Fini, les cités et villes « sans âme » ! Désormais, toute demande depermis de construire est refusée si les espaces verts sont menacés, ou si laréalisation du projet entraîne la destruction du couvert végétal.C'est ce que stipule un des 42 articles que compte la loi relative à lagestion, la protection et le développement des espaces verts, adoptée parl'Assemblée populaire nationale il y a de cela 5 jours. « Je n'ai pas voulu quel'adoption de cette loi passe inaperçue », dira le ministre de l'Environnementet de l'Aménagement du territoire, Chérif Rahmani, lors d'une conférence depresse tenue hier au siège de son département. Le ministre a précisé que cette loi n'a pas un effet rétroactif maisc'est une loi qui a été conçue notamment pour préparer les nouvelles villesafin qu'elles puissent intégrer la notion d'espace vert dans leurs plans. Cecid'autant que les projections avancent une concentration des habitants dans lesvilles. « Les prévisions font état de 14 millions d'habitants dans les villesd'ici 2025 », a-t-il affirmé. Pour ce qui est du passif, qui est désastreux:des espaces verts squattés par des kiosques, des bureaux de tabac, des gargoteset autres érigés dans des jardins publics avec l'autorisation des autoritéscommunales, le ministre estime que le redressement de la situation ne peut sefaire qu'avec la volonté et les efforts que doivent fournir les autoritéslocales. Pour le ministre, le cadre de vie de nos cités et de nos villes n'est pasdu tout reluisant. « Le ratio moyen d'un espace vert ne dépasse pas 1m2/habitant, contre 10 m2 par habitant selon les normes internationales, sansparler de certains pays comme la Suisse et la Norvège qui comptent un hectarede verdure par habitant ». Le ministre reconnaît que notre pays est en deçà desnormes en matière d'espaces verts, alors que l'Algérie est connue par sesterres fertiles et son climat favorable aux plantes et aux arbres. Alarmiste, le ministre a indiqué dans ce sens que notre pays a de cettemanière dépassé la ligne rouge. Cet état de fait a pesé lourdement sur le cadrede vie du citoyen algérien, qui vit dans des cités mortes et qui est parfois «agressé » par le paysage en béton. Revenant sur les grandes lignes de la nouvelle loi, censée protéger etdévelopper les espaces verts, le ministre a insisté sur l'article 16 qui stipuleque le permis de construire ne sera délivré que s'il y a garantie d'intégrerdes espaces verts dans les plans de construction. « Et ceci est valable pourles constructeurs publics et privés ainsi que pour les particuliers », a-t-ilfait savoir. La nouvelle loi interdit également tout changement d'affectationde l'espace vert classé ou tout mode d'occupation d'une partie de l'espace. Demême que l'interdiction du dépôt de détritus ou de déchets. Dans un souci deprotection des espaces verts, la loi prévoit aussi de nouvelles dispositions,comme l'interdiction d'abattage d'arbres sans permis préalable. Il faut savoirégalement que toute publicité au niveau des espaces verts est interdite. Leministre a tenu à rappeler que la récente loi prévoit en outre des dispositionspénales en cas d'infraction, des peines allant de six mois à un an de prison etdes amendes de 50.000 à 100.000 dinars. En cas de récidive, la peine est portéeau double. Et pour situer les responsabilités, la loi a également prévu un classementqui se fera selon la nature de l'espace et l'autorité qui est chargée de sonclassement. A titre d'exemple, les jardins publics sont classés par lesautorité communales, les parcs urbains sont confiés à la wilaya, les forêtsurbaines sont du domaine du ministère chargé des forêts, et ainsi de suite. Ence qui concerne l'application de la loi sur le terrain et le contrôle qui posele plus souvent problème, M. Rahmani dira que la balle est aujourd'hui dans lecamp des autorités locales. Selon le ministre, le ministère des Finances et lesservices des impôts devront aussi contrôler les financements de la gestion desespaces verts. Et d'ajouter « que la gestion de ces espaces se fera désormaisselon un cahier des charges ».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Aziza
Source : www.lequotidien-oran.com