
Après le relogement des familles sinistrées du tremblement de terre de 2003, les habitants de la cité nouvelle de Bordj El Bahri réclament leurs terrains. En l'absence d'une réponse favorable des autorités locales, ces derniers investissent la rue.Dans la matinée d'hier, quelque 120 citoyens ont bloqué la route reliant Bordj El Bahri à l'école militaire polytechnique (ex-Enita). La cause : les terrains dont ils détiennent les décisions d'attribution ont été destinés à un projet de réalisation de logements LSP. Cela, sans prendre en compte ces documents délivrés en 2002 par l'APC de l'époque. Avec des pylônes électriques jetés dans la nature, ces protestataires ont complètement gelé la circulation automobile, créant sur cet axe névralgique dans la commune de Bordj El Bahri un immense bouchon. «Suite au tremblement de terre de 2003, notre assiette de 5 ha a été réquisitionnée pour y installer des chalets pour des familles sinistrées. On nous a promis que nous récupérerions nos parcelles une fois ces familles relogées. Nous avons fait preuve d'une grande patience pendant 11 ans. Nous avons été surpris, après le recasement de ces sinistrés en octobre dernier, de voir une entreprise chinoise venir s'installer et clôturer notre assiette», déclare un des protestataires.Ce dernier et tous les autres protestataires promettent de ne pas se laisser faire et de ne pas abandonner leur bien. «Nous avons saisi toutes les autorités locales. L'APC n'a plus de pouvoir pour nous rendre notre bien. Le premier responsable de cette dernière confirme que nous sommes dans notre droit le plus légitime, celui de demander la restitution de nos terrains», s'emporte un autre. Même avec l'intervention des gendarmes et des agents de police, ces derniers ont refusé de libérer la route et exigé l'intervention du wali d'Alger, Zoukh Abdelkader, mis au courant au sujet de cette «injustice» à travers un courrier dont nous détenons une copie.«Nous n'avons jamais voulu recourir à la violence pour récupérer nos biens. Nous avons longtemps retenu nos enfants pour qu'ils n'arrivent pas à cette situation, mais en l'absence d'une réaction réelle sur le terrain de la part des responsables, nos jeunes ont pris la décision d'investir la rue. Nous sommes tous des pères de famille, dont la plupart sont des cadres de l'Etat et la violence n'est pas notre devise», expliquent-ils. Selon le courrier adressé au wali, ces derniers disent avoir contacté l'entreprise chargée du projet de réalisation des logements LSP.«Les responsables de cette dernière ont nié être au courant d'un tel litige et nous ont promis de contacter les responsables pour tirer cette affaire au clair», confirment nos interlocuteurs. Au moment où nous mettons sous presse, la route entre Bordj El Bahri et l'Ex-Enita est toujours bloquée.Les gendarmes ont donné un ultimatum de moins d'une heure aux protestataires afin qu'ils libèrent la route, sinon ils le feront par la force.Les propriétaires lésés ne comptent pas baisser les bras et promettent de bloquer à nouveau la route avec des barricades, humaines cette fois-ci, tant que le wali ne se sera pas déplacé sur les lieux.Entre-temps, la clôture métallique dressée par l'entreprise chinoise a été complètement détruite par les manifestants, une manière d'exprimer leur refus de ce projet et leur attachement à leurs terrains. Impossible d'avoir plus d'informations officielles sur ce litige, le P/APC de Bordj El Bahri demeurant injoignable.Signalons que les représentants des protestataires ont quand même été reçus par le P/APC et son chef de cabinet. Ces derniers ont fixé un rendez-vous aux plaignants avec le wali délégué en présence des représentants de la direction du logement et de l'ENPI.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Asma Bersali
Source : www.elwatan.com