Noureddine Bouterfa, Pdg de Sonelgaz, s'est longuement exprimé hier sur les ondes de la
chaîne3, sur l'accord de coopération, signé vendredi dernier à Bruxelles, entre
son groupe et l'initiative industrielle Desertec (DII),
consortium qui regroupe 56 actionnaires et partenaires issus de 15 pays.
A la question de savoir si Sonelgaz a rallié
DII, M. Bouterfa a expliqué que son groupe «n'a pas
intégré Desertec II». «Nous allons travailler avec ce
consortium sur la base d'un protocole stratégique. Nous allons travailler sur
des projets communs. Les difficultés que nous avons identifiées sont reconnues»,
explique-t-il. «L'Algérie, en tant qu'État, n'a rien signé avec Desertec qui est une initiative regroupant des opérateurs industriels.
Le protocole signé vise à développer l'énergie renouvelable sur les plans tant
local qu'international avec un certain nombre d'axes de coopération», dit-il. Le
Pdg de Sonelgaz a été
interpellé sur le fait que Sonelgaz n'a pas signé un
accord concret avec Desertec, comme l'ont fait les
Marocains. Le consortium DII a en effet déjà paraphé un premier accord avec le
Maroc portant sur un projet qui sera réalisé en collaboration avec l'Agence
marocaine de l'énergie solaire Masen. L'énergie issue
du projet commun DII/Masen pourra commencer à
alimenter en courant les réseaux marocains et espagnols autour de 2014. Sur
cette question, M. Bouterfa se veut optimiste, estimant
que l'accord conclu entre son groupe et DII permettra «l'élaboration d'études
communes pour identifier les technologies les plus performantes et identifier
les obstacles juridiques et physiques qui empêchent le transfert de
l'électricité du Sud vers le Nord». «Le projet des énergies renouvelables
s'inscrit sur le long terme», précise-t-il. L'accord vise le renforcement des
échanges d'expertise technique, l'examen des voies et moyens pour l'accès aux
marchés extérieurs et la promotion commune du développement des énergies
renouvelables en Algérie et à l'international. Le mémorandum a aussi pour but
d'encourager les coopérations industrielles en matière de
ressources et
développement dans les domaines de la fabrication, de l'installation et de
l'exploitation des énergies renouvelables. «Pour l'exportation, le transit par
l'Italie et l'Espagne pose des contraintes qu'il va falloir absolument résoudre
en trouvant les formules idoines», poursuit-il. M. Bouterfa
rappelle, à juste titre, que l'Algérie n'a pas pu concrétiser le projet engagé
dans les années 2000, consistant en l'interconnexion électrique avec l'Espagne
et l'Italie. «Ces contraintes qui ne peuvent être résolues qu'à long terme.
En attendant, il y a des alternatives que nous allons étudier avec Desertec II, à l'image du Swap, l'hybride solaire gaz, entre
autres. Nous allons y travailler», dit-il. «Il faut repenser le réseau de
transport d'électricité», lance-t-il. M. Bouterfa
estime que Desertec II intéresse son groupe, du
moment que ce consortium adhère à l'idée algérienne de dire oui aux énergies
renouvelables mais avec une intégration locale consistant en la fabrication
d'équipements. «Nous sommes passés du principe de l'utilisation de l'énergie à
l'examen en amont de l'énergie, à savoir la fabrication et les moyens de
production», affirme-t-il. Et d'ajouter : «Il y a, de ce fait, un impératif de
développer le génie local et mettre à contribution les capacités nationales». «La
tenue de ces engagements suppose des partenariats et des investissements dans
l'industrialisation de la filière et le développement du génie local.
L'accord que nous avons signé avec DII s'inscrit dans la durée, dans
l'intérêt des deux parties et à travers une collaboration gagnant-gagnant»,
explique-t-il. «A l'origine, poursuit-il, le projet consistait à produire de
l'énergie au Sud pour les besoins du Sud. A l'horizon 2050, une partie de cette
énergie devait être exportée en Europe», rappelle-t-il. «Avec les discussions, nous
avons convaincu Desertec II à lui faire partager
l'idée selon laquelle il ne saurait y avoir de développement du renouvelable
sans une composante locale», indique-t-il. «Si nous n'importons que les
équipements, cela équivaut à l'importation de notre soleil! Nous voulons notre
soleil et voir les Algériens travailler», martèle-t-il. A la question de savoir
si l'Algérie compte des compétences humaines suffisantes pour mener à bien ces
grands projets du renouvelable, M. Bouterfa a eu
cette réponse : «Les ressources humaines, on les formera». Le Pdg de Sonelgaz affirme que la
production de l'électricité dans le désert et son exportation vers l'Europe
était une idée avancée par l'Algérie, en 1993, à Tunis. Ce responsable souligne
que lorsque Desertec II s'était manifesté, l'Algérie
n'avait pas encore de programme de développement des énergies renouvelables. «Depuis
février dernier, le pays dispose d'un programme en la matière. «Le
développement des énergies renouvelables est un axe stratégique pour l'Algérie
qui veut s'engager dans une nouvelle ère énergétique durable en intégrant dans
son mix énergétique près de 40% d'électricité
d'origine renouvelable (22 gigawatts) d'ici 2030. Si les conditions le
permettent, il est même prévu l'exportation de 10 gigawatts d'électricité
solaire vers l'Europe», indique-t-il. «Nous sommes ouverts à tous les
partenaires. Nous allons travailler avec tous ceux qui veulent participer à
réaliser ce programme. Desertec II s'inscrit bien
dans ce plan», dit-il.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salim L
Source : www.lequotidien-oran.com