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Des menaces à l'incitation au vol



Des menaces à l'incitation au vol
Selon la maman, Mohammed avait attiré sa fille pour jouer son rôle de «chargée de mission (s)».Voilà un jeune, amoureux d'une orpheline qui comparaît face au tribunal correctionnel d'El Harrach (cour d'Alger) pour menaces et incitation au vol et port d'arme à feu, faits prévus et punis par les articles 284,350 et l'ordonnance 04-95.
Un jeune amoureux présenté par la maman de la jeune étudiante comme un coureur de dot. Le jeune Mohammed S. est stagiaire au... greffe d'Alger. Son papa est un ancien greffier à la cour d'Alger.
La détention préventive a dix jours, le jour du procès. La salle d'audience est quasi vide car le dossier avait été laissé en dernier par Daouïa, la juge vigilante et encore debout vers les quinze heures alors que l'audience avait débuté à...9 heures trente. Elle avait sous les yeux l'histoire d'un fusil volé, caché par le petit ami qui s'en débarrassera dans l'eau.
Les parents et proches des deux familles sont restés dehors. Pas question de jeter de l'huile sur le feu. Du feu! car au centre des débats, il y a une arme à feu. Un fusil que la jeune fille avait pris et transporté jusqu'à la voiture, sa voiture achetée par le défunt papa qui avait, dans la foulée, acquis un appartement à toutes fins utiles car il avait peut-être eu un pressentiment (puisqu'il décèdera en 2005 dans un accident de la route).
La maman est dans tous ses états. Elle est victime de vol. Elle assure que sa fille avait agi sous l'emprise de Mohammed qui en veut à son auto, son appartement. D'ailleurs au cours de sa brillante intervention, Maître Chérif a proposé à Mohamed de passer prendre pour épouse A.K. juste après qu'elle fasse une donation à sa maman de sa voiture et son appartement: «Nous mesurerons alors la flamme qu'il a vis-à-vis de l'adorée cajolée, caressée, aimée A. K.», a ironisé l'avocat juste pour appuyer les pleurs et les larmes de la mère qui avait crié sa douleur et son désespoir par ces termes qui ont franchement ému les deux mamans que sont Faïza Mousrati, la procureure et Daouia, la présidente:
«Avec ma fille, nous vivons un calvaire. Il la menace, il la bat, il lui soutire tout ce qu'il peut, il lui fait du chantage, il lui a même signifié un «rapt» car quelques années, mon jeune fils a été kidnappé sur...Sétif avant que nos vaillants enquêteurs n'usent de célérité et retrouvent mon enfant, le propre frère de la fille menacée de kidnapping par le pseudo amoureux Mohamed», avait articulé, larmes à l'appui et cris en renfort, la maman qui a présenté le chouchou de sa fille comme étant un «chargé de missions» et missions au pluriel car, avait-elle aussi ajouté qu'elle n'a jamais pris le temps de bien dormir juste après les funérailles de Hamid qui avait laissé six orphelins (21, 19, 17, 15, 13 et 11 ans).
«C'est dur à élever. Pensez-bien avec les problèmes nés avec cet énergumène avait-elle conclu après avoir été priée» par Daouïa que son statut de victime ne lui permettait pas de franchir la ligne rouge du tribunal. La mère était si remontée, le coeur plein qu'elle n'hésitait pas à taper sur la barre...
Maître Sadek Fodil, Maître Arezki Ramdani, les deux plaideurs en faveur du détenu, se sont passé le mot en évitant de grossir les faits. Ils se sont limités à rappeler que c'est une histoire d'amour qui a floppé. «Nous avons un jeune au casier vierge qui paie son intrusion dans la famille de la fille» avait articulé Maître Fodil alors que le membre du conseil de l'Ordre d'Alger, Maître Ramdani avait certifié que si la maman n'était pas à la barre, la fille aurait confirmé ses dires devant les policiers.
A propos de la fille, elle ne pouvait pas parler. Elle n'avait probablement pas voulu retourner la lame du couteau dans la plaie faite en plein coeur de sa maman qui avait crié très fort en direction du tribunal que ce pseudo jeune stagiaire avait été préparé à la destruction de «ma grande famille». Sans commentaires que ces propos électriques... électrisants et donnant la chair de poule à l'assistance peu nombreuse car l'affaire avait été laissée en fin de rôle et il était près de seize heures au moment où la juge avait levé l'audience où le seul perdant n'était autre que la valeureuse Faïza Mousrati fatiguée, lasse, au bout du «délabrement physique».
Dommage pour cette vaillante mère de famille qui a beaucoup besoin d'un bienfaisant repos, mérité comme toutes. Quant au tribunal, la conduite de l'audience est en nette amélioration. Il y a des rôles qui usent, ceux qui lassent, ceux qui laissent indifférents. Donc avec la prochaine ouverture du tribunal de Dar El Beïda (à 72% des travaux) cela ira mieux pour toutes les Mousrati.
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