Alger - Revue de Presse

Des médecins spécialistes au chômage technique depuis 16 mois



De nombreux médecins spécialistes diplômés de la promotion 2006 à Oransont depuis février dernier réduits au «chômage technique» à cause d'un retarddans le traitement de leurs recours déposés au ministère de la Santé et de laRéforme hospitalière. Avec un diplôme d'études médicales spécialisées (DEMS) en poche, fruit dedouze années d'études universitaires en médecine, ces jeunes diplômés devaientpasser un «service civil» de trois ans dans un établissement sanitaire del'Ouest. Mais lorsqu'ils se sont rendus aux établissements sanitaires, qui se trouventdans des zones de l'intérieur du pays, nos jeunes diplômés ont été informésqu'il n'existait pas de logements de fonction pour les héberger. «On m'aaffectée dans un établissement situé à 200 kilomètres d'Oran, mais quand je mesuis rendue sur les lieux on m'a informée que je devais soit faire la navettetous les jours, soit me débrouiller toute seule pour l'hébergement. Je suisissue d'une famille conservatrice et mes parents ne me laisseront jamais louerun logement seule», s'indigne cette jeune femme. Et une autre d'enchaîner:«Certains de nos collègues ont pu avoir un compromis avec leurs supérieurs pourse déplacer deux fois par semaine seulement, mais ce n'est pas le cas pourtous, puisque pour certaines spécialités comme la radiologie, la pédiatrie oula gynécologie... on est contraints d'être présents tous les jours». Nos interlocuteurs affirment queleur calvaire a commencé après l'achèvement de leur formation en mai 2006,puisqu'ils ont été contraints d'attendre sept mois pour la répartition, parordre de mérite, des postes. «On est depuis seize mois sans travail et celarisque de perdurer. Nous avons essayé à plusieurs reprises de contacter leministère, mais en vain», déplorent les concernés qui ajoutent que cettesituation risque d'avoir de fâcheuses conséquences sur leur avenir. «Lamédecine, ça se pratique, et avec plus de seize mois de chômage on va avoir degrandes difficultés à reprendre le travail», expliquent-ils.  Devant cet état de fait, cesjeunes diplômés ont menacé de quitter le pays pour tenter leurs chancesailleurs, si rien n'est fait dans les jours à venir pour résoudre leurproblème. Nombreux sont nos jeunes diplômés qui ne peuvent résister à latentation de faire une carrière en Europe ou dans un pays du Golfe qui offrent demeilleures conditions de travail et de prise en charge. «Auparavant, il étaitdifficile de travailler en Europe, mais maintenant en raison de la grandedemande sur les spécialistes dans certains pays comme la France où il existe unconcours d'équivalence pour les médecins étrangers, il est possible detravailler à l'étranger. On peut, actuellement, exercer en tant qu'internes enFrance pour un salaire minimum de 1.000 euros plus une prime de 100 euros pourla garde», expliquent-ils. Le salaire d'un jeune médecin spécialiste ne dépasseguère les 40.000 dinars en Algérie, signale-t-on.  Il est à noter que le «servicecivil» a été instauré durant l'année 2000 pour régler le problème du déficit enmédecins spécialistes dans les régions intérieures du pays, notamment àl'extrême Sud. Les médecins spécialistes sont répartis sur les établissementssanitaires selon l'ordre de mérite et le nombre de postes vacants existants.Les majors de promotion sont, généralement, affectés dans les grandes villes(Alger, Oran, Constantine, Annaba...) pour quatre années de service civil,alors que ceux qui sont affectés dans les zones intérieures y restent seulementtrois ans. Les «moins chanceux», qui seront affectés dans le Sud du pays, nepasseront que deux ans, mais ceux nommés dans l'extrême Sud (Reggane,Tindouf...) ne resteront qu'une seule année.  Après l'achèvement de leurservice civil, les médecins spécialistes obtiendront une attestation qui leurdonne le droit de travailler dans le secteur sanitaire public ou ouvrir uncabinet privé. Toutefois, les jeunes hommes devront aussi faire le servicemilitaire avant d'aspirer à avoir droit à exercer. Il est à signaler que nousavons essayé de prendre attache avec le ministère de tutelle pour avoir desexplications, mais toutes nos tentatives se sont avérées sans suite.
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