
Les discussions sur le démantèlement tarifaire entre l'Algérie et l'Union européenne ont pris fin jeudi après-midi, et ont abouti à la décision de tenir un nouveau round en mars prochain à Bruxelles. "Nous nous sommes donnés rendez-vous pour un nouveau round à Bruxelles qui sera probablement tenu en mars prochain", a indiqué une source à l'issue du 8ème round, tenu à huis clos pour aplanir les différends entre Alger et Bruxelles sur la liste des produits industriels qui bloquaient jusqu'ici les négociations. La même source précise, par ailleurs, que la partie européenne qui a travaillé sur le document des propositions algériennes, va répondre officiellement à ces propositions après consultations des Etats membres de l'Union. Les deux parties ont très bien travaillé lors de cette réunion d'Alger, il reste quelques réglages à faire. Nous sommes arrivés à la phase de calcul. La même source indique qu'il existe des listes prioritaires de produits industriels qui vont engendrer des pertes de marché pour les pays européens si leurs tarifs à l'importation venaient à être gelés. De même pour la partie algérienne qui risque une concurrence déloyale pour ses industries naissantes si le gel du démantèlement tarifaire n'est pas obtenu pour quelques filières stratégiques comme l'automobile et la sidérurgie. Dans ces consultations chaque partie essaye d'avancer ses pions et faire valoir ses arguments, tout en évaluant ses pertes. Les négociations d'Alger ont été dirigées pour la partie algérienne, par un groupe de responsables issus de plusieurs ministères et du côté européen par le directeur général du commerce à la Commission européenne Ignacio Garcia Bercero, flanqué de ses deux adjoints. En parallèle à cette réunion, les deux parties ont eu des discussions informelles en vue d'un accord bilatéral commercial devant faciliter l'accession de l'Algérie à l'OMC. Ce premier échange de vues, après quatre ans de gel des négociations sur cet accord, s'est bien déroulé, a ajouté la même source. Les deux parties se sont aussi données rendez-vous en mars prochain à Bruxelles pour poursuivre les négociations sur cet accord. L'Algérie avait déploré en 2009 le fait que son partenaire européen n'eût pas tenu son engagement de l'aider à accéder à l'OMC, pourtant prévu par l'Accord d'association. Alger avait aussi mis sur la sellette la décision de l'UE de soumettre ses exportations d'engrais à une taxe anti-dumping. La mesure, levée dernièrement après d'intenses négociations entre les deux parties, a figuré parmi les dossiers épineux sur lesquels ont achoppé les discussions sur l'adhésion de l'Algérie à l'OMC. L'Algérie cumule une longue négociation dans l'histoire des accessions puisque sa première demande d'adhésion au GATT remonte à 1987, mais les négociations effectives d'adhésion n'ont débuté qu'en 2001. Les négociations ont été retardées en raison de son statut de pays pétrolier et du refus de l'Algérie de l'ouverture des services relatifs au secteur de l'énergie. A ce jour, elle a mené dix rounds de négociations multilatérales, durant lesquels elle a traité 1.600 questions relatives à son système économique et a tenu 93 réunions bilatérales avec 21 pays, qui se sont soldées par la conclusion de cinq accords bilatéraux. Soulignons enfin que l'Algérie et l'OMC se sont fixés une date approximative entre juin et septembre 2012 pour la tenue du 12ème round de ces négociations.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salim D
Source : www.lemaghrebdz.com