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Des politiques réagissent à la rencontre entre Tebboune et Edouard Philippe



Des politiques réagissent à la rencontre entre Tebboune et Edouard Philippe
La rencontre entre Abdelmadjid Tebboune et Edouard Philippe a été perçue de manière différente par les acteurs de la classe politique algérienne. Certains y perçoivent des signes évidents de changement à venir, d'autres s'interrogent sur les tenants et les aboutissants d'une affaire «bien délicate» à suivre”'abla Cherif - Alger (Le Soir) - Au MSP, le verbe est à la mesure de l'évènement. Le leader du Mouvement de la société pour la paix fait surtout part d'une situation telle qu'il la perçoit. Pleine d'interrogations, de zones d'ombre. «Les relations mêmes entre l'Algérie et la France prêtent à confusion, ce n'est pas nouveau, il en est ainsi de tout temps (”?) La rencontre qu'a eue Tebboune ne s'est pas faite dans la transparence, on ne sait pas de quoi il s'agit. On est là à observer ce qui se déroule, et, par conséquent, nous ne pouvons qu'analyser.» Pour Mokri, une certitude, cependant : «Cette rencontre est tout à fait inopportune car elle survient au moment où le Premier ministre algérien se trouve engagée dans une démarche contre des intérêts liés à ceux de la France.»Interrogations également au RCD. «Les relations entre l'Algérie et la France ne sont pas stables, elles évoluent, sont souvent conflictuelles. Généralement, les visites, surtout lorsqu'elles surviennent à un aussi haut niveau, sont préparées, annoncées. Dans le cas présent, cette rencontre a ouvert la porte aux supputations, nous ne savons pas réellement à quoi cela obéit mais l'impression qui se dégage est qu'il y a comme une sorte d'imprévoyance dans cette affaire.» Ici aussi, une certitude : «La conjoncture dans laquelle se déroule cette rencontre n'est pas opportune. Le congé même du Premier ministre algérien est inopportun, compte tenu de la situation qu'il a laissée derrière lui. Ce n'était pas du tout le bon moment pour s'éclipser de la sorte. Une démarche a été entamée, celle de séparer l'argent sale de la politique, et lui décide de prendre congé au moment où la polémique enfle”? ceux qui ont cru en cette opération sont déçus, beaucoup de personnes sont restées sur leur faim. Pour notre part, nous avons dit que cette opération a été ''grossie , qu'il y a eu comme du populisme dans tout cela et que le temps qui passe tend à confirmer que le plan d'action prévu par Tebboune n'a toujours pas été mis en marche et que ce dernier se trouve toujours en l'état.»Soufiane Djillali, président de Jil Jadid, fournit une lecture tout autre. «L'arrivée de Tebboune, dit-il, semble être survenue sur la base de changements internes dans les équilibres du pouvoir. On a assisté au départ de ministres proches du cercle présidentiel et, dans ce contexte, l'arrivée du nouveau Premier ministre paraissait être le fait d'autres forces. Dans l'affaire qui l'a opposé à certains centres d'intérêts, il a été attaqué directement, ouvertement par le cercle présidentiel. Ce dernier a pris position ouvertement (”?) Je pense que nous vivons actuellement une scission évidente au sein du pouvoir. D'une part, ceux qui utilisent le nom du Président Bouteflika pour pouvoir poursuivre, et les autres, ceux qui s'en démarquent. Nous sommes dans une situation extrêmement sensible et le bras de fer entre Tebboune et Haddad n'a été, en fait, que le prolongement d'un bras de fer qui se déroule plus haut. Quant à la visite qui s'est déroulée à Paris, elle n'est vraisemblablement que le prolongement de ce bras de fer. Désormais, les protagonistes sont apparus distinctement. La question qui se pose à présent est de savoir si Tebboune sera écarté et dans ce cas-là , par qui ' Ceux qui utilisent le nom de Bouteflika pour se maintenir et rester en place ' Dans ce cas, la situation se clarifiera, mais je pense sincèrement qu'il sera très difficile d'enlever Tebboune.»Au sein des cercles bien informés, d'autres lectures se font, basées sur des éléments qui se mettent progressivement en place. Le traitement médiatique réservé à l'affaire en constitue un élément probant. La non-prise en charge de l'évènement par l'ENTV, dont le rôle premier est d'assurer la couverture de toutes les activités ministérielles surtout lorsqu'elles se déroulent à un tel niveau, puis la manière dont il a été présenté par un autre organe officiel, El-Moudjahid lequel lui a réservé quelques lignes résumant le texte publié par le Premier ministère, ont été perçues comme des éléments qui ne trompent pas. Ajoutez à la «cabale anti-Tebboune» lancée au sein de certaines sphères proches de la présidence, le Premier ministre renvoie l'image d'un responsable au centre d'un conflit dépassant de loin le bras de fer avec Haddad ou celle d'une visite mal cadenassée.Des sources sûres affirment d'ailleurs que la rencontre avec Edouard Philippe a été préparée selon le rituel protocolaire qui se doit. Les représentants de l'Algérie à Paris ont été chargés de la préparer et d'en informer leurs homologues français, ce qui n'aurait jamais pu se produire sans l'aval d'Alger et donc de la présidence de la République. «Visiblement, affirment nos sources, toute cette affaire prend l'aspect d'un nouvel épisode qui se déroule dans la guerre de succession. Plus on se rapproche de l'échéance, plus la lutte devient rude».
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