
Abderrahmane Mebtoul, Malek Seraï et Amar Ghoul sont revenus hier sur les pistes de sortie de crise.L'université annuelle du parti Taj a fourni à nombre d'experts pluridisciplinaires l'opportunité d'un échange autour des plans de sortie de crise. L'intervention d'Abderrahmane Mebtoul, expert indépendant, a particulièrement retenu l'attention des présents. "L'Algérie a de grosses potentialités pour surmonter cette crise, à la différence de la crise de 1986, où on n'était pas conscient de l'impact de la crise", a-t-il dit, énumérant les atouts dont le pays dispose. À commencer par une dette extérieure inférieure à 4 milliards de dollars et des réserves de change, qu'il faudra, toutefois, rationaliser pour qu'elles aillent vers la production et la productivité et non pas à l'importation. Pour cet expert, "l'Etat de droit et la bonne gouvernance constituent les éléments fondamentaux pour passer cette étape difficile".Il a insisté, ce disant, sur la nécessité, en cette période difficile, pour l'Algérie "de rassembler tous ses enfants sans exclusive", insistant sur le rôle de l'opposition et de la société civile pour intermédiation entre l'Etat et la société.Abderrahmane Mebtoul a plaidé l'utilisation d'un langage de vérité, dénonçant les déclarations officielles de ministres qui nient l'existence de la crise. Cela, avant d'insister sur la nécessité d'avoir une stratégie de développement réaliste en adéquation avec les mutations mondiales. Par ailleurs, M. Mebtoul a appelé à "ne pas avoir de vision de sinistrose vis-à-vis de l'endettement" auquel le pays peut avoir recours, pour cause d'amenuisement des recettes des hydrocarbures.Il a avancé l'exemple du Japon qui se trouve être le pays le plus endetté au monde, avec une dette atteignant les 225% du produit intérieur brut. Il a estimé, également, nécessaire d'empêcher le dinar de déraper, en raison de la corrélation entre les réserves de change et le dinar. "Demain, si les réserves de change étaient de 17 milliards de dollars, la Banque d'Algérie serait obligée de dévaluer à 250 ou 300 DA le dinar face au dollar", a-t-il affirmé, avant d'estimer impératif de "préserver les réserves de change, quitte à aller à l'endettement, puisque les taux d'intérêt des banques centrales à l'échelle internationale, varient entre 0 et 1%". M. Mebtoul indiquera, en revanche, que le grand problème qui se pose est de savoir comment réduire les importations, alors qu'elles sont "incompressibles". Il s'agit, explique-t-il, de mieux rationaliser la dépense publique, sinon le Fonds de régulation des recettes (FRR) fondera fin 2017 et les réserves de change clôtureront, certainement, entre 135 et 140 milliards de dollars à fin 2015.Il a rappelé, à titre d'indication, que la sortie des devises pour les biens et services est de 71,3 milliards, auxquels s'ajoutent 5 milliards de dollars de transferts de capitaux. "à ce rythme, le pays sera sans réserves de change à 2018 et 2019, et il ira au FMI." Une situation qui ne se fera pas sans une dévaluation de 100% du dinar, avec des implications importantes sur les taux d'intérêt des banques, et sur le taux d'inflation et le pouvoir d'achat de ménages, et se répercutera aussi par des tensions sociales, a-t-il averti. Pour sa part, le consultant Malek Seraï a proposé le soutien des Algériens au programme du président Bouteflika, afin de "ne pas tomber dans le piège du FMI". "Nous ne sommes pas en crise économique, mais au début d'une crise financière seulement", a-t-il affirmé, proposant des mesures pour "relever le défi". à commencer par la sélection des importations, en adoptant le programme des importations utiles, qui est à même de réduire la facture de quelque 20 milliards de dollars, mais en se gardant de toucher à celles des équipements et de l'acquisition de la technologie. Il faudra aussi définir les actions prioritaires de l'agriculture, du tourisme, des services, etc.De son côté, Amar Ghoul a préconisé la mise en place d'une économie hors hydrocarbures et la relance des secteurs prioritaires définis par le gouvernement (agriculture, tourisme et services). Amar Ghoul a également laissé entendre la possibilité de réviser les transferts sociaux, tout en soulignant l'impératif d'une humanisation de la société en faveur de couches défavorisées afin de les préparer à supporter une partie du fardeau, dans la perspective des moments difficiles qui pointent à l'horizon.A R.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar R
Source : www.liberte-algerie.com