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Des experts américains à Alger



Des experts américains à Alger
Le raccourci peut sembler trop rapide, mais l'ombre de l'ancien ministre de l'Energie, Chakib Khelil, plane sur cette formation.Niiben Ayivorh, un expert dans la lutte contre le blanchiment d'argent est depuis hier à Alger. Objet de sa présence: il animera des cycles de formations à des banquiers algériens au cours d'un atelier sur les modalités de lutte contre le crime en question, organisé par la Banque d'Algérie et l'ambassade américaine. M.Niiben a un CV impressionnant. Il a travaillé à la FinCen (Financial Crimes enforcement Network), un bureau relevant du département du Trésor américain, chargé de protéger le système financier contre les abus de crimes financiers, y compris le financement du terrorisme, le blanchiment de capitaux et autres activités illicites.Lors de ce séminaire, il interviendra sur les méthodes de la reconnaissance de la fraude financière qui peut prendre, selon lui, plusieurs formes comme la fraude de carte de crédit, fraude sur les valeurs mobilières, fraude bancaire, fraude de crédit commercial, la contrefaçon de chèque et également la fraude de crédit hypothécaire.Le raccourci peut sembler trop rapide, mais l'ombre de l'ancien ministre de l'Energie, Chakib Khelil, plane sur cette formation. Cité par la presse comme étant une des personnalités internationales impliquées dans des affaires de biens mal acquis et de blanchiment d'argent, l'ancien ministre de l'Energie serait, toujours selon la presse, sous le regard de la justice américaine. Des journaux américains ont même avancé le nom de Stephen Gibbons, membre de la Section de la confiscation d'avoirs et de lutte contre le blanchiment d'argent de la Division des affaires criminelles du département américain, pour suivre les traces de Chakib Khelil. C'est dire combien le séminaire d'aujourd'hui est entaché de cette affaire. Cela étant, les Américains veulent renforcer leur coopération ave l'Algérie dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, a indiqué hier, à Alger Mme Cynthia Eldridge, conseillère juridique régionale auprès de l'ambassade américaine à Alger. Avec l'Algérie «nous avons établi un bon partenariat (dans le domaine de la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme) mais j'estime que nous pouvons l'améliorer», a déclaré Mme Eldridge au cours d'un atelier de formation sur les modalités de lutte contre ces deux crimes, organisé par la Banque d'Algérie et l'ambassade américaine.Mme Eldridge a indiqué que depuis son arrivée à Alger, elle a eu à travailler sur ce dossier avec la Cellule de traitement du renseignement financier (Ctrf), relevant du ministère des Finances, avec la Banque d'Algérie et l'Association des banques et établissements financiers (Abef). Elle a souligné à ce propos le rôle des banques dans la prévention de ces menaces, en affirmant que «les banquiers sont sur la première ligne de défense dans la lutte contre le blanchiment d'argent». De son côté, le président de la Ctrf, Abdenour Hibouche, a indiqué que la lutte contre ces délits transnationaux nécessitait une coopération internationale et un échange d'expériences en la matière. Il a rappelé à ce sujet l'ensemble des mesures juridiques prises par l'Algérie pour mettre en conformité son dispositif de lutte. «L'Algérie a ratifié au total 16 conventions internationales se rapportant à la répression du blanchiment d'argent et le financement du terrorisme», a-t-il indiqué. Toujours dans le domaine juridique, M.Hibouche a également rappelé l'amendement en 2012 de la loi de 2005 relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme pour la mettre en conformité avec les normes internationales et les recommandations du Groupe d'action financière (Gafi), un organisme intergouvernemental créé en 1989 par les ministres des Finances de ses Etats membres. M.Hiouani, vice-gouverneur de la Banque d'Algérie, a relevé que cette lutte est «une responsabilité internationale commune», en indiquant que l'Algérie a mis en place tout un arsenal juridique qui traduit sa volonté de se conformer aux normes internationales dans ce domaine.Par ailleurs, l'atelier de formation qui se déroulera en trois jours donnera l'occasion aux banquiers participants de reconnaître, rapporter et analyser les activités suspectes.


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