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Des chercheurs algériens au chômage



Des chercheurs algériens au chômage
Dans la perspective de l'organisation à Alger avant la fin de l'année du 2e Forum national de l'innovation et des perspectives économiques, l'université Badji-Mokhtar d'Annaba a organisé, ce dernier dimanche, une journée d'information et de sensibilisation.De part le thème «innovation et perspectives économiques» et la présence d'enseignants universitaires et experts en économie, chercheurs, PDG de groupes d'entreprises parmi les plus importantes du pays, représentants des institutions de l'Etat comme l'Andi, ADS, Cnac, Ansej, la manifestation était prometteuse. Elle devait aboutir à des recommandations à soumettre au chef du gouvernement. A l'exemple du transfert de la recherche de l'université vers l'entreprise. La démarche est sensée mettre fin, sinon réduire, la fuite des cerveaux. Elle a été proposée après la révélation faite par le directeur de la fondation Innovation et Perspectives économique portant sur le chômage chronique auquel sont confrontés les grands diplômés dans notre pays et que 40 milliards de DA sont annuellement investis pour le développement de la recherche. Les participants se sont attardés sur cet aspect. Les interventions pertinentes ont été nombreuses non seulement dans l'innovation produite mais dans celle managériale. L'on a ainsi abordé la capacité de l'entreprise à mieux gérer ses ressources, le dossier recherches et la marginalisation des chercheurs algériens, l'immigration forcée des compétences vers des horizons où leurs capacités sont mieux appréciées. Bien que mesurés, les cris de révolte ont été nombreux. A l'image de cette jeune femme, chef d'entreprise dans la wilaya de Constantine. Elle a été contrainte de fermer son unité de production pour un problème de pièces de rechange. «Alors que l'on m'imposait d'importer de Milan une pièce de rechange indispensable pour faire tourner mes machines, j'ai découvert que je pouvais la confectionner par une autre petite entreprise algérienne, avec nos propres moyens et sans aller vers l'importation. C'est ce que nous avons réussi à faire. Ce qui m'a valu d'être confrontée à de faux problèmes avec au bout la faillite de mon entreprise», a dénoncé cette femme. Ont été aussi abordés : la dynamique de l'entreprise et la mobilisation des outils de production, des modes de gestion, de la qualité des produits et des services ou des systèmes de management qualifiés comme étant d'une importance cruciale dans la vie d'une entreprise. Pour des intervenants, si l'université algérienne apporte de la valeur ajoutée grâce aux dépôts de nouveaux brevets, il reste que l'entreprise représente la forme dominante d'une économie. Il a été admis que peu de recherches ont été menées à ce niveau et que dans notre pays, ces recherches ont été réalisées par les universités. «Il est temps d'y mettre un terme en accordant une attention prépondérante à la recherche en entreprise», a affirmé le responsable de la Fondation de l'Innovation et des Perspectives Economiques. Identification des risques, création d'une échelle prioritaire, concevoir des actions et des mécanismes pour minimiser les effets et les contrôler continuellement seraient, selon le Pr Amar Haiahem, recteur de l'université Badji-Molhtar, des éléments qui constituent une démarche essentielle pour garantir la survie des entreprises et créer une valeur durable. D'autres intervenants ont estimé que pour accompagner sa politique industrielle offensive, l'Algérie doit se doter de dispositifs d'intelligence économique comme outils d'aide à la décision. Il s'agit de mettre en place, en toute priorité, une stratégie informationnelle offensive visant à améliorer les produits existants grâce aux informations stratégiques sur les technologies et connaissances utilisées par les chercheurs. De même qu'il a été question de la création dans un espace géographique restreint, de réseaux d'entreprises spécialisées autour d'un métier ou d'un produit et développant entre elles des relations de complémentarité. «Mettre en place des systèmes de production régionalisés pouvant former des n?uds locaux compétitifs est une nécessité», a estimé une cheffe d'entreprise. Il y a enfin des intervenants qui ont recommandé la nécessaire collaboration d'entreprises dans la formation, le financement, le développement technologique, la conception des produits, la sous-traitance, la commercialisation, l'exportation et la distribution.
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