Alger - A la une

Des outils en voie de disparition



Constat - Ce créneau commercial qui faisait la mode des années 1970, 1980 et 1990, n'existe plus depuis quelques années, et seule une partie d'Algériens en garde le souvenir.
La vente des montres et des walkmans, ces outils permettant d'écouter de la musique, recule chaque jour un peu plus. Dans tous les marchés, on trouvait les fameux «saâdji» (vendeurs de montres) installés à l'entrée et proposant une large variété de ces produits en provenance notamment de la Chine et du Japon. Ces commerçants avaient même des aptitudes techniques pour réparer les montres défectueuses et ils étaient très sollicités par un nombre important de clients. Vendus entre 30 et 60 dinars l'unité, selon la marque et la matière du bracelet (caoutchouc ou aluminium), ces outils, qui indiquaient le temps, étaient portés avec fierté par des jeunes, heureux de se mettre à la page des évolutions enregistrées dans le monde. Une période qui reste gravée dans les mémoires de ceux qui l'ont vécue. Et même les illettrés se sont vite adaptés et ont appris à décoder les chiffres, voire réparer leur montre en cas de panne. «Tout le monde tenait à avoir sa montre. J'ai passé plus de dix années en tant que commerçant ambulant à vendre ces petits appareils et je me rappelle toujours cet engouement sans pareil des clients qui insistaient pour acheter le meilleur produit. C'était un commerce très florissant et qui apportait beaucoup de bénéfices», se rappelle Aâmi Achour, la soixantaine. «Comme c'était un créneau porteur, je n'avais aucune gêne à me déplacer entre les wilayas du centre du pays et je tenais à marquer ma présence dans chaque marché hebdomadaire. J'écoulais jusqu'à près de deux cents unités par jour. Des containers de montres atterrissaient au port d'Alger, mais elles étaient vendues dans un laps de temps très court. C'était une belle époque», ajoute-t-il, avec beaucoup de nostalgie. Dès l'installation du premier opérateur de téléphone en Algérie, au début des années 2000, les vendeurs de montres bon marché ont commencé à plier bagage, cédant la place au commerce des téléphones cellulaires, qui comportent tous cette option d'indiquer l'heure. La vente des walkmans a «pris de l'eau» exactement à la même période, puisque les téléphones portables sont dotés de lecteurs de musique et d'autres lecteurs comme MP3 et MP4 sont arrivés sur le marché national. «Durant notre jeunesse, c'était la mode et ceux qui exhibaient ces outils étaient qualifiés de zehouani ou houaoui (bons vivants). C'étaient des objets encombrants, mais ils faisaient notre bonheur», se remémore Tahar, la quarantaine, gérant d'un cybercafé à Alger-centre. Tout comme aujourd'hui avec les nouvelles technologies, les jeunes qui ne disposaient pas de ce moyen de distraction étaient taxés de «démodés», soutient notre interlocuteur, estimant que la technologie a «sauvagement enterré le souvenir de longues années en un temps record». La disparition des walkmans a entraîné aussi la mort lente du commerce des cassettes audio, qui tend à disparaître avec l'utilisation massive du téléchargement électronique et des CD. Rares sont aujourd'hui les disquaires qui vendent des cassettes. Les temps changent, le commerce aussi...
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)