Les besoins du marché algérien de la construction navale sont estimés à 3,6 milliards d'euros sur dix ans, soit environ 370 milliards de DA, alors que ceux de la réparation navale sont évalués à près de 180 millions d'euros, environ 18,5 milliards de DA, sur cinq ans.C'est ce qu'a indiqué M. Ali Sali, directeur général adjoint de l'Entreprise de réparation navale (Erenav), dans un entretien accordé à l'agence Algérie presse service (APS).Selon ce responsable, les besoins dans ce domaine «sont énormes mais souvent ignorés, à l'exemple des navires de sauvetage en haute mer, de lutte contre la pollution et de navires de lutte contre les incendies». Ces mêmes besoins se font ressentir davantage de par la position stratégique de l'Algérie en mer Méditerranée, considérée comme «un atout pour développer une industrie de construction et de réparation navales sur le marché national». M. Sali rappelle que «plus de 220 000 navires sillonnent annuellement la mer Méditerranée dont plus de 10 000 font escale dans les ports algériens». Seulement voilà, fait remarquer ce responsable, «une flotte technique et d'assistance aux navires est inexistante actuellement», ajoutant par là même que «la demande sur dix ans dans ce domaine est de l'ordre de 150 navires et engins. Une flotte constituée notamment de barges de ravitaillement de combustibles et d'eau, de bateaux d'assistance et de sauvetage et de navires pompiers». D'où la nécessité, selon lui, de doter chaque port algérien de ces équipements et d'un navire du genre «petit pétrolier pour alimenter les bateaux en gasoil et huile, soit à l'intérieur du port ou bien quand le bateau est en rade». Actuellement, la seule barge à eau existante se trouve au port d'Alger et est utilisée pour l'approvisionnement des navires en eau potable. L'interviewé de l'APS exhorte les autres infrastructures maritimes «à se doter de ces navires pouvant même alimenter les navires étrangers de passage aux ports algériens, car c'est là un investissement rentable pour le pays». Les insuffisances au niveau des infrastructures portuaires du pays ne s'arrêtent pas là, puisqu'«aucun des ports algériens, pas même les ports pétroliers, ne dispose de navires anti-incendie». D'où la nécessité de les équiper. Ajouté à tout cela, le marché national «devrait s'équiper de près de 50 remorqueurs de différentes tailles et puissances et de plus de 1 000 navires de pêche sur dix ans, car les flottilles existantes sont pour la moitié âgées de plus de 30 ans». Et parce que plus de 90% des échanges commerciaux se font par voie maritime, «les besoins nationaux sur dix ans sont de 45 navires, entre céréaliers, porte-conteneurs, caboteurs, etc» selon les estimations. M. Sali rappellera que la flotte de commerce du Pavillon national se composait dans les années 1980 de plus de 60 navires et qu'il n'en reste actuellement qu'environ 27. C'est dire toute l'importance à accorder à ce domaine d'activité.
B. A.
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Posté par : archives
Ecrit par : Badiaâ Amarni
Source : www.latribune-online.com