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Des milliers de citoyens en colère contre la dégradation de leur cadre de vieAïn Zaouïa, ville morte



Des milliers de citoyens en colère contre la dégradation de leur cadre de vieAïn Zaouïa, ville morte
Aucun commerce, aucune administration, aucun établissement scolaire n'a ouvert ses portes avant-hier à Aïn Zaouïa, chef-lieu communal situé à une quarantaine de kilomètres au sud de Tizi Ouzou.En effet, la localité fut plongée dans une paralysie totale, alors que des tas de boue charriés par les eaux stagnaient hideusement sur la chaussée pour offrir un décor des plus désolants. Tout le monde a répondu à l'appel à la grève générale affiché la veille par les habitants des quartiers sud de la ville. Avant-hier, ces mêmes résidents avaient occupé le siège de la mairie et ont bloqué la RN 30 reliant Draâ El-Mizan à Boghni pour exiger l'amélioration de leur cadre de vie, notamment le bitumage des rues menant vers leurs quartiers. "Nous en avons ras-le bol. Mais cette fois-ci, la situation a atteint son paroxysme. Depuis plus de trois ans, nous vivons dans les mêmes conditions. Poussière en été et gadoue en hiver. Ce n'est pas normal qu'une entreprise tienne en otages tant de citoyens pour réaliser seulement une opération d'assainissement. On n'en peut plus. Cette fois-ci, nous irons jusqu'au bout car nous avons, à maintes fois, retenu notre colère, mais c'est trop !", nous a répondu un protestataire accosté devant la mairie avant-hier, au premier jour de la contestation. Si ces citoyens ont réagi de la sorte, c'est parce qu'ils trouvent même des problèmes à envoyer leurs enfants à l'école. "Des enfants risquent d'être emportés par ces eaux pluviales qui dévalent de partout. Un peu de sérieux !", ajoute un autre intervenant. Ainsi, après la première action de dimanche, celle d'hier constitue aux yeux des protestataires une preuve de plus qu'ils sont décidés à maintenir la pression jusqu'au dénouement de ce cas. "Chaque matin, nous sommes contraints à nettoyer les devantures de nos magasins. Nous avons vraiment souffert de la poussière. Et maintenant, c'est la boue qui arrive même dans les arrière-boutiques. C'est pourquoi nous avons adhéré à l'appel lancé par les habitants des quartiers d'en haut", nous répond un commerçant du centre-ville. Pour en savoir plus sur ce mouvement de protestation, nous avons pris attache avec le P/APC de Aïn Zaouia. Ce dernier nous fera un point sur cette situation. "C'est une revendication tout à fait légitime. Le retard dans le bitumage et les aménagements retenus dans le cadre de l'amélioration urbaine a pour source l'entreprise réalisatrice de l'opération d'assainissement. Pourtant, elle a été à maintes reprises interpellée, en vain. Il n'y a pas longtemps, nous avons tenu une réunion de travail avec les responsables de l'entreprise, un représentant de la daïra et le chef de service chargé des aménagements de la DUC. L'entreprise a été sommée de renforcer le chantier dans un délai de vingt jours afin de permettre à celle retenue pour le bitumage de toutes les voies d'entamer les travaux", nous explique-t-il. Et d'enchaîner : "Actuellement, je suis à la daïra, et nous allons tenir une réunion avec les services concernés, surtout avec ceux de la DUC, pour trouver des solutions à ces revendications. Nous appelons les contestataires à déléguer leurs représentants afin de participer aux travaux et aux décisions qui seront prises." Bien que le maire ait annoncé cette réunion du salut, les protestataires campent toujours sur leurs positions, car ils demandent le lancement immédiat des travaux pour en finir définitivement avec cette situation de laisser-aller qui n'a que trop duré, surtout que l'hiver rude des hautes montagnes est déjà à nos portes.
O. G
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