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Des déclarations d'intention en attendant la concrétisation Coopération commerciale algéro-française



Des déclarations d'intention en attendant la concrétisation                                    Coopération commerciale algéro-française
Pour la délégation des chefs d'entreprise français composée d'une soixantaine de dirigeants de grandes entreprises et de PME françaises qui a effectué, le 12 décembre dernier, une visite de deux jours à Alger, les mesures adoptées dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2009, la nouvelle réglementation en matière d'investissement et, de manière générale, la nouvelle politique économique en Algérie «ne les gênent nullement». Jean-Marie Dauger, président du Conseil des chefs d'entreprise France-Algérie du Medef international et directeur général adjoint de GDF Suez qui a conduit ce groupe d'hommes d'affaires activant dans de très nombreux secteurs (banques, assurances, finance, conseil et formation, énergie, transports terrestre, maritime et aérien, nouvelles technologies, ingénierie, eau et environnement, BTP et infrastructures, industrie), les entreprises françaises «s'accommodent» de cette nouvelle réglementation qui a redéfini le cadre juridique des sociétés à capitaux étrangers désireuses de s'installer en Algérie. «Il n'y a pas de constat d'échec. Au contraire, de nombreux partenariats se sont noués et concrétisés depuis la promulgation de cette loi (instaurant la règle 49/51% régissant l'investissement étranger en Algérie) relativement récente», a-t-il soutenu, citant pour exemple le partenariat dans le domaine de la gestion de l'eau potable avec la Seaal, la gestion de l'aéroport international d'Alger avec les Aéroports de Paris (ADP) ou encore la réalisation du tramway d'Alger. Et de mettre en valeur la nécessité de travailler ensemble pour «développer de nouveaux partenariats» avec les entreprises algériennes. Selon ce responsable, la mission du Conseil d'affaires est de travailler pour que les perspectives de coopération et de partenariat entre les hommes d'affaires des deux pays s'améliorent encore davantage. «Nous devons nous rapprocher et apporter les informations attendues aux chefs d'entreprise et les rassurer pour expliquer que l'Algérie représente beaucoup d'avantages, car il y a la proximité géographique et la facilité linguistique. Des atouts que nous devons utiliser au profit de nos entreprises», a-t-il souligné. Les entreprises françaises, a-t-il poursuivi, sont présentes en Algérie dans «des secteurs extrêmement diversifiés générant pas moins de 35 000 emplois directs et 100 000 indirects».
Ce qu'en pense le patronat algérien
Si les propos du deuxième homme du «FCE français» sont empreints de bonne intention, la réalité est loin des attentes d'autant que les potentialités entre les deux pays sont énormes. Si tout le monde sait que les relations politiques entre les deux pays, parfois froides, freinent, ou du moins, influent, ces échanges ' négativement ou positivement, c'est selon ' également la nature de ces échanges commerciaux (figés dans leurs structures) sont l'une des principales causes du faible développement du commerce entre les deux nations. Les spécialistes en la matière soutiennent que malgré une bonne évolution, ces échanges sont dérisoires comparés aux exportations et importations des deux pays. La France est devancée par l'Italie et la Chine qui prennent des parts de marché de plus en plus importants en Algérie. La France reste le premier fournisseur de l'Algérie en 2010, mais sa part de marché est en nette baisse (les parts de marché étant passées de 15,7 % en 2010 contre 30% il y a 20 ans). Les chiffres montrent que la France demeure le 4e client de l'Algérie pour un montant fluctuant entre 3/ 4,5 milliards de dollars entre 2005 et 2010. Si l'on étend les comparaisons au reste du monde, l'Algérie est le troisième marché pour les exportations françaises hors pays de l'OCDE, après la Chine et la Russie. La moitié des exportations sont réalisées par des PME. Au-delà des déclarations de bonne intention de la délégation du Medef qui a récemment visité l'Algérie, les représentants du patronat algérien s'interrogent toujours sur la frilosité des entreprises françaises pour investir en Algérie, au moment où le climat des affaires s'est amélioré dans le pays. Le président de la Confédération algérienne du patronat, M. Mohamed Saïd Naït Abdelaziz, s'est demandé pourquoi toutes les bonnes intentions exprimées de part et d'autre entre l'Algérie et la France en matière d'investissement «n'ont pas connu jusque-là de concrétisation». Il rappelle que le Medef «avait reçu en 1999 en Algérie toutes les explications concernant les attentes de leurs homologues algériens». «Attentes fondées, a-t-il dit, sur l'existence de liens historiques entre la France et l'Algérie pour accompagner le pays dans le processus de réformes engagées, à savoir les privatisations et la possibilité de construire un partenariat interentreprises d'exception à travers des investissements directs français en Algérie». Mais les statistiques ne suivent pas. La part de marché des entreprises françaises en Algérie est passée de 26% durant la décennie 1990 à 16% en 2011. Même son de cloche chez le vice-président de la Chambre algérienne de commerce et d'industrie (Caci). D'autres représentants des fédérations patronales algériennes soutiennent que le marché algérien, via ses potentialités favorables pour des investissements à long terme dans plusieurs secteurs, doit davantage inciter les investissements français à plus de concrétisation de projets qui demeurent jusque-là au stade d'intention.
S. B.
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