Le procès en appel des frères Kouninef et le gérant de leur groupe CouGC, ouvert mercredi à la cour d'Alger, s'est poursuivi jeudi avec le sévère réquisitoire du procureur général et des plaidoiries de la défense.Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Après l'audition de tous les accusés dans cette affaire, le représentant du parquet général a prononcé un lourd et sévère réquisitoire contre les frères Kouninef et le gérant de leur groupe, Kaddour Ben Tahar, demandant des peines allant de 10 à 18 ans de prison ferme à leur encontre, assorties d'une amende de 8 millions de DA avec la saisie de leurs biens.
Ainsi, une peine de 18 ans de prison ferme assortie d'une amende de 8 millions de DA a été requise à l'encontre de Redha Kouninef. Une peine de 15 ans de prison ferme, assortie d'une amende de 8 millions de DA, a été requise contre Karim-Abdelkader et Tarek-Noah Kouninef, alors qu'une peine de 10 ans de prison ferme assortie d'une amende de 8 millions de DA a été requise contre Kaddour Ben Tahar.
Ces accusés sont poursuivis pour plusieurs chefs d'inculpation liés à la corruption, à savoir «trafic d'influence», «blanchiment d'argent», «obtention d'indus avantages», «détournement de foncier et de concessions», et «non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics», en plus du «financement occulte de partis politiques».
Avant le réquisitoire du procureur général, les accusés ont tenté de se défendre, rejetant toutes les charges à leur encontre. C'est le cas de Abdelkader-Karim Kouninef qui a affirmé qu'il n'était gérant d'aucune filiale du groupe familial.
Interrogé sur ses biens, l'accusé a répondu qu'il était propriétaire d'un appartement à Bouzaréah, d'un terrain agricole à Chéraga et de deux studios en Espagne. « Avez-vous retiré de l'argent pour l'achat d'un hôtel '» interroge le juge. « J'ai retiré 76 000 euros de mon salaire », a-t-il répondu. Invité par le juge à rejoindre sa place dans le box des accusés, Abdelkader-Karim Kouninef demande un peu plus de temps pour s'exprimer.
Le président de la séance accepte. L'accusé se lance alors dans la dénonciation de « rumeurs et une campagne féroce» qui a ciblé sa famille depuis leur incarcération il y a près de 18 mois, quelques mois après le déclenchement de l'insurrection populaire contre le système politique.
Il a cité une perquisition des services de sécurité dans sa maison, soulignant que les agents étaient à la recherche d'un mur mobile où serait caché le coffre-fort contenant l'argent, en se basant, a-t-il dit, « sur des informations ayant circulé sur Facebook ». La veille, son frère et principal accusé avait, lui aussi, rejeté les accusations à son encontre, avouant qu'il avait financé la campagne électorale de Bouteflika pour le quatrième mandat, en versant à la direction de campagne la somme de 40 milliards de centimes.
Il s'est, toutefois, défendu en disant que l'opération était légale et conforme à la loi électorale de 2012, ajoutant que le financement s'est fait à travers un chèque de banque certifié.
K. A.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Aimeur
Source : www.lesoirdalgerie.com