Le réalisateur a animé une table ronde à l'Opéra d'Alger Boualem-Bessaïh où il est revenu sur l'histoire et l'évolution de la musique dans les films, en se référant à plusieurs grandes ?uvres du 7e art.Le réalisateur Ahmed Rachedi a animé, avant-hier, dans l'après-midi, une rencontre intitulée "Le cinéma et la musique : évolution et création", au c?ur de l'Opéra d'Alger Boualem-Bessaïh, où a récemment été inauguré le café-littéraire éponyme. Le réalisateur de L'opium et le bâton a introduit sa table ronde par un retour sur le cinéma des frères Lumière, qui introduisirent, au crépuscule du XIXe siècle, les premières sonorisations de l'histoire du 7e art. À partir de 1896, le phonographe d'Edison accompagne, aux USA et au Canada d'abord, le cinématographe des frères Lumière. Ces musiques étaient le plus souvent produites par un pianiste ou un orchestre, pour les projections réservées aux notables d'autrefois.
Les frères Lumière avaient remarqué, a fait savoir le cinéaste, que les gens ne restaient pas longtemps avant de quitter la salle obscure. Il fallait alors pour eux trouver un moyen pour mieux capter l'attention du téléspectateur. Après la démocratisation de la musique comme élément essentiel de toute production cinématographique, vinrent, au début du XXe siècle, des films comme Le Cuirassé Potemkine d'Eisenstein. "Un film sur la révolution russe de 1917, où il y avait des bombardements et des morts.
Il fallait pour lui introduire une musique qui pourrait transmettre l'horreur de cette guerre. Il a fait appel aux musiciens (Meisel, Chostakovitch et Krioukov, ndlr)." Et d'ajouter : "La musique a participé à hauteur de 50% de la valeur de l'?uvre. Il est devenu l'un des films-références du 7e art, que ce soit pour sa musique ou son image." Aux Etats-Unis, la musique dans les films se développe, jusqu'à devenir le point central de quelques ?uvres à partir des années 1950.
Ainsi, une nouvelle forme de films apparaît avec des comédies musicales comme Singin' in the rain (Chantons sous la pluie), ou encore West Side Story. Rachedi a aussi démontré comment la musique peut impacter le succès d'un film. Choisie habilement, elle contribue grandement à l'appréciation qu'a le téléspectateur de l'?uvre. Le réalisateur donnera ainsi l'exemple du film Apocalypse Now, de Coppola. "Sur plus de deux heures et demie, Coppola avait consacré seulement trois minutes à la musique.
Pourtant La Walkyrie de Wagner avait eu un grand impact sur le téléspectateur. Les haut-parleurs qu'il avait installés dans les hélicoptères ont atténué la violence de l'image et le son des engins qui survolaient le village vietnamien. Il n'a pas eu recours à une musique violente, mais a au contraire, choisi une musique à l'opposé de la tension qui se dégageait de cette scène", a-t-il dit. Ahmed Rachedi d'évoquer ensuite la question des compositeurs algériens : "Nous avons un grand potentiel, il faut faire confiance aux compositeurs algériens", a-t-il lancé, "d'autant plus que l'engouement est là.
Durant ma carrière, j'ai toujours donné la priorité aux compositeurs algériens, comme Salim Dada, Safy Boutella ou encore Salah Samai". Et de poursuivre : "Actuellement il y a des musiciens algériens qui ont réussi à s'exporter de manière exceptionnelle. Moi personnellement je n'ai pas eu d'expériences avec des compositeurs étrangers, parce que je considérais qu'il y avait ici suffisamment de talents et de gens qui allaient comprendre ma demande et mon attente, et avec lesquels je partageais beaucoup de choses. Il serait temps, à mon avis, d'instituer cette obligation de donner la priorité aux
locaux."
Yasmine Azzouz
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yasmine AZZOUZ
Source : www.liberte-algerie.com