Alger - Revue de Presse

Dégâts importants à Alger



A Belouizdad, des magasins ont été mis à  sac ; un ressortissant chinois, vendeur de babioles, a même fait les frais de ce mouvement de colère. «Récemment ouvert, le commerce du Chinois a été mis sens dessus dessous. Les bandes ont travaillé comme des professionnels. Le rideau est resté intact mais tout le magasin a été vidé de sa marchandise», raconte, toujours sous le choc, Khaled. Belcourtois pure laine, cet habitant de Laâqiba se livre à  une petite psychologie des émeutiers «J'ai remarqué qu'il y a deux catégories d'émeutiers : ceux qui allaient au charbon et affrontaient presque au corps à  corps la police et d'autres, plus futés, qui forçaient des boutiques», signale cet habitant qui s'étonne que des jeunes se soient attaqués au centre culturel du 11 Décembre, «symbole du quartier».
A Alger-Centre, les protestataires ont pu àªtre maîtrisés. La rue Larbi Ben M'hidi, où se concentrent plusieurs magasins de franchisés et le MaMa, était dans le viseur des jeunes protestataires. «Un jeune a allumé un matelas devant la boutique Puma. Ses accompagnateurs voulaient forcer le rideau du magasin. Mais sans y parvenir. La police les en a empêchés. Les édifices publics du quartier de la rue Ben M'hidi, ou même ceux de la rue des frères Bellili, par exemple, ont été épargnés», signale un habitant. Le Musée d'art moderne accueillait, la semaine dernière, l'exposition du peintre Issiakhem. L'exposition, qui devait àªtre clôturée le 31 janvier a été vite annulée.
Des fourgons sont venus il y a deux jours pour récupérer les toiles. Le MaMa est fermé jusqu'à nouvel ordre, constate le riverain qui a assisté à  «l'échange»Â entre les forces antiémeute et des casseurs. A El Biar, c'est le même décor : la boutique Adidas a été prise pour cible par des jeunes décidés à  en découdre. «Le magasin situé sur la rue Ali Khodja a été pillé. Les jeunes voulaient casser une bijouterie et le showroom Renault (le concessionnaire a vu ses magasins des Anassers et Bab El Oued touchés par les émeutes) mais n'ont pas réussi. Les résidants du quartier, munis de barres de fer, se sont interposés», relève un habitant de Châteauneuf.
Les dégâts ont été importants à  l'est d'Alger où les émeutes ont duré trois jours. Continental, qui produit des appareils électroniques, installé à  El Aouinet (Baraki), en a fait les frais. «Tout a été saccagé. Notre production a été pillée. Même les PC de l'administration ont été emportés. On en est réduits à  travailler avec des stylos», déplore d'une voix lasse, une employée de l'usine qui  regrette ne pas pouvoir donner le chiffre des pertes. Mêmes dégâts dans une unité de l'Eniem, également visitée par des casseurs.
La Société de distribution d'Alger (SDA), filiale de Sonelgaz, n'a pas été épargnée. Les agences de Bologhine et Bab Ezzouar ont été saccagées. Le matériel informatique a été pillé, les halls d'entrée, les comptoirs et les bureaux ont été détruits, constate-t-on au niveau de la SDA, qui assure que le service a pu toutefois reprendre. Des habitants de Bab Ezzouar parlent d'actes de sabotage qui ont visé une conduite d'AEP de Seaal. Niet du ministère des Ressources en eau : «L'alimentation en eau a été coupée durant trois jours à  cause d'une casse causée par les travaux du tramway, à  hauteur du foyer pour personnes âgées. Nos agents n'ont pas pu intervenir en raisons des protestations. L'alimentation a été rétablie, il y a deux jours.» Non loin du lieu de la casse, le show-room Suzuki a été pillé ; l'édifice a été incendié et des voitures ont été saccagées. Des annexes administratives ont été touchées à  Tixeraïne, Bordj El Kiffan et même El Harrach. Des banques privées ont été aussi «visitées» : Société Générale et BNP Paribas. L'UGCAA, moins alarmiste, parle d'une vingtaine de commerçants recensés par ses services. «Les dégâts pour les commerçants n'ont pas été importants ; certains ont eu des vitrines cassées, d'autres les  façades dégradées, leur nombre est de 20 à  Alger. Il s'agit de bijouteries et de quelques boutiques d'alimentation générale», affirme M. Boulenouar, porte-parole de l'Union, qui affirme qu'une station-service a failli àªtre incendiée.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)