Alger - A la une

Déclaration



L'Algérie vit, depuis le 22 février 2019, un soulèvement populaire massif. Inédite, cette révolution pacifique a redonné espoir aux Algériennes et aux Algériens et suscité l'admiration du monde entier.La mobilisation héroïque du peuple algérien pour le démantèlement intégral du système politique obsolète, qui a gouverné par l'arbitraire, la confiscation des libertés et la généralisation de la corruption, a besoin d'être accompagnée en amont d'initiatives à même d'enrayer les travers que ce même système a enracinés dans beaucoup de professions pour les pervertir et les asservir.
Il en est ainsi des médias qui ont terriblement subi les effets néfastes de l'action du régime et du pouvoir qui l'a incarné, notamment durant ces vingt dernières années. Aujourd'hui, plus que jamais, les professionnels des médias sont appelés à s'affranchir des pesanteurs qui empêchent l'accomplissement de leur mission et des perversions qui corrompent leur métier.
Ils sont également appelés à se mobiliser activement pour en finir avec l'ordre établi qui entrave le développement structurel du secteur. Le rôle des médias, particulièrement dans cette phase d'affirmation de la mobilisation pour le changement démocratique, est essentiel, voire déterminant, tant est qu'ils agissent sur l'opinion et la structurent. Les dérives éthiques et déontologiques qui se sont amplifiées ces derniers mois interpellent et soulignent l'urgence d'une réaction de la corporation. La diffamation, les atteintes à la vie privée des personnes, les procès en sorcellerie exécutés sur commande? ont gravement terni l'image de la profession aux yeux de l'opinion.
Les journalistes, aujourd'hui plus qu'avant, sont appelés à réhabiliter au quotidien les principes éthiques et déontologiques, universellement admis, qui fondent leur métier et à lutter contre toutes les formes de censure et d'embrigadement. Tout un engagement dont l'accomplissement requiert la solidarité professionnelle et un effort de veille et de réflexion dans un cadre rassembleur et organisé. C'est ce à quoi s'est attelé un collectif de journalistes ayant en partage le respect des valeurs et normes de la profession et un engagement démocratique et républicain.
Le collectif, ouvert à tous les professionnels imprégnés des mêmes valeurs, se propose d'activer dans le cadre du Forum des journalistes libres (FJL) un espace d'échange et de concertation autour des problématiques liées à la profession, mais aussi un vecteur de mobilisation dynamique pour le changement démocratique. Le FJL, qui compte apporter une contribution, la plus active possible, aux débats qui agitent la société, prendra position publiquement sur toutes les questions qui interpellent les médias et le devenir de la profession. Si la création du FJL procède d'un besoin impérieux, son ambition n'est cependant pas limitée aux impératifs de la conjoncture. La pérennité du Forum est nécessaire au vu des incertitudes qui pèsent sur le métier et des nombreux chantiers et défis qui s'imposent au secteur.
Les signataires
Mourad Slimani, Mohand Redaoui, Rabah Abdellah, Mohammed Iouanoughene, Madjid Makedhi, Mohammed KebsI, Farid Abdeladim, Ali Titouche, Akli Rezouali, Karim Aimeur, Aniss El Haichar, Chaouki Mekachera, Djaffar Ben Salah, Fatiha Maazouz, Daya Ziari, Amine Allam, Mohamed Sidoummou, Hamza Agoune, Hamid Goumrassa, Saïd Boufatah, Imène Khemissi, Mourad Hachid, Nouredine Nesrouche.

Alger, le 2 juin 2019
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)