
L'agence britannique de lutte contre la fraude,Serious Fraud Office, ayant son siège à Londres, Grande-Bretagne, envisage d'entamer dans les prochains jours des poursuites judiciaires contre des personnalités algériennes directement impliquées dans diverses affaires de perception de pots-de-vin. Dans le lot des sociétés corruptrices, il y a la filiale Alstom Power, indiquent des sources crédibles proches de ce dossier.Y sont cités, outre des décideurs algériens, ceux de l'Inde, de la Pologne, de la Tunisie et de la Lituanie. L'Algérie est concernée par le dossier Alstom Transport, firme intéressée par les 20 milliards de dollars investis par l'Algérie dans divers projets ferroviaires. Pour décrocher des marchés, cette filiale du groupe Alstom n'aurait pas hésité à adopter la même démarche que celles qui, en termes de corruption, avaient fait la Une des médias européens. Notamment le site Boursier.com qui rapporte que, déjà condamné pour des délits de corruption, le groupe français Alstom est poursuivi par une autre affaire en Lituanie. En Tunisie, l'affaire Alstom a défrayé la chronique au lendemain de la révolution. Une fois dépoussiérés, les dossiers de corruption et de malversation incriminent clairement de hauts responsables dans des contrats internationaux douteux. Serious Fraud Office a révélé qu'Alstom a soudoyé avec 2,4 millions d'euros des membres du gouvernement tunisien pour obtenir un contrat de fourniture de 30 tramways et des travaux d'infrastructure à Tunis sous la forme de paiements au bénéfice d'une entité appelée Construction et Gestion Nevco. Les pots-de-vin avaient été camouflés en frais de consultants. La Suisse a reconnu coupable Alstom pour ne pas avoir pris toutes les mesures d'organisation raisonnables et nécessaires à empêcher le versement de montants de corruption à des agents publics étrangers en Lettonie, Tunisie et en Malaisie. Une de ces ramifications a atteint l'Algérie en 2010. C'est-à-dire au lendemain de l'annonce faite par l'ancien ministre des Transports, Amar Tou, quant à la mise en place d'une enveloppe financière de 20 milliards de dollars pour la modernisation, réhabilitation, électrification et rénovation du réseau ferroviaire. La même sombre perspective est à inscrire sur le compte des barons algériens. Mais c'est certainement Chakib Khelil et sa bande qui ont fait le plus de dégâts dans leurs multiples opérations de mise à sac du Trésor public algérien. Outre son épouse, ce personnage avait pour complices son neveu et sa nièce l'actrice Sarah Bassam. Selon le journal égyptien Al-Youm Assabaa, celle-ci est accusée de complicité de blanchiment de fonds pour le compte de Chakib Khelil et de son épouse. Sarah Bassam a commis des opérations de blanchiment d'argent. Elles lui ont permis d'acquérir une villa de 1 100 m2 pour 4 millions de livres (LE), prendre option dans l'achat d'une villa à Hyde Park au Caire de 3 millions LE, procéder au dépôt de 3 millions de LE dans une banque et d'acquérir des voitures et un appartement pour 600 millions de LE. Sarah Bessam, de son vrai nom Meriem Hussein Bessam, a fait aussi l'objet d'une ordonnance de mise sous séquestre et gel de ses avoirs avec interdiction de quitter le territoire égyptien. Dans ce dossier Chakib Khelil, des magistrats américains, français, italiens et égyptiens ont poussé plus loin leurs investigations. Pour ce faire, ils ont actionné les services d'Interpol, pour déterminer avec exactitude les actes délictuels commis par l'ancien ministre algérien de l'Energie, son épouse, son neveu et plusieurs autres complices. Insaisissable, Chakib Khelil est qualifié d'homme aux mille pied-à-terre disséminés à travers divers pays du monde. La justice égyptienne avait réagi après avoir acquis la certitude de l'existence de mouvements de fonds suspects d'un montant de 2 millions de dollars au bénéfice de Sarah Bessam. Il ressort des investigations des enquêteurs égyptiens que ce fonds provient d'une société off-shore propriété de Chakib Khelil. Avec son épouse palestinienne Nadjat, ce dernier fait l'objet d'un mandat d'arrêt international. Retraité de la Banque mondiale, il perçoit mensuellement 15 000 dollars et dispose en toute propriété de plusieurs sociétés implantées à l'étranger. Sur ce dossier et d'autres, la justice algérienne est restée étrangement silencieuse. La dernière déclaration du Premier ministre Abdelmalek Sellal sur la lutte contre la corruption et celle de Tayeb Louh, le ministre de la Justice, sur «la nécessité de traiter les dossiers dangereux » pourraient stimuler les magistrats algériens. Il est temps, car l'absence de toute communication a confiné les tribunaux spécialisés dans les infractions économiques et laissé en suspens un grand nombre de dossiers. Que n'a-t-on pas entendu sur les dépassements budgétaires, sur les rapports de l'IGF et de la Cour des comptes, les détournements et dilapidation des biens publics... Le plus grand nombre d'affaires a fait l'objet du processus de pénalisation long et inefficace. Ce qui ne permet pas d'évaluer et de maîtriser les risques de blanchiment de capitaux, les transactions financières douteuses avec l'étranger portant sur les sommes potentiellement illicites, les détournements de fonds publics et les transferts rapides d'argent vers l'étranger.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com