Alger - A la une

Des filières entières dédiées à la surfacturation



La surfacturation dans les opérations d'importations a pris une telle ampleur que des courants de fraude sont désormais bien établis. Des filières entières y sont dédiées, assure le président de l'Association des exportateurs. Tout n'a pas été mis en œuvre pour stopper l'hémorragie, déplore Salah Bey Naceri.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Une grande partie des opérations d'importations servent de couverture à des surfacturations. Le président de l'Association des exportateurs évoque un phénomène qui a pris une «grande amplitude» avec des filières organisées et un courant de fraude «très bien établi».
Tout, dit-il, n'a pas été mis en œuvre pour mettre un terme à cette situation, évoquant, à titre d'exemple, l'article 92 bis du code des douanes qui stipule que la marchandise importée peut être contrôlée dans le pays d'origine, or, il n'a pas été actionné sous prétexte que certaines parties estimaient que cela relevait de la souveraineté des pays d'origine.
En réalité, estime l'invité de la rédaction de la Chaîne 3 de la Radio nationale, la volonté n'y était pas, surtout que des pays sont bien connus pour être des courants de fraude et leur surveillance est plus que nécessaire. Le contrôle ,dit-il, se fait actuellement une fois que la marchandise arrive sur le sol algérien et c'est souvent déjà trop tard pour rectifier le tir. Ce qu'il faudrait, dit-il, c'est une gestion plus intelligente de la surfacturation en mettant en œuvre, en urgence, l'ensemble des outils pour lutter contre tout en faisant passer le message que les sanctions seront à l'avenir très sévères en ciblant les gros montants.
Pour Ali Bey Naceri, tout a été fait en faveur de l'importation et pour le découragement du produit national, ajoutant que l'importation sauvage a déstructuré des filières entières comme le textile et l'industrie du cuir qui sont aujourd'hui laminés par la contrefaçon.
En matière de développement des exportations, tout est à refaire, estime-t-il, car il faudra hiérarchiser les priorités, éliminer les obstacles, revoir la réglementation des changes qui est un frein, et réviser la logistique.
Le challenge, dit-il est de transformer aujourd'hui les promesses en actes ,notamment pour attirer l'investissement étranger en garantissant la transparence, plus de visibilité, une plus grande décentralisation, l'installation de zones franches et une stabilité au plan juridique qui puissent garantir aux opérateurs de ne plus être déconnectés du monde.
Ali Bey Naceri estime qu'aujourd'hui le rythme n'est pas encore le bon et dit craindre que l'enthousiasme ne soit que momentané, appelant à passer de la volonté politique au courage politique qui n'existe pas, afin de donner des signaux que l'Algérie est réellement en train de changer.
N. I.
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