
Rien ne va plus sur les plans politique, sécuritaire, social et économique. Le peuple s'impatiente et les politiques tardent à trouver le consensus.Sur le plan économique, le pays vit déjà les prémices d'une récession surtout après que l'agence de notation financière Moody's a annoncé, mardi, l'abaissement d'un cran la note de la dette souveraine de la Tunisie de "Ba2" à "Ba3", assortie d'une perspective négative. Alors que sur le plan social, la rue tunisienne grogne déjà un peu partout dans le pays. La grogne sociale monte. Des mouvements de grève se multiplient. Hier, la région de Siliana était en grève pour commémorer la répression d'un mouvement social, il y a un an. Deux autres régions, Gafsa (centre) et Gabès (est), sont aussi en grève pour dénoncer les disparités de développement dans un climat social toujours plus tendu. Entre un gouvernement critiqué pour sa manière de diriger le pays, une opposition soucieuse de reprendre le pouvoir en main et un collectif de médiation soupçonné de comploter ? ce qui n'est pas sans être sûr ?, le peuple tunisien, lui, s'impatiente. Quant à la feuille de route proposée par le quartet et acceptée par les deux parties, majorité et opposition, elle est, à ce jour, restée lettre morte.
S'il y avait une volonté politique et moins de manigances, une personnalité indépendante aurait fait l'unanimité en trois semaines pour occuper la précieuse place de chef de gouvernement. Dans les coulisses, les parties se renvoient mutuellement la balle et chacune rejette sur l'autre la faute du blocage. Mais dans tout ce cafouillage politico-électoral, qu'en est-il du peuple ' Et vu de l'étranger, la presse s'interroge sur le rôle à jouer (ou non assuré) par le président de la République tunisienne, Moncef Marzouki. Pour l'heure, Ghannouchi a pour seul credo : le dialogue national permettra de trouver un accord afin de mettre fin à la crise. Sur le papier, cet accord prévoit la désignation d'un nouveau Premier ministre qui aura, lui, quinze jours pour former une nouvelle équipe. à l'issue de cette période, le cabinet en place démissionnera. Dans le même temps, il faut trouver un consensus sur la future Constitution, mettre en place des instances électorales indépendantes et établir un calendrier. "Ce n'est pas une mince affaire", reconnaît le président de l'Assemblée constituante, Mustapha Ben Djâafar, un des leaders de la troïka au pouvoir. Début novembre, l'esquisse de ce fameux dialogue a tourné court.
Il s'est heurté aux querelles politiques, notamment pour désigner le futur chef de gouvernement. Chacun soutenant son candidat. Faute de consensus, il a été suspendu, au grand regret du puissant syndicat UGTT qui joue la médiation. Pour revenir à la grogne, le bureau d'Ennahdha à Gafsa a été incendié, hier, par des manifestants selon des sources concordantes. Auparavant, des manifestants ont pris d'assaut le siège du gouvernorat, ce qui a nécessité l'intervention des forces de l'ordre avec le gaz lacrymogène.
Un groupe de manifestants est néanmoins resté dans les locaux du gouvernorat pour exiger le limogeage du gouverneur actuel. Selon les mêmes sources, le bureau d'Ennahdha à Gafsa a été incendié par des manifestants, mais aussi tous les bureaux à côté, notamment celui du CPR. Les manifestations ont causé des dégâts matériels dans ces locaux. Les manifestants ont interdit aux agents de la protection civile d'y accéder afin de maîtriser le feu.
I. O.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Imed O
Source : www.liberte-algerie.com