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Des journalistes empêchés de couvrir les funérailles



Des journalistes empêchés de couvrir les funérailles
Les journalistes des quotidiens El Watan et El Khabar ont été empêchés, hier, d'embarquer dans l'avion spécial, pourtant destiné aux délégations et médias, pour assister aux obsèques du président sahraoui, Mohamed Abdelaziz. Alors que leur nom figurait sur la liste des partants, les deux confrères, présents sur les lieux avant 6 heures du matin, n'ont pu accéder à la salle d'embarquement du salon d'honneur, à l'aéroport d'Alger, en raison du refus des agents de la direction de la sécurité et de la protection présidentielle (DSPP). Ces derniers leur ont d'abord demandé de patienter, avant de leur signifier leur refus de les laisser embarquer à destination de Tindouf, sans leur fournir une explication convaincante. Sinon celle de "voir avec les services de l'attaché de communication du Premier ministère". Le journaliste d'El Watan, que nous avons pu joindre hier, Rabah Beldjenna, s'est dit "déçu" par cette affaire qui, à ses yeux, constitue "une atteinte à la liberté d'informer". Il a parlé de l'existence de "deux listes", l'une de l'ambassade de la RASD à Alger où figurent les noms des deux journaux, et l'autre du Premier ministère où sont exclus El Watan et El Khabar. "Je couvre depuis une dizaine d'années les activités du Front Polisario, dans les camps des réfugiés sahraouis, mais je n'ai jamais vécu ce genre d'empêchement, à l'exception d'aujourd'hui (hier, ndlr)", nous a confié Rabah au téléphone. Pour notre confrère, "c'est difficile de ne pas lier cette interdiction à ce qui se passe en ce moment", référence faite aux "positions" des deux organes envers le pouvoir actuel et au bras de fer autour de l'affaire d'El Khabar. Dans un communiqué rendu public, hier, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) "dénonce cette interdiction". L'ONG a estimé que ce refus "est extrêmement préoccupant" et ce, d'autant que "cet incident intervient deux jours seulement après une rencontre de RSF avec le ministre de la Communication, Hamid Grine, lors de laquelle il a assuré qu'il ferait le nécessaire pour que la liberté de l'information soit respectée dans le pays". RSF, qui a classé cette année l'Algérie à la 129e place (sur 180) en matière de liberté de la presse, a rappelé que le 1er juin dernier, elle a présenté à M. Grine, ses "préconisations pour que cessent les pressions sur les médias algériens".H. A.
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