intransigeance du président qui revient aux ratés de l'accusé qui a dit estimer avoir raison au moment où il n'a pas trouvé utile d'alerter le parquet. «Et à seize reprises, vous aviez estimé que le moment n'était pas venu de poursuivre», lance Antar qui permet à Rahal de se rendre chez le Dr Fatma Doha, le médecin de la cour, et de balancer l'informe: «L'accusé ne va pas à l'hôpital. Il y a ici tout le nécessaire pour les premiers soins.»Dahmani, lui, avait envie de crier à la fatigue. Le nombre de questions président-Maître Meziane Ali-Zerguerras et les avocats l'ont épuisé. Les Benouaret père et fils sont là, disponibles, prêts à substituer un confrère absent à la barre. Maître Abdenour Omar Aït Boudjemaâ dit sa fierté de faire partie des robes noires tout comme l'excellent conseil de Koléa, Maître Ouali Laceb qui a un client embourbé et qu'il va tenter de tirer de l'enlisement des accusations. Antar lui, décide d'une courte suspension d'audience, la lassitude faisant des ravages dans le mental. L'organisation a atteint la vitesse de croisière: l'équipage de laâdjine Zouaoui est au top. Le duo Gassi-Aït Chaâlal veille car Zaïm est sur le siège...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdellatif TOUALBIA
Source : www.lexpressiondz.com