
Rappelons que la délégation des notables de la ville de Aà'n-Sefra qui a été reçue fin février 2015 au siège du Palais du gouvernement à Alger par le Premier ministre, à l'effet de lui transmettre un message d'«inquiétude» de la population séfraouie, continue d'attendre depuis 1984, depuis la «spoliation» du statut de wilaya de la capitale des monts des Ksour au profit de Naâma.Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui a reçu la délégation, l'a assurée que Aà'n-Séfra figure dans la liste des wilayas-déléguées promues des Hauts-Plateaux et que celle-ci interviendra au courant de 2016.M. Sellal a également laissé entendre qu'il fera de son mieux pour que la wilaya de Aà'n-Sefra soit une région qui relèverait du Sud, c'est dire qu'elle aura sûrement son statut, initié au courant de 2015. Après ces promesses, le premier responsable du gouvernement, a saisi par écrit le wali de Naâma, lui demandant d'informer la population de Aà'n-Sefra et le chargeant de préparer le terrain pour l'installation des infrastructures nécessaires afin que la ville soit au rendez-vous le jour J.L'ex-wali de Naâma, M. Hamidou, a, à son tour, transmis les vœux de cette promotion à la population locale, en envoyant un émissaire qui a lu en public la lettre transmise par le Premier ministre à la population séfraouie.Or, les sorties médiatiques et les promesses vont bon train, mais sur le terrain, rien ! 32 ans d'attente pour la population séfraouie, barakat ! La patience a été longue et les choses demeurent au même stade. Le découpage administratif en statut de wilaya n'a jamais vu le jour, avouent certains spécialistes, pour plusieurs raisons d'ailleurs : financières, régionalisme, tribalisme, mais fort possible, des wilayas-déléguées qui seront érigées en super-daà'ra, ni plus ni moins. Depuis les gouvernants d'alors, le découpage administratif est remis sur le tapis à chaque échéance électorale, et renvoyé aux calendes grecques, une fois la stabilité. Le découpage administratif est revenu pour atténuer les manifestations qui ont secoué le sud du pays, déclenchées, notons-le, par les populations de cette contrée du pays, notamment la population de In-Salah, pour exiger l'arrêt de l'exploitation du gaz de schiste.Pour nous situer loin dans le temps, le découpage territorial de 1984 a vu Aà'n-Séfra perdre sa virginité par un mariage combiné du fameux ordre chronologique 44 Aà'n-Defla – 45 Aà'n-Sefra (passant subitement au profit de Naâma) et 46 Aà'n-Témouchent ; une preuve concrète d'un droit spolié qui demeure toujours, aux yeux des Séfraouis «une hogra pur et simple» de la part des dirigeants d'alors.Le 6 mai 1984, les citoyens de Aà'n-Sefra ont manifesté leur mécontentement et ont refusé catégoriquement une telle décision devant l'ex-Premier ministre A. Brahimi lors de son passage ce jour-là dans cette ville ; une manifestation qui ne l'a pas empêché de passer la nuit dans une caserne en compagnie de son staff gouvernemental, notamment son ministre de l'Intérieur d'alors, M'hamed Yala. Depuis cette date, une association de défense des droits des citoyens de Aà'n-Séfra est née, dénommée «l'association du 6 mai 1984». La population de Aà'n-Séfra, qui a manifesté l'année dernière (2015) durant tous les samedis pour demander le statut de wilaya, ne veut plus renouer avec la rue, elle interpelle de ce fait, le président de la République à l'effet de rendre à César ce qui appartient à César?: le statut de wilaya pour la capitale des monts des Ksour, un droit spolié depuis 1984 que les Séfraouis ne cessent de revendiquer à chaque fois que l'occasion se présente, mais en vain ! Aucune sage décision n'a été prise pour la réhabilitation de la doyenne des sous-préfectures de l'Algérie indépendante.Aà'n-Sefra, une entité historique, géographique, sociale et culturelle que l'homme a toujours choisie pour s'y installer ; une région qui recèle tous les atouts d'une wilaya, dans tous les domaines, partant du tourisme à l'agriculture, au culturel : des gravures rupestres d'espèces animales (dinosaures), les vestiges préhistoriques, aux ksour, aux amazighs, aux saints marabouts ; une région qui a aussi contribué à l'indépendance de l'Algérie, des premiers pas du colonialisme jusqu'à l'indépendance : de l'insurrection de cheikh Bouamama, Med/Ali, jusqu'aux glorieux révolutionnaires de la Révolution (chouhada et moudjahidine) ; une région qui porte encore les séquelles de la Révolution?: camps de torture et de concentration, les batailles des djebels M'zi (napalm), Bouamoud, Aà'ssa, Morghad, ainsi que les mines de la ligne Morice. C'était jadis, bled-el-baroud, c'était le coupe-gorge et c'était le territoire militaire, jusqu'aux abords des frontières sud.«Nous sommes attachés aux principes d'une Algérie de justice, dans la fidélité aux idéaux de Novembre. II est temps que le chef de l'Etat et le gouvernement se penchent sur notre ville et sa population qui réclame et revendique, depuis 32'ans, ce droit spolié», nous dit-on.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B Henine
Source : www.lesoirdalgerie.com