Ce n'est plus le temps où les Africains affichaient leur admiration en restant bouche bée devant les réalisations accomplies par l'Algérie, ce pays qui a aidé plusieurs Etats du continent à se défaire du colonialisme et a continué à les soutenir sur tous les plans, financier et économique notamment, pour leur apporter aide et assistance en matière de développement. Les Africains ne sont plus intimidés par le pays qui a parrainé leur indépendance, et ils ne sont pas du tout à blâmer. C'était dans l'air du temps depuis quelques années déjà, mais aujourd'hui, ils sont venus chez nous pour nous dire qu'on n'est pas dans la mesure d'organiser des petits jeux africains de la jeunesse. Oui, les Africains ont balancé au visage de leur hôte un gros scandale, dont les relents retentissent sur la scène africaine et dans les arcanes des organisations olympiques. Les conditions d'organisation de ces 3èmes Jeux africains de la jeunesse sont décriées par de nombreuses délégations qui participent à cette manifestation, ouverte le 18 juillet dernier. Les jeunes sportifs se plaignent de plusieurs aspects qui touchent directement à leur séjour en Algérie, dont les conditions d'hébergement jugées catastrophiques, et le dysfonctionnement des moyens de transport. Presque la vie quotidienne de ces délégations qu'on ne trouve pas rose à Alger.Cela touche à l'amour-propre de tout Algérien, notamment lorsque ces Africains dénoncent la saleté dans les sanitaires des résidences universitaires où ils se trouvent hébergés. Ce n'est vraiment pas une chose difficile à réaliser que de tenir ces lieux propres au courant de l'année universitaire et lorsque des invités y séjournent. Et pourtant, on a donné l'occasion à d'autres d'exposer une image dégradée du pays. On se plaint de beaucoup de détails qui n'ont pas permis aux jeunes sportifs de se concentrer sur les épreuves qu'ils doivent affronter sur les terrains. Lamentable. Le ministre de la Jeunesse, M. Hattab, qui a pris le train de ces jeux en marche, puisque c'est son prédécesseur qui devait mettre en place toute la préparation nécessaire, tente de colmater les brèches, en estimant que tout fonctionne normalement. Il aura, surtout, réussi à convaincre les chefs des délégations participantes de venir, eux-mêmes, corriger ou redresser les « torts » commis par les jeunes sportifs. Ainsi, tour à tour, des responsables du Comité olympique africain et des chefs de délégation sont montés à la tribune pour dire que l'organisation des 3èmes Jeux africains de la jeunesse se déroule bien.
Il y a des imperfections mais cela se corrige dans l'immédiat, relève-t-on. Certains ont estimé qu'il ne faut pas s'attendre à vivre dans le luxe en participant à ces jeux qui engagent, mine de rien, plus de 3.000 participants de 54 pays. Mais, entre nous, il faut reconnaître qu'il y a trop d'imperfections dans l'organisation de ces jeux, même si on prend soin de les corriger en cours de route tant bien que mal. Des imperfections nées des désaccords qui existaient entre l'ancien ministre de la Jeunesse, M. Ould Ali, et le président du Comité olympique, M. Berraf. Les deux responsables se détestaient publiquement, le courant ne passait pas entre ces deux responsables qui avaient en charge la préparation de ces jeux. Comment voulez-vous aboutir à une bonne organisation lorsque les deux premiers responsables ne se disent pas bonjour ' Il était inévitable de se cogner la tête sur ce résultat qui nous fait passer pour un pays arriéré et nous colle un très mauvais point au sein des instances internationales du sport. Enfin, cela mérite de préciser que l'Etat a débloqué près de 550 milliards de centimes pour l'organisation de ces jeux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com