Alger - A la une

Des ennuis à la pelle



Moqtadi B. est un vieux récidiviste qui crie au harcèlement policier. Son avocat enfourche un étalon noir etc...
Le client de Maître Mohammed Kadri se plaint du mauvais comportement d'un flic en civil qui l'empêche de bosser «clandestinement» à la gare routière du Caroubier de Hussein Dey Alger. Or, l'inculpé est détenu autour d'un flagrant délit. Il y a même à la barre, face au jeune juge Chaouki Lala, une victime, un grand gaillard tout heureux d'avoir récupéré deux millions trois cent mille centimes. Et cette petite différence perçue (et tue) par la victime a créé une cocasse situation qui fera sourire Lala, mais pas Samir Boufatah, l'austère procureur qui s'apercevra vite que l'avocat de Rouiba allait s'emparer de cette bizarrerie pour tenter de semer le doute dans l'esprit du président qui avait tenu à rappeler au détenu que c'était un repris de justice connu dans ce tribunal. Maître Kadri sautera sur l'occasion pour vite rafraîchir la mémoire du magistrat du siège.
«Excusez-moi, monsieur le président,mon client a déjà été jugé et heureusement relaxé dans cette même salle d'audience. Ne mélangez pas procès et relaxe. Mon client est harcelé par ce fantôme de flic. A plusieurs reprises, j'ai recommandé au détenu de déposer plainte et de permettre à la justice de faite toute la lumière sur ce qu'il appelle harcèlement policier.»
«Il a peur et ne m'a jamais suivi...» balance l'avocat juste après que la victime eut déposé à la barre, confirmant qu'il «avait sur lui la somme de vingt mille dinars disparue au moment où cet énergumène rodait dans les parage...». Ce sera encore le conseil très turbulent, cherchant à tout prix à arracher son client à l'incarcération, qui mettra son grain de sel en tentant de convaincre le tribunal que son client est doublement victime. Il le dit avant de hurler son désespoir car le détenu avait sur lui plus de trois millions de centimes au moment de son interpellation.
«A supposer que l'on ait restitué les vingt mille dinars à la victime, où est donc passée la différence'» Et comme pour montrer sa rectitude, Lala dit en battant des cils en direction de l'inculpé de vol que la police avait une sérieuse indication en l'occurrence, que dans la liasse volée à la victime se trouvait un billet où il y avait transcrit au stylo le chiffre «3». Et là aussi, le défenseur sautera au cou de cette «preuve» pour secourir Moqtadi Belkaïd, 54 ans. «Monsieur le président, cette affirmation peut être reprise par un commissaire de police ou un parquetier. Or, vous êtes juge et pouvez très bien accepter la supposition de la défense. Qui nous dit que ce chiffre 3 n'a pas été ajouté après avoir compté les trois millions trois cent mille centimes'».
L'avocat fait mouche car Lala hoche positivement la tête signifiant: «Oui, Maître c'est une probabilité à prendre en considération!» A sa droite, Boufatah, le procureur a envie de répliquer mais il n'a pas envie de faire perdre du temps au président et donc fait l'économie d'une réplique. Il a eu juste le devoir de demander une peine d'emprisonnement ferme de deux ans pour vol à la sauvette à la gare routière du Caroubier.
Ici, soulevons cette histoire d'un voyageur qui allait passer Ramadhan chez lui à des centaines de km de la capitale avec, en poche une relative grosse somme. Il faut dire à sa décharge que s'il avait pris la précaution de les envoyer par poste, cela aurait fait mieux. Oui, mais, avec ces histoires de réseaux en panne... L'affaire est mise en examen pour dimanche 2 septembre 2012...
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